Et si… Quand la fée électrique tombe dans le coma

Plus d’éclairage public, ni de feux de signalisation.

Des tramways à l’arrêt au milieu des carrefours, des gens bloqués dans les ascenseurs, des portes automatiques coincées, des systèmes d’alarme réduits au silence. Plus d’ordinateur, ni de téléphone. Plus de chauffage central, car plus de système de circulation d’eau chaude. Tout cela en plein hiver et peut-être pour plusieurs jours… Scénario catastrophe?

L’approvisionnement du pays relève des compétences de l’Etat fédéral. Jusqu’à la dérégulation voulue par l’Europe, le secteur proposait un plan d’équipement. A cette époque, la Belgique était théoriquement capable d’exporter un tiers de son énergie produite. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus de plan et nous sommes importateurs nets. Elia estime qu’il y a un risque réel sur les besoins d’énergie qui porte sur une période entre 48 et 119 heures cet hiver selon les conditions climatiques.

Nous sommes désormais dans un nœud critique. Celui-ci n’est pas sans conséquence sur les entreprises qui attendent des informations claires et précises sur les risques qu’elles encourent : mesures incitatives, organisation du délestage, coupure nette sans avertissement.

Ne pas confondre délestage…

Il règne une grande confusion entre plan de délestage et blackout complet.

Dans le premier cas – celui d’une pénurie organisée, on l’espère dans l’ordre – les grandes villes sont peu concernés vu l’importance de la population et des nombreuses contraintes de services publics. À Bruxelles, ajoutons la présence des institutions européennes et internationales dont l’OTAN. Du reste, la capitale ne représente que 7,6 % de la consommation totale du pays. Seules quelques rues d’Uccle sont concernées. Voire… Que se passe-t-il pour les entreprises dont le personnel serait impacté sur leur domicile ? Quelles mesures prendre ?

En tout état de cause, il convient de revoir les Business Continuity Plan. Et rapidement ! Des mesures incitatives seront prises sur les périodes de pics (6-9 h et 17-20 h) : airco, éclairages publics, enseignes lumineuses, etc. Ensuite, les clients industriels interruptibles seront activés. À Bruxelles, ils sont très peu nombreux. Puis le délestage au départ des 550 points d’injection de courant, dont 48 pour Bruxelles, sur les cinq zones du pays et selon six tranches de 100 MW pour atteindre 3.000 MW (trois centrales nucléaires).

…et Blackout

Mais si ça ne suffisait pas ?

Si le réseau lui-même, en surcharge, disjonctait ? Scénario déjà vu ailleurs en Europe et en Amérique (le grand verglas au Québec par exemple). Par hypothèse, il est totalement imprévisible et arrive soudainement. Arrêt total de 16 à 24 heures, puis relance par étape et priorités qui prennent entre trois et cinq jours. Seules quelques centrales peuvent redémarrer from scratch. Belgacom tient 12 h sur ses lignes fixes les plus anciennes (pas VOIP). Les clients prioritaires sont les services de secours et hôpitaux, les prisons et les médias.

À Bruxelles, le Ministre-Président reprend les fonctions du gouverneur. Il est chargé de prendre les mesures qui s’imposent en cas de coupure non désirée. On peut raisonnablement s’interroger sur le degré de préparation, voire de pise de conscience du risque et des mesures à prendre : organisation de la mobilité (retour chez soi mais aussi appel au service), sécurisation des biens et des personnes (portes ouvertes ou bloquées, plus de surveillance, ascenseurs en rade), alimentation et chauffage (en hiver…).

Et si…

 

Cet article vous est proposé par Xavier Dehan, Coordinateur du Centre de Connaissance, le 01.10.2014.

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