L’ATTB, l’Association pour les Techniques Thermiques de Belgique, dévoile en cette fin d’année les tendances de son secteur.
En 2011, le secteur du chauffage est resté relativement stable, sans croissance particulière. Un élément sort quand même du jeu : une croissance de 80% pour les pompes à chaleur. Le mazout, quant à lui, perd 5% et les panneaux solaires thermiques (production d’eau chaude) sortent petit à petit de l’ombre que lui font depuis quelques années les panneaux solaires photovoltaïques (production d’électricité). Pourquoi une diffusion de ces chiffres avant la fin de l’année ? Parce que l’annonce de la suppression des incitants fiscaux aux économies d’énergie perturbe énormément le marché en cette fin d’année – produisant des chiffres incorrects – une mesure que l’ATTB déplore totalement.
Depuis une dizaine d’années, le gouvernement fédéral encourage le citoyen dans des actions qui visent à économiser l’énergie. Faire prendre conscience aux citoyens de la nécessité d’isoler sa toiture ou ses murs, de remplacer sa chaudière ou changer ses châssis est un processus extrêmement lent. En supprimant les incitants fiscaux, le gouvernement casse un changement de mentalité pourtant indispensable qui s’opérait lentement mais sûrement depuis quelques années.
Le remplacement d’une chaudière était un des moyens les plus efficaces dont disposaient les citoyens pour réduire fortement leur consommation d’énergie et ce, sans lourdes interventions au niveau de la construction. Avec des incitants fiscaux, l’investissement devenait financièrement abordable pour beaucoup et était dirigé vers les chaudières à haut rendement les plus efficaces. Cet investissement assurait une économie d’énergie significative et immédiate pouvant atteindre 40 % et s’amortissait au minimum 2x sur la durée de vie de l’installation.
En Belgique, les incitants fiscaux pour les chaudières au mazout par exemple sont plus que nécessaires car le parc de chaudières est très vieillissant. Dans notre pays, plus de 400.000 chaudières ont été installées dans les années 1970. Aujourd’hui, le chauffage y représente environ 75% de la consommation d’énergie des bâtiments, soit 23,4 % de la consommation d’énergie totale finale, un aspect non négligeable dans le cadre de la stratégie « Europe 20/20/20 » (20% d’efficacité énergétique, 20% d’énergie durable et 20% de réduction de gaz à effet de serre).1
La Belgique par rapport aux autres pays européens
La Belgique se caractérise, par rapport à la moyenne européenne, par des habitations grandes et vieilles, donc peu efficaces au niveau énergétique. Une habitation moyenne en Flandre compte 175m², contre 140m² aux Pays-Bas et 130m² en Allemagne.2 Les appartements sont beaucoup plus efficaces que les maisons (de 2, 3 ou 4 façades). Plus compacts, ils perdent moins d’énergie le long des murs, toits et sols. Pourtant, la Belgique se caractérise par une part importante, dans son parc immobilier, de maisons par rapport aux appartements.
De plus, nos habitations sont particulièrement vieilles par rapport à la moyenne européenne. C’est particulièrement vrai pour la Wallonie et dans une moindre mesure pour la Flandre. C’est un vrai problème dans le contexte de l'énergie car les maisons plus anciennes sont bien moins performantes au niveau de l'énergie que les maisons plus récentes. D’après le rapport annuel 2010 de la VEA (Vlaamse Energie Agentschap – Agence flamande de l’énergie), une nouvelle construction récente est trois fois plus performante énergétiquement qu’une habitation construite avant 1970 et deux fois plus qu’une maison construite dans la période 1971-1985.
L’ATTB lance un appel aux Régions et aux installateurs
Dans ce contexte, l’ATTB lance un appel aux Régions ainsi qu’aux installateurs. Puisque l’énergie est désormais une compétence régionale, c’est aux Régions de prendre leurs responsabilités et de saisir l’opportunité de réaliser leur ambition à ce niveau. Les installateurs ont également un rôle crucial à jouer. La Belgique compte des centaines de milliers de bâtiments qui pourraient facilement réduire leur consommation d’énergie. Il y a donc là un potentiel énorme pour eux. Leur défi est aujourd’hui de convaincre les consommateurs finaux de se lancer dans la réduction de la consommation énergétique et des émissions de CO2 dans leur habitation.
A propos de l’ATTB
En tant qu’association professionnelle, l’ATTB se profile comme une plateforme d’information et de représentation de son secteur auprès des autorités et du secteur de la construction en général. Sachant que le chauffage central est responsable de près de 40% de la consommation énergétique d’une foyer et qu’une chaudière classique a une durée de vie d’environ 20 ans, l’ATTB encourage vivement le passage aux chaudières à condensation, dont les nouvelles techniques permettent d’économiser de l’énergie, et d’épargner ainsi notre environnement. L’ATTB est une table ronde permettant aux différents participants de se rencontrer, d'échanger des idées, de mettre leurs expériences en commun et de commenter l'évolution du marché et récolter les statistiques de leurs ventes. L'association est également un outil qui défend les intérêts du secteur vis à vis des autorités publiques et privées en représentant ses membres auprès des décideurs nationaux et régionaux, et des fournisseurs d'énergie. L’ATTB fournit un travail de lobbying pour son secteur, notamment en ce qui concerne l’harmonisation des certificats, et formations dans les différentes régions du pays. L’association née en 1973 compte une cinquantaine de membres et représente plus de 100 marques. Le nombre de collaborateurs en 2010 s’élève à 1900 personnes pour un chiffre d’affaires des membres effectifs en 2010 de 730 millions d’euros. L’ATTB représente 95% de chaudières, 85% des brûleurs, 40% des pompes à chaleur géothermiques et 90% des panneaux solaires thermiques du pays.
Plus d’infos
Association pour les Techniques Thermiques de Belgique, Emile Vandenbosch, mail@attb.be ou 0473 82 90 83

1. Chiffres Informazout
2. William D’haeseleer, Energie vandaag en morgen, ACCO, 2005 via VITO – Vlaamse instelling voor technologisch onderzoek.