Nos enfants Bruxellois: l'économie de demain

Le défi socio-économique de Bruxelles est d'inclure ses 107.500 demandeurs d'emploi dans l'économie, dont une grande partie de jeunes. environ 30% des jeunes à Bruxelles n'a pas d'emploi et une partie tout aussi alarmante des jeunes n'est même pas inscrit dans l'enseignement.

Le « fléau de la pauvreté » frappe les alentours du centre de Bruxelles : forte densité de population, arrivées incessantes de nouveaux habitants rejetés de la communauté, taux de chômage élevé, niveau de pauvreté parfois alarmant et toutes les conséquences psychologiques individuelles et collectives qu’il implique. Ces conditions sont à l’origine d’un contexte social extrêmement complexe qui ne cessera d’empirer si aucune action n’est entreprise. Divers facteurs renforcent ces problèmes : l’explosion démographique, la fragmentation de la politique, l’exode de la classe moyenne, les nombreuses écoles « failing schools » qui manquent à leurs obligations, des logements vétustes mais aussi la problématique des pièges à l’emploi où il est plus intéressant de « pointer » et de faire quelques petits boulots au noir plutôt que d’aller travailler tous les jours.

Ce n’est pas un hasard si c’est précisément dans ce cocktail de misère économique et sociale que naissent des conflits et que la population ne se sent pas en sécurité. Cependant, ces problèmes ne datent pas d’hier et ne se sont pas subitement aggravés.

Pour aider les quartiers touchés par le fléau de la pauvreté à proximité du centre, Bruxelles a besoin d’un plan social prévoyant des perspectives sociales et des mesures de sécurité destinées à protéger la population, les sociétés et les commerçants de ces quartiers.

L’immigration est nécessaire (d’ici à 2050, l’Europe aura besoin de 31 millions de nouveaux arrivants) mais une immigration ratée est extrêmement onéreuse, surtout dans un Etat providence aussi protecteur que le nôtre. L’immigration doit apporter une plus-value à chacun, aussi bien à l’immigré lui-même et à ses enfants qu’au pays d’accueil. Nous devons nous entraider à progresser. Cet aspect revêt une importance particulière dans une ville aussi jeune et multiculturelle que Bruxelles. Tous les jeunes doivent y avoir l’opportunité de développer leurs talents et leur créativité et ce, à travers un enseignement qui leur procure tous les outils nécessaires pour réussir dans la société.

Au lieu de palabrer inutilement à propos des actions qu’il conviendrait de mettre en place afin de permettre aux plus démunis de demain de trouver un emploi ne nécessitant aucune formation, nous devons créer un parcours qui offre une place à chacun au sein de notre économie existante, performante et internationale, via l'enseignement et la formation. Nous devons exploiter les atouts de l’économie bruxelloise.

L’enseignement est la première étape de toute solution.Sans un enseignement de qualité, on ne peut espérer de progrès social, d’entreprises florissantes et une économie prospère.


L'Enseignement: levier de mobilité sociale?

Le problème n'est pas d'où vous venez mais l'enseignement que vous avez reçu et c'est ça qui fera la différence pour votre futur.

Pour nous entrepreneurs bruxellois, cela ne fait aucune différence qu’une personne soit néerlandophone ou francophone ou bien qu’elle ait suivi sa scolarité dans l’enseignement libre ou communautaire. En revanche, nous attachons de l’importance au type de diplôme, à l’expérience, aux compétences et aux connaissances linguistiques, car les enfants bruxellois sont nos enfants, les employeurs, employés, artistes et hommes et femmes politiques de demain. Ce sont eux qui devront assurer le maintien de l’Etat providence.

Nous devons revoir les objectifs des écoles. En effet, celles-ci doivent préparer chaque enfant à une vie de citoyen, de parent et d’acteur professionnel créatif et entreprenant. Dans ces quartiers, l’école devra jouer pleinement son rôle fondamental de levier de mobilité sociale.

Celui qui néglige l’enseignement, néglige nos enfants : nous courons droit à la catastrophe. Avant les élections, tout le monde criait d’une seule et même voix que l’enseignement devait être la priorité numéro 1. Cet engouement est déjà retombé. Qui a déjà pensé à toutes ces écoles et crèches qui devront être construites au cours des dix prochaines années afin de faire face à l’explosion démographique ? La sonnette d’alarme a été tirée il y a de nombreuses années mais nous n’avons jamais vu se profiler la moindre réponse efficace et cohérente à ces problématiques. La « fracture sociale » figure à l’agenda politique depuis 20 ans mais la situation reste dramatique. Tout ceci se répercute naturellement sur l’enseignement : outre bon nombre d’écoles exceptionnelles proposant un niveau d’enseignement de qualité, il en existe d’autres qui se sont transformées en de véritables bastions de la misère.

Tant les deux communautés que la Région doivent poursuivre l’objectif clair de rendre la population bruxelloise bilingue. Nous progressons déjà dans la bonne direction : des dizaines de milliers de personnes s’inscrivent chaque année à des cours de néerlandais et 20% des petits bruxellois suivent un enseignement néerlandophone. Néanmoins, force est de constater qu’à l’heure actuelle, notre population n’est tout simplement pas encore bilingue.

Chaque citoyen profiterait d’une capitale animée et prospère, laquelle serait le moteur de l’économie belge. Il est nécessaire d’instaurer une nouvelle dynamique et d’adopter une approche basée sur une vision claire et étayée par un plan d’action et un budget. Il faudrait dans ce contexte rappeler les responsabilités de chacun et que celles-ci soient prises, que ce soit par les gamins des rues ou par les autorités compétentes. Ces quartiers doivent être le fer de lance du nouveau développement urbain. Nous devons commencer là où ce système a déjà fait ses preuves dans les villes prospères, celles qui sont capables d’exploiter leur potentiel actuel et de se développer à partir des initiatives et de l’esprit créatif des entrepreneurs, artistes, architectes et citadins professionnels locaux. L’enseignement est la première condition d’une ville florissante, principalement à Bruxelles, qui est à la base de tous les progrès sociaux. Ensemble, nous devons nous soucier tout d’abord de nos enfants.

BECI demande aux pouvoirs publics de trouver une solution structurelle aux problèmes des quartiers bruxellois et souhaite collaborer au développement d’une économie florissante et d’un climat social sain à Bruxelles, également dans les zones touchées par le fléau de la pauvreté.

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