Les grands principes n’ont jamais résolu le chômage - BECI s’oppose fermement à la nouvelle obligation en matière d’emploi

Imposer aux entreprises qui occupent plus de 100 personnes de transmettre systématiquement leurs offres d’emploi - même pour des remplacements - à Actiris, serait donc la mesure de relance du Gouvernement bruxellois ? « N’y a-t-il rien d’autre de mieux à faire que d’ajouter des contraintes administratives aux entreprises ? », s’interroge Jean-Claude Daoust, Président de BECI. « Cette obligation ne réglera en rien le défi structurel de l’inadéquation entre offre et demande sur le marché du travail », ajoute-t-il.

Selon les estimations du centre de connaissances de BECI, Actiris disposerait actuellement d’environ 15 % de l’ensemble des offres d’emploi, sans tenir compte des apports des deux autres organismes régionaux, Forem et VDAB. « Actiris est-elle déjà capable de répondre à toutes les offres dont elle dispose ? » s’interroge encore le patron des patrons bruxellois. « Doubler, tripler ou même quintupler le nombre d’offres ne fera qu’engorger plus encore cette agence sans pour autant obtenir un meilleur résultat », analyse Jean-Claude Daoust.

BECI détaille son argumentaire en sept points :

  1. L’ordonnance impose une nouvelle obligation aux entreprises, partant du principe que celles-ci ne sont pas aptes à gérer leur politique de ressources humaines, soit le cœur de leurs opérations et une préoccupation constante ;
  1. En outre, l’ordonnance impose des sanctions si l’entreprise ne s’exécute pas ;
  1. L’obligation est unilatérale ; l’ordonnance n’impose pas à Actiris de proposer des candidats correspondants aux emplois vacants et ne prévoit pas de sanction au cas où Actiris ne répond pas aux attentes ;
  1. Dans beaucoup de cas, les entreprises souhaitent garder la confidentialité sur les postes disponibles, parce qu’elles ne désirent pas que des tiers à l’intérieur ou l’extérieur  soient au courant qu’un emploi devient vacant ;
  1. Cette obligation n’est guère à l’avantage d’Actiris. Ses efforts pour améliorer son image en tant qu’opérateur professionnel vont être anéantis par le retour en force de l’agence publique gendarme ;
  1. Actiris développe dans le cadre de son futur contrat de gestion une politique segmentée et spécifique au niveau sectoriel en contradiction avec la démarche tous azimuts inscrite dans l’ordonnance ;
  1. Actiris ne dispose pas du personnel nécessaire pour répondre aux offres introduites auprès de ses services, que dire d’une croissance impressionnante de la demande, en droit d’obtenir du résultat ?

Cette obligation de transmettre les offres d’emploi des entreprises de plus de 100 personnes n’a aucun sens. « Il faut commencer par la mise en œuvre de la réforme en profondeur qu’entendent mener les deux nouveaux directeurs généraux d’Actiris avec notre soutien. Celle-ci est inscrite dans le futur contrat de gestion de l’agence, approuvé par les partenaires sociaux », commente le Président de BECI. Si les résultats sont là, c’est naturellement que les entreprises s’adresseront à Actiris et pas à cause d’une obligation. « L’emploi ne se décrète pas », rappelle-t-il.

Du « contrat pour l’économie et l’emploi » en « pacte de croissance urbaine durable », passant par diverses stratégies en matière d’insertion des jeunes, d’économie sociale ou de discrimination, la Région sera devenue un véritable centre d’études. « Il serait temps que les autorités publiques se concentrent sur les vrais enjeux en matière d’emploi plutôt que de tenter vainement d’obtenir de ‘bonnes’ statistiques pour justifier leur utilité », conclut le représentant de l’ensemble des secteurs économiques bruxellois.

 

Pour plus d'informations :

Olivier Willocx – 02 643 78 14

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

BECI (Brussels Enterprises Commerce & Industry) est issue du partenariat entre la Chambre de Commerce et l’Union des Entreprises de Bruxelles. BECI représente les deux tiers de l'emploi à Bruxelles et compte plus de 35.000 entreprises membres. BECI défend les intérêts individuels et collectifs des entreprises bruxelloises et leur propose un éventail étoffé de services.