Communiqué de presse - 05.01.2017

Mobilité bruxelloise : le baromètre s’affole !

La mobilité reste la priorité numéro 1 des entreprises à Bruxelles. Rien de neuf. Sauf que cette préoccupation prend des proportions inattendues.

« En termes de mobilité, tous les indicateurs du dernier baromètre Beci sont de plus en plus dans le rouge, avec des écarts impressionnants par rapport à l’édition précédente. Plus que jamais, la mobilité est la préoccupation majeure des sondés, toujours plus nombreux à juger qu’il s’agit là du thème ultra-prioritaire », déclare Ischa Lambrechts, Conseiller Mobilité chez Beci.

Comment la circulation dans et autour de Bruxelles a-t-elle évoluée en 2017 comparativement à 2016 ? 87,02 % des répondants estiment que la situation a empiré par rapport à 2016. En juillet 2017, « seulement » 76,58 % des répondants partageaient cet avis.

Concernant la politique régionale de mobilité à Bruxelles, 67,88 % des sondés se déclarent totalement insatisfaits, contre 57,34 % en juillet 2017. Quant à la politique fédérale de mobilité, son appréciation se dégrade également dans des proportions importantes. 48,29 % des répondants se disent totalement insatisfaits, contre « seulement » 41,14 % en juillet 2017. Par ailleurs, 70,02 % des répondants se déclarent totalement insatisfaits de la gestion des travaux par la Région de Bruxelles-Capitale. Quand on interroge les entreprises sur le thème prioritaire d’intervention dans la commune où elles travaillent, là encore, la mobilité occupe de loin la première place, avec 34,13 %, largement en tête devant la propreté (13,39 %), l’organisation des chantiers (12,74 %), le parking (12,53 %) ou la sécurité (10,80 %). 

Quels sont les trois thèmes à traiter en priorité par le gouvernement bruxellois ?

Sur cette question, on assiste à d’importants glissements de tendance. La mobilité qui était déjà à un score jamais atteint de 65,5 % a encore augmenté pour passer à un nouveau record de 72,7 %. La propreté fait un bond impressionnant et s’invite à la deuxième place, avec 27,5 %. La troisième place reste occupée par la simplification des procédures administratives à 25,2 % (contre 33,7 % précédemment).

On constate depuis 10 ans une légère diminution du nombre de véhicules en circulation à Bruxelles, mais il y a plus d’embouteillages (un allongement quotidien de 44 minutes par rapport à une situation de fluidité). Les raisons de cette augmentation ? Les nombreux projets de réaménagement des espaces publics, la gestion des feux, la rénovation des infrastructures bruxelloises... Le nombre de chantiers a été multiplié par 10 sur les 5 dernières années.

« Le résultat record de la mobilité est sans nul doute la traduction de problèmes irrésolus et d’une incapacité à les surmonter de manière satisfaisante, couplée à une gestion de chantiers erratique, comme l’actualité a pu l’illustrer. La congestion impacte non seulement les habitants et les navetteurs mais aussi les transports publics en surface, le Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente et le transport de marchandises », assène Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci.

Beci déclare que tout cela continuera d'avoir un impact négatif pour l’économie bruxelloise et rend Bruxelles moins attrayante comme lieu d’établissement pour les entreprises, mais aussi pour le recrutement de personnel. Les entreprises éprouvent des difficultés à trouver du personnel en raison des problèmes de mobilité. 

Vision

La mobilité ne devrait plus être un souci pour les entreprises installées à Bruxelles, appelées à concentrer leurs énergies et leurs ressources sur leur cœur de métier, au bénéfice de l’emploi, de l’économie et du bien-être à Bruxelles. La priorité doit être accordée à une intermodalité parfaitement intégrée entre les différents acteurs. La coordination et la coopurs énergies et leurs ressource et les acteurs privés doivent figurer dans le haut de l’agenda.

Gouvernance :

  1. Planifier et budgéter une stratégie mobilité & infrastructures à 15 ans minimum (nouveau plan régional de mobilité) ;
  2. Intégrer ce plan à la stratégie 2025 pour un suivi sur plusieurs législatures ;
  3. Améliorer la gestion des nuisances des chantiers : l’organisation et la coordination des travaux de voirie doivent permettre aux usagers de l’espace public d’anticiper les impacts des chantiers.

Financement :

  1. Profiter des caméras Low Emission Zone pour mettre en place une tarification kilométrique intelligente des véhicules légers. Étant donné que les problèmes de congestion transcendent les frontières de la ville et revêtent une dimension inter-régionale, les trois régions instaurent simultanément le système présentant une uniformité tarifaire ;
  2.  « Verduriser » la fiscalité automobile ;
  3. Créer un fonds en charge de la gestion et des investissements d’infrastructures ;
  4. Budget mobilité et plan cafétéria : relancer le débat tant au fédéral qu’au régional pour la mise en place de dispositifs induisant une amélioration sensible et durable de la mobilité.

Infrastructures :

  1. Concrétiser et lancer la mise en œuvre opérationnelle et financière des projets d’infrastructures : métro Nord, Sud, Bruxelles-Aéroport, tunnels, viaducs, réseaux structurants de pistes cyclables à Bruxelles et en périphérie…
  2. Créer des parkings de dissuasion en périphérie bruxelloise pour encourager le transfert modal.

Offre :

  1. Étendre l’offre de transport en commun à court terme par des partenariats publics-privés ;
  2. Concrétiser une intégration plus aisée des services mobilité publics et privés ;
  3. Mobilité comme service : moderniser la législation relative au transport de personnes pour permettre l’entrée de nouveaux acteurs et rendre les alternatives existantes enfin compétitives, au bénéfice de la mobilité ;
  4. Repenser la politique de stationnement comme un outil d’incitation aux alternatives à l’utilisation de la voiture individuelle.