Communiqué de presse - 20.04.2015

« Une mauvaise coordination du plan de circulation à Bruxelles provoquera un trafic chaotique »

Bruxelles, 20 avril 2015. Dans une réponse conjointe, l'organisation de la mobilité Touring et BECI, la Chambre de Commerce de Bruxelles, mettent en garde les autorités bruxelloises au sujet du trafic chaotique qu'entraînera le nouveau plan de circulation. Les organisations soutiennent le principe qui vise à rendre la ville plus habitable, mais en raison du manque de coordination entre la ville et la région, le projet risque d'être confronté à un échec. Ceci vient principalement du fait que les rues environnantes et la petite ceinture ne sont pas optimisées pour pouvoir absorber l'ensemble du trafic qui sera interdit dans le centre. Les deux organisations ne comprennent pas que l'optimisation de la situation actuelle ne soit pas la première priorité, afin de pouvoir assurer l'acheminement du trafic en utilisant des alternatives et en se débarrassant des goulets d'étranglement bien connus, avant d'interdire tout trafic dans le centre-ville. La fragmentation des compétences concernant la mobilité résultera une fois de plus en davantage d'inefficacité, de congestion et de pollution.

Est-ce que tout doit être pensé en fonction des voitures ? Non, disent BECI et Touring. Mais c'est une utopie de penser que les véhicules disparaîtront si on condamne les rues. Un projet de cette importance mérite une meilleure coordination. Dans toutes les grandes villes, on se contente de fermer un axe principal, en pensant que les problèmes qui en résultent se résoudront d'eux-mêmes. Si l'on ne met pas au point des solutions de rechange fiables* sur le terrain, la situation actuelle déjà chaotique de la circulation risque d'encore s'aggraver. Un plan de circulation sans alternatives ne fonctionnera pas.

Touring et BECI ont l'impression qu'il y a beaucoup de discussions dans la région de Bruxelles-Capitale, mais qu'en termes de solutions de rechange pour les conducteurs, peu d'avancées concrètes sont réalisées sur le terrain.

En outre, la politique provient d'un raisonnement inverse, qui résulte en un empirement du trafic à chaque intervention. Celui-ci consiste à prendre les mesures les plus « faciles » en vue d'épuiser le trafic, telles que la réduction de moitié de la capacité routière, le rétrécissement des voies de circulation, l'utilisation inappropriée des couloirs de bus ou la priorisation des transports publics aux feux, mais ceci sans analyse préliminaire, ce qui a pour résultat un impact négatif sur la mobilité dans son ensemble. À Bruxelles, les modifications des infrastructures sont effectuées en vue d'empêcher la circulation automobile sans que cela bénéficie aux autres formes de transport.

Ceci alors qu'en fait, c'est le développement des solutions de rechange qui devrait être prioritaire, avant de passer à des mesures dissuasives.

Nos gouvernements se plaisent à comparer Bruxelles aux villes étrangères, reconnaissons alors également que ces villes ont tout d'abord apporté une attention particulière au développement de leur réseau de métro, qui dessert toutes les zones de la ville. Ce n'est pas le cas du tout à Bruxelles. Une extension sérieuse du réseau de métro est absolument nécessaire pour pouvoir, comme Paris ou Londres, bénéficier d'un meilleur équilibre entre les transports en commun et l'utilisation de la voiture.

À l'heure actuelle, il semble évident que nous manquons cruellement d'une vision cohérente de la mobilité. Trop de mesures paraissent totalement contradictoires, et finissent par causer plus de problèmes qu'auparavant. Après tout, comment une zone piétonne dans la ville pourrait-elle récolter l'approbation générale et reposer sur un plan de circulation solide si la région n'adapte pas le réseau principal sur lequel ce plan de circulation doit se connecter ? Les autorités doivent également assurer le développement de solutions alternatives en matière de mobilité, et non pas se limiter exclusivement aux mesures dissuasives comme étant la meilleure solution aux problèmes d'embouteillages. Les alternatives doivent viser à proposer un équilibre entre le caractère agréable de la ville et ses possibilités de circulation automobile. La réflexion actuelle semble totalement inversée. Touring et BECI regrettent que l'introduction de la zone piétonne et l'élaboration du plan de circulation constituent une occasion manquée, précisément en raison de l'absence de cohérence et de coordination.

-fin du communiqué de presse-

* Voir ici les solutions de rechange proposées par BECI et Touring

Bon à savoir :

  • 30 % des conducteurs de véhicules dans le centre-ville sont à la recherche d'une place de parking
  • une diminution de 10 % du trafic entraînerait une réduction de 40 % des conséquences sur la qualité de l'air, mais nécessiterait des investissements doublés dans les transports publics
  • une partie des 36 000 places de stationnement excédentaires dans les entreprises peut être mise à disposition, à partir du moment où la réglementation et les normes deviennent claires et accessibles. Des incitations financières pour les entreprises sont prévues à cet effet, au lieu de taxer ces places de stationnement comme prévu.
  • la mise en place d'une zone de faible émission comme c'est le cas à Anvers assurerait une baisse de 9,5 % du nombre de véhicules en circulation dans la ville : 31 858 véhicules à essence sont âgés de plus de 22 ans et 14 257 véhicules au diesel sont âgés de plus de 15 ans sur un total de 490 000 véhicules immatriculés (région bruxelloise)


Pour plus d'informations :

Olivier Willocx, Administrateur délégué BECI – 0475 513 158

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BECI (Brussels Enterprises Commerce & Industry) est issue du partenariat entre la Chambre de Commerce et l’Union des Entreprises de Bruxelles. BECI représente les deux tiers de l'emploi à Bruxelles et compte plus de 35.000 entreprises membres. BECI défend les intérêts individuels et collectifs des entreprises bruxelloises et leur propose un éventail étoffé de services.

Touring est la plus grande organisation de mobilité en Belgique et est défendeur des intérêts de TOUS les usagers de la route. Touring défend la liberté absolue de chaque individu de se déplacer de la manière et avec les moyens de son choix. L’organisation représente plus d’un million de membres et lutte pour des conducteurs 5 étoiles avec de véhicules 5 étoiles sur une infrastructure 5 étoiles.

  • 250 000 familles sont affiliés chez Touring pour leur assistance de voyage. La centrale d’alarme Etranger de Touring reçoit annuellement 120 000 appels (dont 40% pendant les vacances d’été) de Belges en détresse à l’étranger et intervient pour 5.000 problèmes médicaux et 25.000 problèmes techniques.
  • L’assistance en Belgique même est bonne pour environ 600.000 appels par an.
  • En tant que première organisation en Belgique pour le dépannage(1948) et l’assistance voyage (1958) en Belgique et à l’étranger, Touring est un des acteurs les plus expérimentés sur le marché.
  • En tant que membre d’ARC Europe (crée en 1991 par les 8 sociétés européennes de mobilité les plus grandes- dont Touring en Belgique-), Touring peut faire appel à un réseau important de prestataires à travers le monde. Via ce réseau international, Touring dispose de 12 000 voitures de dépannage, plus de 70 hélicoptères et 8 avions ambulance.