Enseignement : un nouveau départ ?

Back to School ! Tel était le thème de l’Annual Event de BECI, organisé le 16 octobre à l’Auditorium GDF Suez, autour d’une question centrale : que faire pour que l’enseignement ouvre effectivement les portes du travail aux jeunes bruxellois ?  

Thierry Willemarck, Président de BECI, a commencé par dresser un tableau sans concession de la situation bruxelloise – marquée par ce paradoxe : celui d’une Région dynamique, créatrice de richesse et d’emplois, mais confrontée à un fort taux de chômage, en particulier chez les jeunes. Chômage qui trouve ses racines dans la sous-qualification, laquelle est elle-même le résultat de l’échec scolaire et du décrochage. Ce constat, BECI l’a fait plus d’une fois, appelant au changement et à une alliance emploi-enseignement qui figure – très heureusement – au programme de la nouvelle majorité bruxelloise.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a pas de fatalité ; qu’il est possible d’améliorer notre enseignement et même de le faire (assez) rapidement : c’est le message apporté par l’orateur de la soirée, Étienne Denoël, directeur au sein de McKinsey Belgique. Observateur attentif des systèmes d’enseignement dans le monde entier, McKinsey nous rappelle quelques éléments de bon sens communs aux systèmes les plus performants : autonomiser les écoles, responsabiliser leurs directions, valoriser les enseignants, travailler pour l’élève.

Les résultats sont là. Des pays, des régions, ont amélioré de manière rapide et significative les performances de leur enseignement : le Chili, Hong Kong, la Lettonie ou, plus près de nous, la Saxe en Allemagne. À chaque fois, les réformes ont été déclenchées par la conjonction de trois éléments : une crise économique ou politique (nous y sommes), un rapport critique (nous avons les enquêtes PISA), mais surtout la mise en place d’un leadership technique et politique dans la durée. 

Les grandes lignes de cette étude présentée par M. Denoël sous-tendaient déjà le dossier Back to School, proposé le mois dernier dans notre rapport d’activité 2014, à lire ou relire sur notre site web.La soirée s’est poursuivie par un débat avec Joëlle Milquet, la Ministre de l’Éducation francophone, et Biance Debaets, Secrétaire d’État bruxelloise et membre de la VGC (la Commission communautaire flamande) – débat animé par Jean-Claude Daoust.  Au-delà de certaines divergences, on y a ressenti la volonté politique d’attaquer rationnellement la problématique de l’enseignement et une ouverture à la contribution du monde entrepreneurial.

« Si j’ai accepté cette responsabilité, c’est pour cela : pour réaliser point par point ce qui nous a été présenté ce soir », a déclaré Mme Milquet.  La Ministre a notamment estimé que l’on pouvait déjà agir très rapidement vis-à-vis des directions d’école, en leur accordant plus d’autonomie et un soutien managérial.

Bianca Debaets a cependant relevé certains défis spécifiques à la Région bruxelloise : la nécessité de revaloriser la carrière d’enseignant ainsi que l’enseignement technique, citant Audi et Don Bosco comme un exemple de collaboration entreprise-école. « Un exemple bien isolé », regrettait Jean-Claude Daoust.

D’évidence, les stages en entreprise s’imposent comme une clé de la formation professionnelle. À Jean-Claude Daoust, qui réclamait pour les entreprises des stagiaires de qualité, Joëlle Milquet répondait : « Il faut que les entreprises nous aident. Il faut ouvrir les portes, offrir des stages. Si l’on commence par dire : ‘pas de stagiaires sous-qualifiés’, on est mal partis. »

Dans le contexte socio-culturel bruxellois, une autre idée est en débat : généraliser l’entrée des enfants à l’école maternelle dès 3 ans, pour favoriser l’apprentissage de la langue d’enseignement – idée soutenue par Bianca Debaets, mais dont Mme Milquet ne cache pas la difficulté budgétaire...

En conclusion de ce débat, Etienne Denoël a lancé un double appel au public de BECI : « Nous avons besoin d’enseignants et de directeurs de qualité. Si vous rencontrez un jeune qui veut devenir enseignant, encouragez-le ! Et pourquoi ne pas ouvrir les rangs de BECI aux directeurs d’école, qui sont aussi, dans leur domaine, des entrepreneurs ? »

Olivier Willocx, Administrateur Délégué de BECI, a encore insisté sur le sentiment d’urgence qui doit prévaloir et sur la nécessité de rapprocher – quoiqu’en pensent certains – l’école et l’entreprise. Or, la voix des entreprises semble avoir porté. Des objectifs communs se dessinent. Les volontés paraissent vouloir se conjuguer. Mais il faut les concrétiser sans tarder : c’est de l’avenir de Bruxelles dont on parle. Back to work !

 

Cet article vous est proposé par Emmanuel Robert, Media Coordinator, le 4.11.2014.

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