Gestion des emballages : la Belgique, un système qui fonctionne !

Nous voilà encore une fois sacrés « Champions Européens du Recyclage des emballages ménagers » avec un résultat de 87,4 % en 2016. Il n’y a plus de doute à avoir, le système instauré par Fost Plus a fait ses preuves depuis maintenant 23 ans ! Et pourtant, on entend parler d’une alternative pour certains emballages… Une consigne pourrait peut-être voir le jour. Mais quel en serait l’impact ? Pourquoi ce dossier anime-t-il tant les trois ministres compétents en Belgique ?

Alors que chaque citoyen belge peut se sentir fier de contribuer chaque jour à ces excellents résultats en matière de recyclage, certains autres aspects liés à la gestion des déchets laissent encore à désirer, comme par exemple la propreté publique. Celle-ci reste un point noir impactant non seulement l’environnement, mais aussi l’image de Bruxelles et plus largement, celle de notre pays.

Pour remédier à la problématique des déchets sauvages, la Flandre et la Wallonie ont étudié avec beaucoup d’attention l’opportunité de mettre en place une consigne pour les emballages de boissons. BECI et ses membres ont toutefois du mal à comprendre comment ce nouveau système aux conséquences économiques et environnementales importantes pourrait apporter une solution intégrale aux actes de dégradation de notre environnement urbain.

Pourtant le principe en soi semble avoir séduit 65 % des répondants à notre sondage mais un brin d’explications sur les implications de ce type de mesure est nécessaire afin d’éclaircir le dossier.

Tout d’abord, bien que les emballages ménagers soient souvent incriminés en matière de déchets sauvages, ils ne représentent qu’une faible part du flux abandonné sur la voie publique (entre 10 et 20 %). Les actions de nettoyage devraient donc continuer afin d’éliminer mégots de cigarette, papiers et encombrants en tout genre.

Ensuite, consigner les emballages de boissons entraînerait une diminution du volume des sacs bleus, où ces emballages ne seraient plus déposés (-50 % selon les estimations). Bonne affaire ? Voire, car cela réduirait d’autant la rentabilité des collectes de sacs bleus, qui n’auraient plus de raison d’être.  Même l’élargissement des fractions plastiques acceptées dans le sac bleu (étude P+ en cours) ne permettrait pas de compenser la perte de volume due à l’instauration d’une consigne.

Il ne faut pas non plus négliger le coût que représenterait l’implémentation de la consigne : il est estimé à entre 2 et 4 fois le coût de la collecte actuelle. Ce coût n’est évidemment pas le seul à considérer, il faut y ajouter la charge financière, logistique et humaine pour les commerçants que représente l’installation des machines pour accueillir les emballages. Il faut également tenir compte du fait que la mise en place d’une consigne supplémentaire peut résulter en une perte significative de surface commerciale, ce qui est particulièrement problématique à Bruxelles, où le mètre carré se fait déjà rare et très cher.

D’autres solutions avec une vision plus intégrée sont testées actuellement en Flandre et en Wallonie pour contrer le fléau des déchets sauvages, en misant sur 5 piliers :

-          Sensibilisation

-          Investissements dans des infrastructures

-          Contrôle et répression

-          Gestion de l’espace de vie

-          Participation du citoyen

Le secteur privé des emballages soutient ces actions et y participe avec un budget annuel pour la Flandre et la Wallonie de 17 millions d’euros. Bruxelles s’intégrera enfin à cette démarche dans le courant de 2017 afin de revêtir la Capitale de l’Europe d’une nouvelle image étincelante !

BECI se questionne donc sur la pertinence de détricoter le système de recyclage des PMC le plus efficace d’Europe pour essayer de répondre que très partiellement à une problématique tellement plus large que sont les déchets sauvages. 

 Cet article vous est proposé par Laurie Verheyen, Conseiller Economie Circulaire, le 31.05.2017.