Coûts de l’échec scolaire : 2,4 milliards d'euros par an

Une étude de la KUL démontre l’inefficacité du redoublement.

Entre 2000 et 2009, le redoublement dans l’enseignement secondaire francophone est passé de 10,4% à 13,7%. En comparaison, seuls 5,8% des élèves du secondaire de la Communauté flamande ont échoué en 2009-2010. Pourtant, c’est la KUL qui dénonce les pseudos vertus pédagogiques dans une étude récente. Pour BECI, le redoublement est aussi excessivement coûteux sur le plan sociétal. En effet, chaque échec coûte 52.500 euros à la collectivité !

Après avoir trouvé plus de 12 milliards en décembre et encore deux de plus en mars, chacun fait ses comptes. Et les chiffres de la Communauté française en matière d’enseignement sont particulièrement alarmants : près d’un élève sur quatre en Communauté française présente déjà un retard scolaire à la fin du primaire. Dans le degré supérieur de l’enseignement secondaire, la proportion de « doubleurs » s’établit à 55% (en 5e) et à 60% (en 6e).

La Flandre fait mieux, mais pas nettement avec 27% des jeunes ayant une à plusieurs années de retard dès la 2e année du secondaire. Le pire score revient à la Région bruxelloise où la proportion de doubleurs dans le secondaire atteint respectivement 65% (en 5e) et à 70% (en 6e). Autrement dit, deux élèves bruxellois sur trois auront perdu au moins une année avant la fin de leurs humanités.

Confirmée par l’étude de la KUL , BECI considère le redoublement comme une pratique pédagogique inefficace pour l’enfant. Plutôt que l’électrochoc attendu, il provoque régulièrement démotivation, aliénation, manque de confiance en soi. A Bruxelles, 1 jeune homme sur 3 entre 18 et 24 ans a quitté l’école sans diplôme. 65% des demandeurs d’emploi n’ont pas de qualification. Il s’agit dès lors de diviser par deux ou même de supprimer le redoublement.

D’autant qu’il a aussi un coût financier non négligeable. Un parcours sans embûche d’un élève de la maternelle au secondaire supérieur coûte en moyenne à la Communauté française 71.200 EUR. Chaque année perdue représente entre 2.900 euros en maternel, 6.750 euros en secondaire, 8.200 euros en supérieur et jusqu’à 13.600 euros dans l’enseignement spécial. Soit au total 366,5 millions EUR (plus de 6% du budget total de la Communauté française).

En ramenant par étapes le taux de redoublement en Communauté française à un niveau équivalent à celui de l’enseignement flamand, l’économie annuelle se chiffrerait à près de 200 millions EUR. Plus encore, une entrée tardive dans la vie active est un manque à gagner de 52.500 euros pour la collectivité par élève et par an. Avec 46.184 élèves qui ont doublé en 2008-2009 pour les seuls francophones, on compte ainsi une perte de 2,4 milliard par an.

xd@beci.be