Le tram sifflera 71 fois

6.000 entreprises directement impactées par son développement

La mobilité est le problème numéro des entreprises bruxelloises en termes de compétitivité. Avec en moyenne 87 heures perdues par an dans les embouteillages, les transports publics forgent l’ossature d’une solution plus efficace. Les investissements considérables qui y seront consenti dans les dix ans (en milliards) devraient permettre de désengorger la ville. Le hic ? Outre les nuisances liées aux travaux, encore faut-il produire le bon parcours.

511 millions d’euros, c’est le coût sociétal de la congestion dans et autour de Bruxelles selon les estimations développées dans le Livre Blanc sur la Mobilité, édité par BECI fin 2013. Mieux ? L’OCDE indique que les coûts liés à l’immobilité pèsent de 1 à 2% du PIB, soit l’équivalent de la croissance nécessaire afin de pérenniser l’emploi et de couvrir les frais des politiques publiques dans des Etats développés, tel la Belgique. Dire l’enjeu pour la capitale de l’Europe…

Parmi les 50 recommandations que délivrent le Livre Blanc, les premières portent sur le déploiement des transports en commun, colonne vertébrale de toute politique efficace. Force est de souligner les succès de la STIB qui connaît une croissance fulgurante – et depuis dix ans - du nombre d’utilisateurs. Du coup, l’infrastructure est arrivée à saturation. Avec les moyens nouveaux liés à la sixième réforme de l’Etat, une ligne de métro au nord devrait voir le jour dans les dix ans. Dix ans !

Entre-temps, le tram verra ses lignes prolongées et démultipliées en lieu et place de bus bondés. C’est notamment le cas du 71 qui va de Delta au centre-ville. Cette stratégie évolutive a ses adeptes, mais aussi ses détracteurs. Dans le cas du 71, le tram passera-t-il part des rues étroites, supprimant au passage les parkings en voirie ? Qu’adviendra-t-il de la circulation automobile ? Sera-t-elle bannie purement et simplement ? Pas moins de 6.000 indépendants et entreprises sont directement concernés par le futur tram 71, par une liaison reliant plusieurs grands pôles attracteurs à terme, mais à commencer par les embarras de circulation et les nuisances liées au chantier. Beaucoup de questions appellent des réponses précises.

C’est la raison pour laquelle BECI, associée à IZEO, adresse ses vœux, auprès des nouveaux décideurs bruxellois, pour que les inquiétudes, mais aussi les demandes et recommandations des indépendants et des entreprises soient entendues. BECI plaide pour que des solutions de mobilité complètes soient élaborées. La mobilité à Bruxelles est une chose trop importante que pour la laisser aux (seuls) ingénieurs, mais aussi aux (seuls) politiques. Si le futur tram 71 démontrera peut-être ses vertus, ce que nous souhaitons, il faudra aussi limiter ses coûts pour la société et plus particulièrement les entreprises.

 

Cet article vous est proposé par Xavier Dehan, Coordinateur du Centre de Connaissances de BECI, le 17.06.2014.

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