Pacte de compétitivité : premiers pas dans la bonne direction, mais pas de véritable choc de compétitivité

Il faut exclure une opération blanche

Le gouvernement fédéral est parvenu à un accord concernant un pacte de compétitivité. Sur la base des premières informations disponibles, les organisations d’employeurs estiment que cet accord franchit quelques pas supplémentaires en vue de stimuler la compétitivité des entreprises belges. Elles considèrent toutefois que les mesures adoptées ne sont pas suffisantes pour réduire de manière significative le handicap des coûts salariaux de 16,5%. Il n’est pas question pour l’instant d’un réel choc de compétitivité. D’autres mesures doivent donc suivre afin de résorber entièrement ce handicap et de rendre nos entreprises véritablement compétitives.

Quelques premiers constats :

1. La nécessaire réforme de la loi de 1996 sur la compétitivité reste un volet important pour les employeurs. À défaut d’une initiative législative en ce sens, la réalisation effective des objectifs fixés sera incertaine. Il faut en outre absolument veiller à ce que la baisse de TVA et la réduction de charges n’accroissent pas la marge disponible pour des augmentations salariales.

2. La baisse de la TVA sur l’électricité a un effet limité pour les entreprises. Il faut avoir des garanties fermes que cet effet ne sera pas annulé par une augmentation des taxes sur l’énergie aux autres niveaux de pouvoir.

3. En matière de réduction de charges, des engagements sont pris pour les prochaines années. Aucune réduction de charges supplémentaire n’est prévue pour 2014 et les enveloppes pour les années 2015 et suivantes sont limitées et étalées. Cela n’est pas de nature à attaquer en profondeur le problème de la compétitivité. Cette réduction de charges doit bénéficier à TOUS les secteurs et entreprises. En outre, ces engagements doivent faire l’objet d’un ancrage juridique, afin qu’ils soient garantis et ne dépendent pas de considérations et d’une décision d’un prochain gouvernement. Le financement alternatif de la réduction de charges ne peut résulter en une augmentation de charges pour les entreprises.

4. Il est prématuré de garantir, dans le cadre de ce plan, la complète liaison au bien-être des allocations sociales pour les prochaines années, certainement durant une période où la modération salariale doit être maintenue.

5. Bien que les organisations d’employeurs soient convaincues de l’importance de la formation, elles déplorent que l’on veuille imposer à nouveau des obligations et efforts complémentaires dans ce domaine, alors que le rapport d’experts de juillet 2013 et les chiffres émanant de l’Europe montrent à suffisance que les employeurs investissent d’ores et déjà plus de 1,9% de la masse salariale dans la formation de leurs travailleurs. Il faut s’atteler à une politique de formation qui encourage et soutienne les entreprises, s’axe sur une formation plus ciblée et prenne en considération d’autres indicateurs que le traditionnel coût de la formation. Les partenaires sociaux ont récemment encore émis un avis unanime en ce sens.

En fonction des informations supplémentaires qu’elles recevront et de l’exécution concrète donnée à ces mesures par les gouvernements compétents, les organisations d’employeurs affineront plus avant leur position et feront connaître celle-ci.


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