08.06.2017 - Discours de Jan De Brabanter

« Quelle nouvelle politique industrielle pour la Région de Bruxelles-Capitale ? »

Monsieur le Ministre,

Mesdames, messieurs,

Monsieur le Président et chers collègues au CES, bonjour,

Goeiemorgen Dames en Heren, dank voor uw talrijke aanwezigheid.

Dank ook directie en medewerkers van de ESRBHG voor de organisatie, aan de talrijke sprekers en experten die hun medewerking hebben verleend aan dit colloquium. Welkom.

In mijn hoedanigheid als Vice-Voorzitter van de Economische en Sociale Raad van het Brussels Gewest ben ik bijzonder verheugd dit colloquium te mogen openen.  Voor de ondernemerswereld in het bijzonder is het een cruciale vraag om te weten wat het industriebeleid voor het Gewest is of moet zijn. Zeker wanneer het gaat om een “toekomstig” of “nieuw” industriebeleid!

En tant que Vice-Président du Conseil Economique et Social, c'est donc une grande satisfaction que d'ouvrir cette journée d'échanges autour de la question de l'industrie en ville. La question posée est cruciale : Quelle politique industrielle pour la Région de Bruxelles Capitale? Et surtout lorsqu’il s’agit de quelle nouvelle politique industrielle ?

Comme vous le savez, après avoir été la première Région industrielle du pays à la fin des années 1920, la Région bruxelloise est confrontée à une désindustrialisation sévère de son tissu économique depuis le milieu des années 70 ; seul 3% de l’emploi salarié bruxellois est encore manufacturier.

Le prix du foncier, les difficultés de circulation et la gestion difficile de la cohabitation ont fait de l'activité industrielle et productive une fonction faible, en compétition ardue avec le logement et le bureau.

Disposer d’activités industrielles, semi industrielle et productives est pourtant indispensable à la ville-Région. L'équilibre économique social et environnemental en dépendent en partie.

Mais de quoi parle-t-on exactement lorsque l'on parle "d'activités industrielles”? Cette question, simple en apparence, recèle des réalités variées et complexes.

Belangrijk uitgangspunt dus voor vandaag: waarover hebben wij het wanneer wij het over industriële activiteiten » hebben?

Een industrie in de stad wordt vaak geassocieerd of simpelweg herleid tot « hinder »: zwaar verkeer, lawaai, stof of vervuiling, rechtlijnige constructies die meer op een schoendoos lijken dan wat verstaan wordt onder het begrip « organische architectuur ».

Associations donc avec nuisance surtout, pas très “sexy”.

Tout d'abord, l'industrie, contrairement à la fonction "bureau", se décline en de très nombreux secteurs d'activités nécessitant des infrastructures et des aménagements bien spécifiques.

Industrie chimique, agro-alimentaire, entreposage de matières premières et récupération de matériaux, activités liées à la construction, transport et logistique, épuration de l'eau, imprimerie, transformation de matière première

(Parce que, rappelons-le, Bruxelles dispose de sa propre meunerie!)… CERES - fondée en 1889 sur les bords du canal de Willebroek …

La liste est longue et en constante mutations, avec le développement de nouvelles activités liées aux nouvelles technologies.

D'un point de vue strictement territorial, il est difficile de circonscrire l'industrie bruxelloise aux limites administratives de la région :  le bassin industriel bruxellois s'étend dans l'axe de la vallée de la Senne, de Clabecq au sud à Vilvoorde au nord, vers Zaventem au nord-est. Il se propage également vers le Brabant Wallon, spécialisé dans l'industrie pharmaceutique.

Voor de Brusselse industrie hebben we dus duidelijk nood aan een metropolitaanse benadering, gebaseerd op het tewerkstellingsbassin met inbegrip de zaken die raken aan de mobiliteitsvraagstukken met voorop de woon/werk verplaatsingen en de transportfuncties.

Op regionaal niveau, wordt de Brusselse Industrie eerder gekarakteriseerd door een hoog technologische ontwikkeling met een tewerkstelling gericht op meestal hoger opgeleiden.

Deze vaststelling is misschien een beetje minder van toepassing op de ondernemingen gelegen in de havenzone en die op zich toch ca. 12.000 directe of indirecte arbeidsplaatsen vertegenwoordigen, hetzij 2 % van de regionale tewerkstelling! Deze bedrijven bieden eerder werk aan minder goed opgeleide medewerkers, waar het Gewest nood aan heeft, zoveel is duidelijk.

Maar of het nu gaat om tewerkstelling voor « arbeiders » in de strikte betekenis of voor banen voor hoger opgeleiden, feit is dat de ondernemers het nog altijd of steeds moeilijker hebben om geschikt en opgeleid personeel aan te trekken. Er is een schrijnend tekort aan gekwalificeerd personeel.

…Un manque criant de personnel qualifié.

Notons parmi les métiers en pénuries requérant un diplôme de l'enseignement professionnel : boucher, mécanicien, dessinateur en mécanique, métiers de l'automobile et de la carrosserie, technicien de transformation du métal, manutentionnaires et métiers de la logistique,…  

Situation étrange voir inacceptable dans une région ou le chômage des jeunes atteint 30%!

L'objectif 10 de la Stratégie 2025 du Gouvernement régional, se penche sur cette problématique et propose la mise en œuvre d'un "Plan industriel". Ce dernier doit identifier les domaines de l'industrie pourvoyeurs d'emplois de qualité.

Ce chantier n'a pas encore débuté et c'est pourquoi le Conseil Economique et Social, a trouvé opportun de replacer cette question au cœur du débat.

La question du maintien de l'activité industrielle Bruxelles trouve également une résonnance dans l'actualité liée au Plan Régional de Développement Durable. Censé définir les grandes lignes du développement territorial à moyen long terme, il met en exergue les tensions croissantes entre les fonctions urbaines, depuis nettement, la mise en œuvre du PRAS dit "démographique", qui par la création de nouvelles zones, les "ZEMU", fait la part belle au logement, au détriment, c'est un constat observable maintenant, des activités industrielles.

La nécessité de conserver des zones monofonctionnelles exclusivement dédiées aux activités industrielles et productives est donc pour beaucoup d'acteurs une évidence.

 Vous noterez donc que la question de ce colloque n'est pas innocemment posée, puisqu’il est bien question ici de "nouvelle" politique industrielle. Ce terme laisse entendre que les tensions que nous connaissons aujourd'hui ne se résoudront pas sans une vision claire, solide et ambitieuse.

 Cette approche appelle également à une définition de la notion d'"industrie"… De nombreux termes sont en effets mobilisés sans une définition partagée. De quoi parle-t-on exactement lorsque l'on parle d'"industrie” ? Activité industrielle? productive? Industrie urbaine, présentes ou nécessaires à la ville ? Activités manufacturières, industrie rêvée à l'image de la manufacture médiévale, de petit artisanat de quartier ?

Wij hebben het er al even over gehad: er is geen industrie op zich, maar meerdere industriële activiteiten, zonder nog te spreken van deze die zich gedurende de volgende decennia verder gaan ontwikkelen en die wij vandaag onmogelijk precies kunnen omschrijven. Wij zullen er in ieder geval mee rekening moeten houden. Wie durft er vandaag aan twijfelen dat de 3D technologie in de drukkerij een radicale of revolutionaire ommezwaai zal betekenen voor de productie ?

Cette question de la définition doit être la première étape indispensable à la mise en œuvre d'un Plan Industriel.

En tant que partenaires sociaux, les membres du CES, insistent sur un point : un tel programme ne se construit pas à huit clos entre les murs de cabinets ministériels. Il ne peut se départir d'ingrédients indispensables : l'expérience de terrain, une connaissance fine des secteurs de l'industries, l'intégration de la question du métabolisme urbain, et une approche fortement axée sur les questions d'emploi et de formation.

C'est l'occasion aussi de réinsister sur un aspect essentiel : il subsiste aujourd'hui en Région Bruxelloise un nombre important d'entreprises dites " industrielles". Si ces dernières ont fait preuve d'une certaine résilience jusqu'ici, en surmontant de nombreux écueils économiques, elles sont désormais confrontées à une difficulté supplémentaire, qui s'accroît de jour en jour. La pression foncière et le "tout au logement" fait peser sur de nombreuses entreprises une épée de Damoclès. Le non renouvellement des concessions, des permis d'environnement, craintes de plaintes de la part de riverains de plus en plus proches, flou artistique quant à la législation, taxes foncières en constante augmentation,… mettent de nombreuses entreprises "historiques" de Bruxelles dans une position délicate…dont l'issue est souvent la délocalisation.

Pourquoi investir si l'on n'est plus le bienvenu ? Mais au-delà de pertes très dommageables en matière d'emplois, c'est aussi tout une série d'activité nécessaire à la ville, à son métabolisme, qui disparait du paysage.

 C'est pourquoi la sous-titre de ce colloque est tout aussi important : "préserver l'existant, préparer l'avenir".

 Le maintien et le développement d'une industrie urbaine pose donc de nombreuses questions qui appellent des réponses complexes ! Quelles activités sont nécessaires à la ville ? Avec quelles retombées en termes d’emplois ? Quelles contraintes d'aménagement pour une coexistence pacifique avec d'autres fonctions, en particulier le logement ?  Quelles synergies établir avec la délicates question de la mobilité ? Comment ramener et valoriser une production alimentaire ou matérielle locale ? Quels leviers publics et quelles collaborations avec le secteur privé sont à envisager ?

Tot slot : gedurende dit colloquium zult u een breed panel van diverse sprekers en tussenkomsten te horen krijgen die allen zullen pogen om bouwstenen aan te reiken voor de gepaste keuzes en oplossingen in ons Gewest. Deze Belgische of buitenlandse sprekers komen uit politieke, academische of bestuurlijke milieus. Maar wij mogen vandaag ook rekenen op getuigenissen van ervaringsdeskundigen en ondernemers, die allen zullen pogen om u te informeren over de facts & figures, over hun visie, aanbevelingen of wensen voor een industriebeleid voor het Brussels Gewest. Ik wens ze allen alvast te danken voor hun medewerking en adviezen.

Au nom de Conseil Economique et Social, je les remercie pour leur présence et leur implication.

Volontiers je cède maintenant la parole au Ministre de l’emploi et de l’économie, Monsieur Didier Gosuin.

Ik dank u – je vous remercie.