BECI et la concertation sociale en vue d'un nouvel accord interprofessionnel (AIP)

Conséquence de la réforme de l'État, plusieurs compétences passent du niveau fédéral aux Régions. De ce fait, les négociations préliminaires à un accord salarial intersectoriel ne relèvent plus uniquement du niveau fédéral.

Les fédérations d'employeurs prennent la balle au bond : tous les intervenants pourront, plus que par le passé peut-être, suivre et influencer à l'unisson les pourparlers avec les syndicats.

Les employeurs de la Région bruxelloise peuvent compter sur BECI pour défendre leurs intérêts dans la concertation sociale à venir.

En matière de concertation sociale, l'année 2012 s'annonce historique à bien des égards en Belgique. La sixième réforme institutionnelle de l'État prévoit notamment le déplacement de plusieurs compétences ‘sociales’ du niveau fédéral vers les régions. Il s'ensuit que les négociations bisannuelles autour d'un accord salarial intersectoriel – un AIP – ne concerneront plus seulement le niveau fédéral. Il faudra aussi tenir compte d'un facteur complémentaire : la politique de relance que le gouvernement met en place pour 2013 et 2014 prévoit un gel total des salaires, exception faite de l'indexation automatique et des majorations barémiques qui ont été définies dans le passé au niveau sectoriel ou dans les entreprises.

À Bruxelles, en Wallonie et en Flandre, les fédérations d'employeurs font montre d'une belle réactivité : plus que jamais auparavant peut-être, tous ces acteurs unis dans leur démarche pourront suivre et influencer les négociations avec les syndicats. La FEB coordonne au niveau fédéral la vision commune des employeurs tandis que les entreprises à profit social sont représentées par l’UNISOC. La Wallonie fait intervenir l’UWE et l’UCM, alors qu'en Flandre, ce sont le VOKA, le Boerenbond et l’UNIZO qui entrent en scène. 

Quant aux employeurs de la Région bruxelloise, ils pourront compter sur BECI pour la défense de leurs intérêts lors de la concertation sociale qui s'annonce.

Les pourparlers de l’AIP
Les syndicats se positionnent en ordre dispersé face aux prochaines négociations salariales, alors que le gouvernement impose aux partenaires sociaux un schéma strict : outre le gel des salaires tel qu'il a déjà été décidé et le maintien de l'indexation automatique, d'autres accords doivent être trouvés en matière de bien-être, de rémunération minimale et d'organisation du travail.

BECI estime que, pour parvenir à un AIP lors de négociations avec les syndicats, les quatre thèmes suivants doivent se trouver au centre des débats :

  • La modération salariale par des mesures structurelles touchant le mécanisme d'indexation automatique. Nous partageons l'avis du gouvernement qui souhaite éliminer l'écart salarial avec les pays limitrophes. Les partenaires sociaux doivent donc, dans un laps de temps équivalent à 3 AIP – soit 6 ans – combler l'écart salarial ‘brut’, estimé aujourd'hui à 5,2 %.
  • Un marché du travail bien organisé, régi par les concepts de mobilité et de flexibilité. Il est indispensable que, tout particulièrement en Région bruxelloise, l'on travaille à des solutions visant à combattre l'inadéquation entre l'offre et la demande sur le marché du travail.
  • Les pensions : la concertation sociale doit aboutir à des accords corrects en vue d'une généralisation du système du deuxième pilier, avec prise en compte des garanties de rendement et de la maîtrise des coûts pour les employeurs.
  • Le dossier ouvriers-employés : il requiert l'obtention d'accords clairs, ne fût-ce que pour éviter que des opinions divergentes continuent à entraver la concertation sociale. Les secteurs qui emploient un grand nombre d'ouvriers doivent pouvoir bénéficier de périodes de transition raisonnables et de conditions de licenciement équitables. Quant aux entreprises qui emploient une forte proportion de cols blancs, elles doivent se rendre compte que l'alignement unilatéral des conditions et indemnités de licenciement des ouvriers sur celles des employés pourrait avoir des conséquences néfastes sur l'ensemble de l'économie belge. La non-obtention d'accords concrets dans le dossier ouvriers-employés ne peut pas constituer un obstacle aux autres réformes que nos entreprises attendent. C'est entre autres pour cette raison que cet aspect figure sur la liste des priorités de BECI.