Réaménagement des boulevards du centre : la réduction de leur gabarit routier menace l’activité économique

BECI, l’Union des Classes Moyennes, le Groupement des Commerçants du Centre Ville et les autres associations commerçantes du centre ville, viennent de prendre connaissance par l’intermédiaire de la presse, de la mesure unilatérale de la Ville de Bruxelles, visant la réduction des boulevards du centre à une bande de circulation dans chaque sens et le marquage d’une piste cyclable sur toute la longueur de l’artère commerçante, soit de la place Rogier au boulevard du Midi.

Sans remettre en cause l’opportunité d’une requalification qualitative des boulevards du centre, qu’il appelle de tous ses vœux, l’ensemble des milieux économiques concernés regrette l’absence totale de concertation et la politique brutale du fait accompli de la Ville de Bruxelles. Il souhaite dénoncer la congestion majeure du trafic ainsi occasionnée. Des comptages effectués permettent ainsi d’évaluer le rallongement du temps de trajet de 15 à 30 minutes, selon les cas et cela tout au long de la journée.

Et de rappeler l’absence de circulation de transit non conforme à la réalité de la fréquentation quotidienne des boulevards par un public se dirigeant vers le centre-ville ou une clientèle de commerces, issue de la seconde couronne, de la périphérie et des autres arrondissements du Brabant et se déplaçant, en voiture. Ce risque est d’autant plus grand qu’il n’existe pas de solution alternative en termes de transport modal.

Une bonne accessibilité par tous les modes de transport, y compris la voiture, est une exigence de base pour la prospérité des pôles commerciaux à vocation supra locale. Economie, Emploi et Mobilité sont intrinsèquement liés. Si les personnes et les marchandises sont en situation d’atteindre facilement les artères commerçantes, le dynamisme économique peut se développer. A l’inverse, une accessibilité insuffisante ne peut que susciter des dommages tels que une diminution de la capacité concurrentielle, le retard des livraisons, des délocalisations et fermetures de commerces, une augmentation du nombre d’heures perdues par les citoyens, une augmentation du stress au niveau des conditions de travail.

L’inaccessibilité des activités économiques riveraines ou situées dans le Pentagone ne recueille pas l’adhésion ni des entreprises, ni des commerçants et de nombreux riverains. A l’heure de la période d’austérité et de difficultés conjoncturelles actuelle, aucun argument d’ordre fonctionnel sur le plan de l’emploi et de l’activité économique ne permet de justifier une telle démarche de la part de la Ville de Bruxelles.

Par ailleurs, l’accroissement de la congestion du trafic automobile suscitée par les voitures engluées dans la congestion de la circulation, ou suite à un incident quelconque lié aux livraisons en double file, ou à la pratique du tourne à gauche bloquant le trafic dans les deux sens ou encore, les voitures tournant à la recherche d’un emplacement de parking, provoquera une nette augmentation de la pollution atmosphérique dans le quartier.

Sur le plan économique, les mesures restrictives de gabarit des boulevards risquent à terme de dissuader les usagers chalands habituels comme occasionnels, et détourneront du centre-ville une clientèle fortement convoitée par les nombreux pôles commerciaux excentrés plus accessibles en voiture. De telles mesures vont à l’encontre des principes du Schéma de Développement Commercial de la Région de Bruxelles-Capitale, qui prévoit la dynamisation des pôles commerciaux du Pentagone, mais aussi de la politique régionale des subsides visant à revitaliser les quartiers commerciaux du centre-ville.

 

Propositions

Les représentants des milieux économiques demandent l’arrêt des travaux prévus, le temps de réaliser une étude d’impact socio-économique et au minimum d’instaurer un dialogue de concertation visant à tenir compte des besoins spécifiques des fonctions économiques.

Ils demandent également une cohérence avec les divers plans mis en œuvre par la Région de Bruxelles-Capitale, notamment en termes de schéma de développement commercial et de mise à l’emploi des bruxellois.

Contact

UCM : Francine Werth, Secrétaire patronale Bruxelles - 0473 98 55 64

GCCB : Jacques Indekeu - 0475 25 60 54

BECI : Pierre Thonon, Administrateur Directeur général - 0473 95 59 59

Fédération Horeca Bruxelles : Yvan Roque, Président - 0473 94 93 98

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BECI (Brussels Enterprises Commerce & Industry) est issue du partenariat entre la Chambre de Commerce et l’Union des Entreprises de Bruxelles. BECI représente les deux tiers de l'emploi à Bruxelles et compte plus de 35.000 entreprises membres. BECI défend les intérêts individuels et collectifs des entreprises bruxelloises et leur propose un éventail étoffé de services.