Communiqué de presse

Anderlecht n’est pas une zone « No-go » (interdite d’accès)

BRUXELLES LE 3 DECEMBRE 2009 - Ces derniers temps, une psychose s’est créée autour de la commune d’Anderlecht : plus personne ne pourrait se promener dans les rues sans être agressé. Ces quartiers ne sont pourtant pas semblables aux favelas de Sao Paulo même s’ils connaissent de plus en plus de problèmes de criminalités, de pauvreté et d’absence de sens civique. Anderlecht n’est certainement pas une zone No-Go mais il est effectivement temps d’agir pour cette commune. L’organisation patronale Beci recommande donc un master plan pour ce “croissant pauvre” de Bruxelles.

Haute densité de population, taux de chômage élevé, pauvreté des ménages poignante et récurrente, logements sociaux et privés délabrés et désertés, violences physiques et verbales, gangs dans les rues, vols de voitures … Tout cela à un jet de pierre du centre de la capitale de l’Europe. Ce cocktail explosif mixant problèmes sociaux, économiques et violence crée un sentiment d’insécurité justifié auprès de la population. Ces problèmes ne sont cependant pas neufs et ne se sont pas soudainement aggravés. Ils existent déjà depuis longtemps, trop longtemps.

Les défis à relever et les besoins sociaux de cette zone de la capitale sont sans doute plus importants qu’ailleurs mais la volonté d’action des autorités pour résoudre ces problèmes est paradoxalement beaucoup plus faible que pour les autres communes. Il n’y a aucune approche globale de solutions à ces défis. Réduire la situation de ces quartiers à un problème local d’insécurité et de sous-effectif de la police, c’est fermer les yeux sur l’impact global de ces faits à Bruxelles qui ne vont à terme que s’aggraver.

Avec 105 000 habitants, Anderlecht est plus grand que Louvain ou Bruges. Une grande partie de cette commune est très verte, prospère et ressemble à sa voisine, la commune de Dilbeek. Mais une autre zone d’Anderlecht comprenant les quartiers aux alentours de Cureghem, forme ce que l’on appelle « le croissant pauvre » de la Région de Bruxelles – Capitale. On a tendance à stigmatiser la situation d’Anderlecht alors que ces mêmes problèmes surgissent également dans d’autres communes de Bruxelles comme Molenbeek, Bruxelles – Ville, Forest, Saint-Gilles, Saint Josse et Schaarbeek.

Ce phénomène d’appauvrissement des quartiers autour du centre- situation unique en Europe- est la conséquence d’un exode progressif et massif du centre-ville vers les quartiers périphériques plus verts … et de l’absence de réaction des politiques face à ce phénomène. Cette « exode » des années ‘70 et ‘80 a paupérisé des quartiers autrefois aisés, qui vidés de leur population se sont remplis d’immigrés et de personnes avec des revenus plus modérés. Outre la paupérisation de leur population, ces communes connaissent également depuis des années une absence de gestion et de prise en compte de leur situation par les autorités. Il y a un besoin urgent d’un master plan social autour de ce « croissant pauvre » de Bruxelles. Un plan avec des perspectives globales de société incluant la sécurité des habitants et des opportunités pour les sociétés et les commerçants.

Mais réduire cette commune à une zone « No-Go », à un Bronx des années 2000 dans laquelle les commerçants se font agressés et où il est dangereux de se promener la nuit est faire preuve d’un populisme malsain qui dessert ceux qui, chaque jour, se battent corps et âme pour relancer, redynamiser, repeupler ces quartiers. En effet Anderlecht vit et évolue aussi avec un dynamisme étonnant. Chaque semaine, c’est près de 100 000 personnes qui se pressent au marché des Abattoirs d’Anderlecht, les Caves de Cureghem sont devenues un lieu de référence pour les manifestations prestigieuses, un hôtel de luxe vient d’être construit dans le quartier, un restaurant a obtenu l’année passée une étoile dans le Guide Michelin, des sites ont été érigées, des zones urbanisées. Habitants, commerçants, sociétés, tous font ce qu’ils peuvent pour redonner un visage humain à ces quartiers et prouver qu’une vie y est bien possible. Le meilleur exemple en est le gigantesque projet économique de la zone autour de la gare du Midi, et ce malgré le problème important de sécurité de ce coin.

L’absence tant de vision au niveau des autorités communales que de budget au niveau fédéral est à l’origine de l’enlisement du problème. Il est vital que ces deux niveaux de pouvoir développent une vision commune et globale de l'aménagement du territoire, des politiques urbaines, de logement, de mobilité avec une administration financière saine. Tant le local que le fédéral ont échoué à créer un cadre dans lequel des lignes d’actions claires auraient pu être définies.

Il est donc urgent de mettre en place pour ces quartiers un master plan social et économique. La dualisation croissante de la capitale ne profite à personne. Une capitale brillante et prospère, moteur de l'économie belge, est dans l'intérêt de tous en Belgique. Un master plan qui se fonde sur une vision claire engendrant un plan d’action dynamique, motivant et précis ainsi qu’un budget dont tous les intervenants prennent leur responsabilité... Ces quartiers « problématiques » doivent être le point de départ, le déclencheur d’un renouveau urbanistique. Il faut bâtir sur nos acquis et notre potentiel avec l’apport innovateur et créatif de nos entrepreneurs locaux, de nos artistes, de nos architectes, de nos urbanistes. Bruxelles est riche de ses talents et ces situations difficiles peuvent être à l’origine du succès de notre capitale. Ce succès passera d’ailleurs par l’enseignement qui est à la base de tout progrès social.

BECI demande donc aux autorités de trouver une solution structurelle aux problèmes de ces quartiers bruxellois. BECI veut être le partenaire d'un climat économiquement et socialement sain à Bruxelles, y compris dans le croissant pauvre.

 

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A propos de BECI

BECI (Brussels Enterprises Commerce & Industry) est l’alliance entre la Chambre de Commerce et l’Union des Entreprises de Bruxelles. BECI représente 2/3 de l’emploi bruxellois et compte plus de 35.000 entreprises membres. BECI défend les intérêts individuels et collectifs des entreprises bruxelloises et leur offre une vaste gamme de services.

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