Le péage urbain - une idée controversée !

L’idée d’un péage urbain est au centre des débats sur l’accessibilité de Bruxelles. Depuis quelques années, le nombre de véhicules qui circulent dans et autour de Bruxelles est en forte hausse. Il et résulte une congestion quotidienne de plus en plus importante.

Les raisons de ces embouteillages permanents sont multiples. Il n’existe pas encore d’alternatives performantes en transports en commun comme le RER ou des connections entre la périphérie et le centre, ou encore des bonnes connections tangentielles autour de Bruxelles. Bruxelles connaît une densification de sa périphérie : entre 1996 et 2010 la ville a accueilli plus de 100.000 nouveaux habitants et se trouve en pleine explosion démographique. Il faut souligner l’importance grandissante de la navette: 54% des emplois à Bruxelles sont détenus par des navetteurs, parfois d’ailleurs des ex-bruxellois qui ont quitté la ville : environ 2/3 d’entre eux utilise la voiture pour venir travailler. Au sein de Bruxelles, la congestion est identique : 65% des déplacements intra bruxellois sont de moins de 5 km, mais seulement 2% des travailleurs bruxellois se déplacent en vélo. La vision urbanistique métropolitaine fait défaut : la localisation des logements et des bureaux sur le Ring témoigne d’une absence d’approche intégrée de l’urbanisme et de planification. On se déplace tous beaucoup plus souvent et beaucoup plus loin qu’il y a 10 ans. Des embouteillages permanents, mais aussi des problèmes de stationnement et de pollution, sont le résultat de cette explosion de la demande de mobilité individuelle.

Les villes sont particulièrement sensibles à cette explosion de la demande de mobilité. La congestion comporte également un coût en termes de temps perdu (temps supplémentaire nécessaire pour le voyage * valeur du temps) et de consommation de carburant. Actuellement, Bruxelles ne dispose d’aucune donnée sur le sujet. Par ailleurs, la Conférence Européenne des Ministres des Transport (CEMT, 1999) a établi des estimations de coûts d’embouteillages qui varient entre 0,75 et 2% du PNB européen. Une des mesures proposée pour contrôler la congestion est l’introduction d’un péage urbain ou d’une autre forme de tarification. Londres, Milan, Stockholm, plusieurs villes allemandes et des villes norvégiennes ont déjà établi un système de tarification.

Etant donné la gravité de la situation routière décrite ci-dessus, le péage urbain reste néanmoins très controversé. Un péage urbain performant a le potentiel de réduire l’impact négatif sur l’environnement (émissions de CO², dégradation de la qualité de l’air et augmentation des nuisances sonores) tout en transformant les comportements et la gestion du temps, en générant des revenus pour le financement des transports en commun et l’entretien des routes. Un péage peut mener à une réduction de la pression automobile, favoriser le développement de la mobilité durable tout en nous faisant gagner du temps et des moyens. Mais il y a aussi des désavantages importants : le péage urbain est difficile à mette en œuvrecoûteux et est peu apprécié du grand public. Le péage risque de déplacer la congestion vers d’autres routes voisines où la congestion sera intensifiée. Le péage urbain risque une délocalisation de certaines entreprises et une perte d’emplois. Aussi, un péage ne s’inscrit pas dans une logique «pollueur-payeur » - en tout cas pas aussi efficacement qu’une tarification intelligente – ce n’est pas la distance ou l’intensité de l’usage qui est pénalisé, uniquement l’accès à la ville. Par ailleurs, ils existent d’autres mesures alternatives qui sont plus faciles à appliquer et qui entraînent également une réduction des encombrements, comme: gérer la circulation par des feux modernes adaptés aux volumes de circulation, changer la politique de stationnement, créer des parcs relais (park&ride) à proximité de gares de trains ou des stations de métro en dehors des zones embouteillées, améliorer le système de services de transports en commun (la vitesse commercial, la fréquence,…), instaurer, dans certaines conditions, une tarification au kilomètre (à l’avenir avec le système Galileo )…

Cliquez ici pour retrouver la position de BECIun dossier complémentaire et un document reprenant les systèmes de péages dans différentes villes.

 

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