Communiqué de presse - 08.05.2017

Proposition de mobilité pour Bruxelles : Fact Check - le Conseil Économique et Social de la RBC avait bel et bien formulé un avis sur la mesure obligatoire avancée par le ministre bruxellois Pascal Smet

Cela se passe lors du programme ‘De Zevende Dag’ (qui, le dimanche à la VRT, passe en revue l’actualité de la semaine écoulée). Le 7 mai dernier, le Ministre Smet y affirmait que le Conseil Économique et Social de la Région de Bruxelles Capitale (la CESRBC, où les organisations des employeurs et des travailleurs sont représentées) n’avait pas formulé de remarques quant à sa proposition de mesure en faveur de la mobilité. Ladite mesure veut obliger les entreprises de plus de 100 travailleurs à offrir un abonnement de transports en commun ou un vélo en tant qu’alternative à la voiture de société. Or, la CESRBC a bel et bien émis un avis à ce propos.

« Les commissions de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et de l’Environnement de la CESRBC ont, en date du 7 décembre 2016, formulé des remarques sur cette mesure contraignante. Ces remarques ont ensuite été approuvées en session plénière, le 22 décembre », affirme Ischa Lambrechts, Conseiller Mobilité chez BECI et Président de la Commission de l’Aménagement du Territoire et de la Mobilité.

« Cet avis déclare explicitement que certaines entreprises restent très difficilement accessibles par les transports en commun. D’où la demande insistante de prévoir des alternatives sérieuses et praticables, en complément des mesures prises pour réduire la pression automobile sur le réseau routier », précise Ischa Lambrechts.

Cet avis ajoute que, pour les cas où les transports en commun se révèlent insuffisants ou inexistants, il serait judicieux de créer un fonds bruxellois pour les navetteurs, destiné à financer les initiatives des entreprises en matière de mobilité durable. Certaines entreprises sont en effet obligées d’organiser elles-mêmes les trajets jusqu’à leur porte, face au défaut des transports publics à assurer ce service.

Il est donc inexact d’affirmer que les organisations d’employeurs et de travailleurs n’ont pas formulé de remarques à l’encontre de cette mesure.

« La mesure en question ne va pas résoudre le problème de la mobilité à Bruxelles. Elle est unilatérale et génère de ce fait une charge sociale supplémentaire pour les entrepreneurs bruxellois. Or, le gouvernement bruxellois n’est pas compétent en la matière, car c’est une matière fédérale. Voici deux ans que nous répétons que la congestion du trafic est un des principaux motifs pour lesquels des entreprises envisagent de se délocaliser hors de Bruxelles. Il y a belle lurette que nous plaidons pour des solutions concrètes. Il faut s’occuper de l’infrastructure inadaptée : nous avons besoin de transports en commun performants, de la mise en place de parkings de dissuasion, de l’aménagement d’itinéraires cyclistes régionaux, d’un RER entièrement opérationnel, de l’instauration d’une taxe kilométrique intelligente etc. », martèle Olivier Willocx, administrateur délégué de BECI.