Les entreprises sont-elles encore les bienvenues à Bruxelles ?

Dans son PRAS, Bruxelles sacrifie 20 pour cent des terrains industriels pour en faire des zones d’extension de l’habitat.

Les entreprises sont-elles encore les bienvenues en Région bruxelloise ? Telle est la question que posent la fédération technologique Agoria, l’organisation d’entreprises BECI, la fédération du commerce et des services Comeos, la Confédération Construction Bruxelles-Capitale, la fédération de la chimie essenscia Bruxelles et la fédération de l’industrie alimentaire Fevia à la lecture du projet de Plan Régional de l’Affectation du Sol (PRAS).

Le Gouvernement bruxellois y a réservé plus d’un cinquième des terrains industriels actuels pour des zones d’extension de l’habitat. « Nous comprenons que le gouvernement recherche des solutions au défi de la population, mais pourquoi ne prévoit-il pas des alternatives telles que la densification urbaine et la transformation des bâtiments vides en habitations ? Sacrifier des terrains industriels ne fera qu’aggraver le problème du chômage au sein de la Région », constatent les fédérations bruxelloises.

Le Gouvernement bruxellois revoit actuellement le Plan Régional de l'Affectation du Sol (PRAS) de 2001. Dans ce plan, les différentes fonctions de tous les quartiers de la ville (habitat, industrie, bureaux,…) sont fixées. Le plan délimite également les différents quartiers et détermine ce qui peut y être fait. Chaque permis d’urbanisme doit y être conforme.

La principale raison présidant à la révision du PRAS, c’est ‘le défi de la croissance démographique dans la région’. La région souhaite augmenter le nombre d’écoles et d’habitations. Agoria, BECI, Comeos, la Confédération Construction Bruxelles-Capitale, essenscia Bruxelles et la Fevia trouvent qu’il est positif que le Gouvernement bruxellois recherche des solutions à ce défi, mais s’étonnent de la manière dont il le fait. Les entreprises risquent d’en faire les frais. Dans le plan établi par le gouvernement, des zones d’activité industrielle sont sacrifiées pour des logements. Au total, ce sont 175 hectares qui sont réservés à des zones d’habitat potentielles. À titre de comparaison, notons qu’entre 1979 et 2001, la région a déjà supprimé plus de 100 ha de zones d’activité industrielle sans aucune compensation.

 

Quid du défi du chômage ?

« Pourquoi le gouvernement ne recherche-t-il pas des alternatives ? », s’interrogent les fédérations. « La région doit d’abord étudier des pistes telles que la densification de quartiers urbains, l’augmentation de la hauteur des bâtiments et la transformation d’immeubles (vides) dans des zones résidentielles existantes ».

Les fédérations patronales bruxelloises soulignent qu’une analyse approfondie de l’impact socio-économique fait actuellement défaut dans le projet de nouveau plan d’affectation. Or, le traitement prioritaire réservé à la fonction habitat a inévitablement des conséquences pour la fonction économique.

Les fédérations s’inquiètent à cet égard de la difficile conciliation de la fonction d’habitat avec la fonction industrielle et de la transformation de zones industrielles urbaines en zones mixtes comportant aussi bien des entreprises que des habitations. La valeur des terrains dans ces zones sera adaptée à la fonction la plus chère, à savoir la fonction de logement. De ce fait, certaines entreprises risquent de choisir de valoriser cette plus-value et de quitter leurs terrains. Pour les entreprises qui recherchent un site pour développer des activités économiques, ces terrains deviendront alors trop coûteux. Les employeurs insistent pour qu’un mécanisme de compensation soit prévu : les terrains industriels perdus doivent être compensés à d’autres endroits de la région.

Ils demandent aussi le maintien de la fonction industrielle exclusive des pôles d’activité industrielle ‘OTAN’ à Haren et ‘Biestebroeck’ dans la zone du canal. Les fédérations ne comprennent pas pourquoi l’affectation de ces deux zones dans la périphérie de la région est modifiée en zones dites mixtes.

Le maintien d’entreprises industrielles fortes en Région bruxelloise est essentiel pour aborder avec succès le défi du chômage, concluent Agoria, BECI, Comeos, Confédération Construction Bruxelles-Capital, essenscia Bruxelles et Fevia.

 

À propos des fédérations patronales à Bruxelles :

Agoria est la fédération de l’industrie technologique. Dans la Région bruxelloise, l’industrie technologique compte plus de 300 entreprises qui occupent ensemble quelque 31.000 personnes, soit près de 10% de l’emploi dans le secteur privé.

BECI (Brussels Enterprises Commerce & Industry) est issue du partenariat entre la Chambre de Commerce et l’Union des Entreprises de Bruxelles. BECI représente les deux tiers de l'emploi à Bruxelles et compte plus de 35.000 entreprises membres.

Comeos est le porte-parole du commerce et des services en Belgique. À Bruxelles, les membres de Comeos sont actifs au sein de dix-huit secteurs qui représentent ensemble 7,5 pour cent du PIB et occupent quelque 60.000 personnes.

Confédération Construction Bruxelles-Capitale est la section régionale bruxelloise de la Confédération de la Construction. La Confédération défend les intérêts des entreprises du secteur de la construction auprès du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale.

Essenscia Bruxelles est la section régionale pour la Région de Bruxelles-Capitale de la fédération belge de l’industrie chimique et des sciences de la vie. Elle compte plus de 160 entreprises. Elles occupent ensemble plus de 5.000 travailleurs.

Fevia est la fédération de l’industrie alimentaire. Au sein de la Région de Bruxelles, l’industrie alimentaire compte plus de 340 entreprises (boulangeries comprises), qui occupent ensemble environ 3.500 personnes et réalisent un chiffre d’affaires de 1,2 milliard euros.

 

Renseignements :

René Konings

Responsables Relations publiques à Agoria

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