Les femmes : du plancher au plafond

« Plancher collant », « ciel de plomb », « paroi de verre », « plafond de verre »…D’où viennent toutes ces expressions pour imager l’évolution des femmes sur le marché de l’emploi ? Si de nouveaux  role models  féminins sont de plus en plus cités en exemple, le chemin est encore long jusqu’au top de la pyramide. 

Premier constat marquant de l’étude de l’IEFH et du Bureau du Plan pour 2014 : seulement 33 % des femmes occupent des postes à responsabilités.  Autre constat frappant mais qui tend tout de même à se résorber : une femme gagne en moyenne 10% de moins qu’un homme. Cette moyenne est dûe notamment à la proportion de femmes qui travaillent à temps partiel : 46 % d’entre elles contre 10 % des hommes. Les pensions de celles qui ont fait l’impasse sur leur temps plein s’en trouvent impactées : 9% des femmes bénéficient d’une pension complémentaire contre 12 %  des hommes.

Les femmes font-elles réellement le choix de ce type d’aménagement d’horaire ou est-ce parce qu’elles s’attribuent le devoir d’être plus disponibles dans leur environnement familial ?

Interrogée sur la question de l’évolution professionnelle des femmes et de leur accessibilité à des postes à responsabilités, Bouchra El Mkhoust, Conseiller à la Cellule Diversité de BECI commente ces données : « Les réponses se situent à deux niveaux : premièrement, dans la prise de conscience des femmes et des hommes que le champ familial imprègne le champ professionnel. Deuxièmement, une réflexion autour des préjugés en matière de responsabilités managériales s’avère nécessaire pour faire évoluer les choses. »

En matière de prise de conscience, les femmes ne sont pas en reste : Women on Board, Mixcity Belgium,… les femmes ont entamé la réflexion sur leur évolution de carrière et s’attèlent à faire prendre conscience de leur plus-value dans l’entreprise aux fonctions managériales. Pour exemple, Selon une étude de Hay en 2013, les groupes dirigés par une femme CEO observaient un retour sur fonds propres de 15.2 % contre 11.9 % pour les groupes dirigés par un homme. Oui, les chiffres le démontrent ! Les entreprises sont gagnantes en incluant les femmes à un niveau C (Top Level).

Loin de l’idée d’un « Womenwashing », les signes de nouvelles stratégies managériales sont en train d’éclore, se rapprochant de la réalité de notre société, diversifiée en termes de genres, de cultures, d’âges,...

En Belgique comme dans toute l'Europe, les femmes sont généralement mieux représentées dans les conseils d'administration (23% d’entre elles) que dans les comités de direction.

Mais le plafond de verre est aussi construit par les représentations que se font les femmes elles-mêmes. En interrogeant  leur rapport aux responsabilités collectives, au pouvoir,… elles pourront découvrir leurs propres freins à s’engager ou à être pro-active à ses fonctions. En interrogeant les normes « enfermantes »  dans lesquelles elles s’inscrivent « naturellement »  (au niveau familial, social, professionnel,…), elles pourront entrevoir leur responsabilité dans le maintien des plafonds de verre.

Afin d’avancer vers une société plus égalitaire, BECI invite hommes et femmes à se pencher sur les enjeux de la diversité de genre lors d’un Best Practices Exchange sur le thème « Faut-il un management du féminin ? », le 24 avril prochain. 


Cet article vous est proposé par Bouchra El Mkhoust, Conseiller Diversité, le 30.03.2015.

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