Bruxelles aura-t-elle la 4G ?

La Capitale de l’Europe sort enfin de son isolationnisme 

Condition sine qua non au développement régional, la 4G était rendue inaccessible par la norme légale la plus stricte du monde. Au nom d’un principe de précaution qui aurait rendu impossible le développement du chemin de fer au XIXe siècle, Bruxelles se privait d’un outil aux possibilités phénoménales alors que toutes ses voisines belges et européennes s’en dotaient sans sourciller. Un 1er pas a été franchi désormais pour cette technologie attendue.

Bref rappel des faits : l'ordonnance du 1emars 2007 relative à la protection de l'environnement contre les effets nocifs et nuisances provoqués par les radiations ionisantes (modifiant l'ordonnance du 5 juin 1997 sur les permis d'environnement) réduisait les émissions des antennes à 3v/m cumulatif, soit la norme la plus strict au monde, 200 fois plus sévère que la recommandation de l’OMS. De facto, cette norme rend techniquement impossible le déploiement de la 4G à Bruxelles, une offre encore peu connue à l’époque à décharge des autorités.

Il aura fallu jusqu’à ces derniers jours pour que la Région reconnaisse cette impossibilité : réduire les émissions induit soit d’augmenter la captation des GSM (le fameux échauffement des oreilles), ce qui est l’inverse de l’objectif recherché, ou démultiplier le nombre d’antennes. Il s’agit alors du même phénomène physique que l’amplification musical : plutôt une dizaine de petits hauts parleurs bien répartis que deux enceintes assourdissants pour ceux qui sont proches et inaudibles dès qu’on s’éloigne. D’où le besoin de 450 points d’émission supplémentaires…

Aujourd’hui, la volonté du Gouvernement de modifier la législation applicable aux antennes émettrices permet enfin le développement de la technologie LTE (4G). Sans être une solution à long terme, qui tienne compte de la croissance attendue du trafic de données en 4G dans les prochaines années ou de l’évolution technologique future, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.Une évaluation devra être réalisé régulièrement pour permettre aux opérateurs d’adapter leurs infrastructures à cette évolution, y compris en augmentant leur capacité. 

Concrètement, la norme cumulative de 3V/m sera portée à 6V/m. La proposition règle la manière dont cette dernière est répartie entre opérateurs, modifie quelque peu les conditions de mesures du champ électromagnétique émis par certaines antennes, mais aussi la procédure électronique dans le cadre de la délivrance des permis et certificats d'environnement. Il prévoit notamment la création d’une nouvelle classe de permis d’environnement, la classe ID, à laquelle seront soumises les antennes émettrices, délivrés en 30 jours, sans enquête publique flanqués de garanties.

Toutefois, le déploiement de la 4G avec une norme qui reste une des plus restrictives en Europe, implique toujours pour les opérateurs la nécessité de densifier de manière importante le réseau existant et dès lors d'installer de nombreux sites supplémentaires sur le territoire bruxellois. Dans ce contexte, les entreprises bruxelloises se sont mobilisées à l’appel conjoint de la Ministre de l’économie et de BECI pour ouvrir leurs toits. Près de 150 sites ont été identifiés, mais certaines communes sont encore insuffisamment desservies. Un appel est lancé aux PME désormais.

 

Cet article vous est proposé par Xavier Dehan, Coordinateur du Centre de Connaissance de BECI, le 15.01.2014.

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