€2,4 milliards par an : le vrai coût de l’échec scolaire en communauté française

BECI soutient les propos du Ministre président Rudy Demotte et de la Ministre Marie-Dominique Simonet sur les échecs scolaires en rappelant que le coût réel de l’échec est nettement supérieur.

Entre 2000 et 2009, le redoublement dans l’enseignement secondaire francophone est passé de 10,4% à 13,7%. En comparaison, seuls 5,8% des élèves du secondaire de la Communauté flamande ont échoué en 2009-2010. Les élèves du sud du pays seraient-ils moins doués ou le système est-il mal conçu? Pour BECI, cette sanction scolaire est non seulement inefficace sur le plan pédagogique, mais elle est aussi excessivement coûteuse sur le plan sociétal. En effet, chaque échec coûte €52.500 euros à la collectivité! Le montant global peut être estimé à €2,4 milliards.

A l’heure où la Belgique cherche €22 à €25 milliards d’économies indispensables à l’assainissement budgétaire, chacun fait ses comptes. Et les chiffres de la Communauté française en matière d’enseignement alarment particulièrement BECI à la lecture des indicateurs de l’enseignement publiés par ETNIC (Entreprise publique des technologies de l’information et de la communication). Ceux-ci démontent l’échec de la pédagogie mise en place, une menace pour les ressources humaines des entreprises et un coût insupportable pour tous, selon Olivier Willocx, Administrateur-Délégué de BECI.

A la lecture des chiffres publiés, près d’un élève sur quatre en Communauté française présente déjà un retard scolaire à la fin du primaire. Dans le degré supérieur de l’enseignement secondaire, la proportion de « doubleurs » s’établit à 55% (en 5e) et à 60% (en 6e). « Mais c’est pire encore en Région bruxelloise », martèle Olivier Willocx, « où ces chiffres grimpent respectivement à 65% et à 70%. Autrement dit, deux élèves bruxellois sur trois auront perdu au moins une année avant la fin de leurs humanités, c’est inacceptable ! »

Du côté de l’enseignement professionnel, le tableau n’est guère plus réjouissant. 48% des élèves échouent au passage entre la troisième et la quatrième année (57,2% en Région bruxelloise). Sur ces 48%, il apparaît que 26,5% doublent (36,3% à Bruxelles), 8,6% optent pour l’enseignement en alternance (6% à Bruxelles) et 0,5% choisissent une formation spécialisée (0,3% à Bruxelles). Quant aux autres (soit 12,4% en CF et 14,4% à Bruxelles), on ignore malheureusement ce qu’il advient d’eux, ajoute le représentant des entreprises de Bruxelles.

« Diviser par deux le redoublement en Communauté française serait une opération où tous seraient gagnants » analyse Olivier Willocx.  Cette pratique pédagogique est inefficace pour l’enfant. Plutôt que l’électrochoc attendu, il provoque régulièrement démotivation, aliénation, manque de confiance en soi.

A Bruxelles, 1 jeune homme sur 3 entre 18 et 24 ans a quitté l’école sans diplôme. 65% des demandeurs d’emploi n’ont pas de qualification, ajoute l’administrateur-délégué de BECI.

En outre, le redoublement a aussi un coût financier non négligeable. Un parcours sans embûche d’un élève de la maternelle au secondaire supérieur coûte en moyenne à la Communauté française €71.200. Chaque année perdue représente entre €2.900 en maternel, €6.750 en secondaire, €8.200 en supérieur et jusqu’à €13.600 dans l’enseignement spécial. Pour l’année scolaire 2008-2009, le coût annuel global du redoublement dans l’enseignement de la Communauté française a été évalué à €366,5 millions (soit plus de 6% de son budget total).

« En ramenant le taux de redoublement en Communauté française à un niveau équivalent à celui de l’enseignement flamand, l’économie annuelle se chiffrerait à près de €200 millions. Ceci constitue une base financière confortable pour financer de nécessaires réformes  et une valorisation plus équilibrée du travail des enseignants », argumente Olivier Willocx. « Evidemment, il s’agit de procéder par étape dans la voie de la remédiation et des nouvelles formes d’enseignement » ajoute l’administrateur-délégué de BECI. « Des modèles existent en Europe, appliquons-les ! »

Dernière raison, la plus lourde de sens à l’heure des discussions budgétaires au niveau belge, « le coût indirect du redoublement est colossal ! », s’indigne le porte-parole des entreprises bruxelloises. « Une entrée plus tardive dans la vie active est un manque à gagner de €52.500 pour la collectivité par élève et par an » calcule Olivier Willocx. Soit le coût salarial moyen qui lui revient via les charges patronales et sociales, les impôts sur le revenu, les dépenses et les investissements individuels. « Avec 46.184 élèves qui ont doublé en 2008-2009, on compte ainsi une perte de €2,4 milliard par an ! »

Supprimer ou, à tout le moins, sensiblement réduire le taux d’échec est donc un enjeu fondamental de la Communauté française. D’abord pour alléger le poids de la collectivité porté par chacun, ensuite pour permettre une meilleure affectation des moyens financiers de l’enseignement, mais encore pour offrir aux entreprises, notamment celles implantées à Bruxelles, les ressources humaines indispensables dans une économie de services et, finalement, surtout pour Emma, Nathan, Camille, Enzo, Soumaya, Tarkan et tous nos jeunes qui méritent mieux que ça.

 

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Olivier Willocx,

Administrateur Délégué de BECI

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