Communiqué de presse - 04.05.2017

Non, les motards ne gênent pas les transports en commun sur les voies réservées aux bus

A la suite d’une table ronde “motards”, que FEBIAC a organisée ce mercredi avec le Vice-premier Ministre Kris Peeters, ce dernier a émis l’idée par voie de presse de permettre aux motards d’emprunter les voies de circulation réservées aux bus. La parlementaire flamande An Christiaens avait d’ailleurs déjà soutenu pareille vision dans sa note conceptuelle en Commission Mobilité du Parlement flamand du 21 mars dernier. Les réactions négatives de De Lijn et du Ministre flamand de le Mobilité Ben Weyts ne se sont pas faites attendre. Mais FEBIAC considère qu’il est de son devoir de placer arguments et contre-arguments dans leur juste contexte.

L’arrêté royal du 11 juin 2011 “pour la promotion de la sécurité et la mobilité des motards” inscrit dans le code de la route le fait que les motards peuvent emprunter les sites propres des bus. Néanmoins, l’utilisation concrète d’un site propre doit être stipulée via une plaque illustrant un symbole d’un motocycliste. Jusqu’à ce jour, cela n’a été effectué nulle part dans notre pays. Et c’est tout à fait regrettable car cela permettrait aux motards de ne plus avoir à louvoyer dans les files, mais bien de passer en douceur et en sécurité, le long des files, sur les sites propres des bus. Ces sites propres améliorent certainement la circulation des transports en commun mais ils privent dans le même temps le reste du trafic d’une énorme capacité routière. Et ce, alors que les sites propres sont la majorité du temps inutilisés et, par conséquent, inutiles. L’étude “Navetteurs en motos : analyse d’impact” de Transport & Mobility Leuven avait en 2011 déjà, démontré les effets positifs des motocyclistes sur le trafic aux heures de pointes : si 10% des automobiles optaient pour un deux-roues motorisé, les files diminueraient de 40%. Un passage libre pour les motards sur les sites propres des bus encouragerait davantage d’usagers à passer à la moto ou scooter car ils se sentiraient plus en sécurité sur la voie des bus qu’au milieu du trafic automobile.

Le Ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts, a réagi ce jour dans la presse : “Si des motos sont autorisées sur les voies de bus, de nombreuses autres catégories de véhicules devront également bénéficier d’exceptions. Il s’agirait peut-être d’une décision populaire mais également du plus court chemin vers des files sur les sites propres.” FEBIAC remarque à ce sujet que le code de la route est déjà disposé à accueillir les motards sur les sites propres. Il n’est donc pas ici question d’une quelconque exception. Leur taille compacte et leur maniabilité font des scooters et des motos tout sauf des causeurs de files. Et comme ils évoluent à la même vitesse que les bus, ils ne pourraient en aucun cas mettre en danger la fluidité et la ponctualité des transports en commun. Il ne s’agit que d’une tromperie employée par les sociétés de transports en commun afin de préserver l’exclusivité des voies de bus.

A Londres, les motocyclistes, tout comme les taxis et les cyclistes, sont déjà admis depuis longtemps sur les sites propres. Transport for London l’explique ainsi : « Les motards peuvent utiliser les voies des bus, ce qui a considérablement permis diminuer les temps de trajets, a amélioré la fluidité du reste du trafic et a contribué à réduire les émissions de l’ensemble du trafic routier. Et la sécurité des usagers vulnérables a été préservée. »

Il est désormais temps de faire bouger les choses en Belgique afin d’améliorer notre mobilité. De manière très concrète, FEBIAC demande que des projets pilotes soient mis en place, afin qu’une analyse approfondie puisse être effectuée sur base de faits concrets. Lorsque des voies déterminées seront effectivement ouvertes pour les motards, les effets suivants pourront être analysés :

  • Flux des transports en commun
  • Situations conflictuelles éventuelles et/ou prévention des accidents
  • Comment se passe la relation avec les cyclistes et les taxis qui pourraient éventuellement utiliser les sites propres.

Les autorités routières, les instituts de sécurité routière comme l’IBSR et les entreprises de transports publics réagissent actuellement subjectivement à la mesure proposée. Il est grand temps de rassembler des preuves objectives au travers de projets pilotes afin de pouvoir évaluer les mesures en compagnie de toutes les parties impliquées, dont les associations de cyclistes et les groupements de motocyclistes.