L'air de Bruxelles

La préservation de la qualité de l’air constitue une préoccupation majeure dans toutes les grandes villes, qui doivent assumer sur un territoire généralement limité, la promiscuité des fonctions urbaines et économiques.

Leur attractivité en dépend, pour les habitants et les entreprises.

A Bruxelles, la qualité de l’air est peu influencée par les activités industrielles, hormis les installations d’incinération d’immondices, qui représentent à elles seules 12% des émissions de CO².

Les transports de bien et de personnes représentent moins de 18% de l’émission de CO², et 27% des « poussières » (PM). Le « chauffage » en revanche, est responsable de 70% du CO² et de 84% des poussières produites par les combustibles.

BECI se constitue traditionnellement en partenaire volontariste des autorités régionales pour sensibiliser les entreprises à cette problématique. En matière de pollution due au chauffage, BECI soutient la politique à long terme du Gouvernement en matière de performance énergétique des bâtiments.

En matière de mobilité, elle a même devancé le législateur en organisant la promotion des « plans de déplacements d’entreprises » et consacré un site Internet à cet instrument de gestion de la mobilité, bien avant qu’il ne soit rendu obligatoire pour les grandes entreprises.

Mais tout aussi traditionnellement, BECI exprime sa réticence, voir son opposition radicale à toutes mesures qui perturbent le fonctionnement des entreprises et leur imposent des inconvénients sans rapport avec le rendement environnemental réduit de ces mesures.

Et il faut bien reconnaître que tel est généralement le cas des dispositions que prennent le Gouvernement régional ou les communes en matière de mobilité, et plus particulièrement en matière de limitation des parkings dans les bâtiments à fonction économique, de réduction du gabarits des voiries, ou encore d’interdictions actuelles ou programmées de circulation des véhicules.

On l’a vu, les conséquences du trafic sont très loin de constituer, à Bruxelles, la source majeure de pollution de l’air. Et les statistiques publiées par l’administration (IBGE) le confirment: les indicateurs de pollution liés au trafic sont souvent plus favorables que les autres déterminants de la qualité globale de l’air. En raison de l’exiguïté de son territoire, les facteurs polluant l’air de Bruxelles sont souvent importés. Pour surprenant que cela paraisse, ces indicateurs « trafic » ne sont donc pas nécessairement influencés par le volume de la circulation. La « journée sans voiture » du 23 septembre dernier fut, en raison des conditions climatiques, sans effet sur la qualité de l’air !

Au risque de nous répéter, la responsabilité de la qualité de notre environnement est une responsabilité partagée. Celle de l’efficacité de la mobilité en est une également. La seule mesure efficace - et donc acceptable - de réduction du trafic, c’est le développement de transports en commun. Nous attendons impatiemment le RER et le développement du métro, qui devraient constituer une mobilité alternative pour les 350000 travailleurs rejoignant quotidiennement bruxelles.

Ce qui constituerait déjà, il faut nous le concéder, un fameux « bol d’air » !