28.02.2018

Business-to-government : mieux faire à Bruxelles

41 % des marchés publics sont attribués aux entreprises locales

Peu nombreuses sont les entreprises qui s’imaginent pouvoir vendre leurs compétences, biens et services aux pouvoirs publics. Sans doute est-ce dû à un manque de connaissance entre deux mondes ou à une appréhension par rapport aux conditions d’accès. Pourtant, les marchés publics européens représentent une valeur globale de 420 milliards d’euros pour 460.000 appels d’offres. Au niveau belge uniquement, la commande publique porte sur plus de 50 milliards, soit 10 à 15 % du PIB, pour environ 20.000 appels.

À Bruxelles, une récente étude commandée auprès du VITO et plus spécifiquement orientée sur l’économie circulaire, met en exergue que sur les 3.233 marchés bruxellois de l’année 2016, seuls 56 % comptent la soumission d’une entreprise bruxelloise et 41 % obtiennent le marché et le mettent en œuvre[1]. Pour la Région bruxelloise et Beci, c’est insuffisant. C’est pourquoi la fédération interprofessionnelle a obtenu un subside dont l’objet vise à informer et sensibiliser les PME locales à la compréhension des règles et aux opportunités de faire affaire avec les institutions régionales et locales.

« La Région bruxelloise doit être acquise aux bienfaits des marchés publics en vue de stimuler le développement économique local », souligne Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci. « C’est le sens du soutien donné à Beci et ses partenaires à travers le 2e appel à projets en accompagnement des entreprises, prévu dans le Small Business Act » relève Didier Gosuin, Ministre bruxellois de l’Économie. Avec la Confédération Construction, Agoria, le consultant BDO et le cabinet d’avocats CMS De Becker, le but est d’informer, sensibiliser et accompagner les PME.

Il faut avouer que c’est une matière de prime abord complexe. « C’est pourquoi, l’une des priorités du Small Business Act est de faciliter l’accès des PME aux marchés publics. Concrètement, nous avons sorti une liste verte des entreprises bruxelloises ayant réalisé avec succès des marchés publics et nous allons publier le premier Guide des bonnes pratiques dans les marchés publics. C’est avec des outils didactiques de ce type qu’on parvient à convaincre tant les pouvoirs publics que les entreprises,» indique encore Didier Gosuin. « La nouvelle réglementation offre des possibilités, en ce compris pour les petites entreprises pour autant qu’on les sensibilise et qu’on les forme », analyse le porte-parole de Beci. Un programme de huit séminaires[2], un helpdesk via le 1819 et un programme de communication sont mis en place à cet effet.

Au passage, on notera les efforts récents et marqués tant du fédéral, via la plateforme e-Procurement, que de la Région pour laquelle l’agence de simplification administrative Easybrussels a permis l’adoption d’une circulaire régionale s’imposant à toutes les administrations régionales. Cette dernière oblige l’inscription de tout marché de plus de 30.000 euros HTVA sur la plateforme fédérale afin de créer des chances pour les PME d’identifier et de répondre aux demandes, favorisant de meilleures offres, de meilleurs prix et plus d’innovation dans les services et travaux proposés. « Nous espérons que les communes bruxelloises suivront bientôt le mouvement ! », commente Olivier Willocx.

 

1 http://www.circulareconomy.brussels/le-rapport-de-letude-economie-circulaire-et-marches-publics-a-bruxelles-est-maintenant-disponible/

2 http://www.500.be/fr/training/les-nouvelles-regles-en-matiere-de-marches-publics