A quand un PRAS économique pour Bruxelles ?

La procédure de consultation du nouveau Plan Régional d'Affectation du Sol (PRAS) dit ‘démographique’ s'est terminée le 13 juillet. De nombreuses institutions, entreprises et associations n'ont pas manqué cette occasion de formuler leurs griefs et suggestions, à transmettre au Gouvernement. BECI était du nombre.

Les partenaires sociaux ont élaboré un avis auquel BECI a participé de manière constructive. Par ailleurs, BECI a également communiqué son propre point de vue au Gouvernement, au terme de consultations approfondies auprès d'entreprises et de fédérations sectorielles. Il faut à présent attendre, le temps de voir de quelle manière le Gouvernement réagira et s'il tiendra compte de nos propositions dans la version finale de son document politique. Les ministres de la RBC devraient parvenir à un accord à ce sujet à la fin 2012.

Il appartient aussi à BECI de sensibiliser l'opinion publique aux imperfections de ladite politique. C'est d’ailleurs grâce à un communiqué de presse des fédérations sectorielles et de BECI que les médias ont donné un large écho à une question essentielle : les entreprises sont-elles encore les bienvenues à Bruxelles ?

Il y a un manque cruel de vision. Le gouvernement débarque avec une modification – partielle ! – du PRAS, qui n'est rien d'autre qu'un instrument qui sert à définir ce qui peut être prévu et où. En revanche, pas de trace d'une vision globale pour la Région. Celle-ci devait être déterminée dans le Plan Régional de Développement Durable, qui est actuellement en cours d'élaboration et qui ne devrait pas être approuvé avant la fin 2013. Bref, on a mis la charrue avant les bœufs.

Nous acceptons bien sûr que le Gouvernement cherche des solutions à la croissance démographique, mais pourquoi n'aborde-t-il pas des alternatives telles que la densification urbaine et la transformation des bâtiments vides en logements ? La conversion de terrains industriels en zones résidentielles ne fera qu'accroître le problème du chômage dans la région. Il faut des mécanismes de compensation : la perte de terrains à vocation économique ou industrielle à un endroit doit être compensée par des nouveaux sites dans d'autres parties de la Région. Le maintien d'entreprises industrielles fortes en région bruxelloise est essentiel pour s'attaquer efficacement au problème du chômage.

Ce projet de PRAS a pour effet de chasser les entreprises hors de Bruxelles. Pour deux raisons : 1. Il est actuellement plus intéressant pour les propriétaires de vendre des terrains lorsqu'on peut y construire des logements, et 2. De plus en plus d'activités économiques seront incompatibles avec la fonction résidentielle de la zone concernée.

Il manque actuellement une analyse approfondie de l'impact socio-économique de ce plan d'affectation. Nous risquons ainsi de perdre une combinaison équilibrée de fonctions résidentielles et économiques dans la ville. De ce fait, le développement, la création et le maintien d'activités économiques sont menacés.

Si nous prenons les 100.000 chercheurs d'emploi d'aujourd'hui et que nous y ajoutons les 120.000 nouveaux habitants annoncés, nous sommes en droit de nous demander où tous ces gens vont trouver des crèches, des écoles et des activités dans la ville. Et quand les enfants auront grandi, où trouveront-ils du travail ?

Voici dès lors de notre message au Gouvernement : si le nouveau Plan Régional d'Affectation du Sol ‘démographique’ est approuvé, il faut immédiatement s’atteler à l'élaboration d'un plan d'affectation régional ‘économique’ !

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