Communiqué de presse - 12.05.2015

Oui à la diversité en entreprise !

L’interdiction de discriminer est contre-productive selon BECI

BECI a pris connaissance avec attention de la récente proposition de résolution visant à introduire des contrôles ciblés relatifs à la lutte contre la discrimination sur le marché du travail présentée par la majorité fédérale. A l’analyse, Thierry Willemarck et Jean-Claude Daoust, respectivement Président de Beci et Président de la Commission Sociale de BECI, regrettent « que la discrimination soit traitée uniquement dans le seul champ professionnel alors que son inscription, dans toute la société, demande une approche globale ».

La résolution vise à sanctionner les entreprises et non les clients qui peuvent faire une demande discriminatoire. Ces derniers se situent en dehors du champ de l’entreprise et BECI regrette ainsi qu’il n’y ait pas une approche exhaustive de la discrimination. « On ne croit pas dans une politique de sanctions, mais bien davantage dans celle « d’actions positives » qui, notamment par des voies pédagogiques, modifient les perceptions et les préjugés et, de facto, les comportements » précise Willemarck et Daoust.

Dans cette perspective, BECI a déjà mis en place plusieurs outils, qui, comme indiqué par la proposition de résolution, sont autant de moyens d’autorégulation : cellule diversité pour accompagner les entreprises, programme de séminaires et de formations, diagnostics et conseils, articles d’information et de sensibilisation, travail auprès des directions de ressources humaines et à travers les Job Days. Bref, un arsenal de mesures considérables que ne ferait qu’encombrer des sanctions contre-productives.

C’est pourquoi, BECI déplore certains moyens proposés par la résolution et plus particulièrement les mécanismes de contrôle. « L’interdiction de discriminer n’augmente pas la diversité. Au contraire, un mécanisme de contrôle peut, indirectement, renforcer ou créer un préjugé négatif » souligne encore ses porte-paroles. Car si cette interdiction existe depuis 35 ans (à travers divers textes de loi), les résultats récents (monitoring socio-économique notamment) montre bien qu’elles ne modifient par les chiffres.

Ces chiffres aujourd’hui montrent des différences significatives, sur le marché de l’emploi, chez plusieurs groupes issus de la diversité :

  • Les personnes d’origine étrangère ont un taux d’emploi entre 38 et 53 % selon le groupe d’origine contre 74 % chez les personnes d’origine belge.
  • Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap est seulement 40,7 % contre 66,4 % chez les personnes sans handicap
  • Un tiers des inscrits auprès d’Actiris a plus de 45 ans
  • Quant aux données en matière de genre, elles montrent toujours l’existence du plafond de verre ainsi que des écarts salariaux entre 10 et 22 %.

Afin de pouvoir modifier ces chiffres et développer la diversité, il est important de comprendre la genèse de la discrimination. « Contrairement à ce qu’on croit, la discrimination ne résulte pas majoritairement d’un racisme pur et dur. Si c’était le cas, il est probable que les chiffres de vote d’extrême droite correspondraient aux chiffres de la discrimination ; ce qui n’est heureusement pas le cas » ajoutent encore le Thierry Willemarck et Jean-Claude Daoust.

La discrimination résulte d’une construction sociale qui crée des habitudes sociales et des comportements monolithiques. Ainsi, des trajectoires sociales « mono-culturelles » peuvent engendrer des pratiques sociales – et des pratiques RH - « mono-culturelles » sans qu’il y ait aucune intention malveillante. C’est pourquoi, certains comportements discriminatoires sont parfois silencieux ; ils sont même, pour une part, inaudibles dans l’interaction discriminante et peuvent rester invisibles à ceux même qui les posent.

Aussi, BECI déplore vivement les moyens proposées par la résolution et appelle à une concertation avec les organisations patronales pour un développement de la diversité dans tous les champs sociaux : politique, économique, éducatif, culturels et sportifs,…

Pour plus d'informations :
Olivier Willocx – 0475 513 158

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