Le bonheur au travail, bien sûr c’est possible !

En répondant positivement à la demande de BECI d’organiser les cinq Entrepreneurs Nights, deux idées se sont immédiatement imposées à mon esprit : le thème et la méthode.

Le thème. A l’heure où tout le monde – clients, fournisseurs, banquiers, médias, politiques – n’a qu’un seul argument à la bouche, « La Crise », et où les faits et chiffres en démontrent une conséquence directe, le burn out, il est plus que temps de redire cette vérité : oui le bonheur au travail est possible. La première condition, sine qua non : il faut le vouloir.

La méthode se doit de respecter cette condition, en mettant le principal protagoniste au centre des débats : vous !

Motiver, ça ne coûte pas cher

Taylor et son taylorisme ont longtemps cru au salaire comme seule source de motivation.

Mais Maslow,  avec sa Pyramide des besoins, en a démontré les limites. Dès lors, osons cette sentence radicale : le salaire n’est jamais une source de motivation ! Ce n’est qu’un critère, certes important, de satisfaction. Ou d’insatisfaction.

Pour motiver, le dirigeant ou le chef d’équipe doit alimenter sa relation managériale de quatre ingrédients : le respect, le sens, la valorisation, le plaisir. Quatre ingrédients qui sont totalement gratuits !

Mais qui ne vont pas de soi.

La motivation ne se décrète pas, elle s’obtient. Pour savoir comment, faisons appel à neuf personnages, plus ou moins connus.

Imitons Kennedy

« Ne demandez ce que votre pays peut faire pour vous ; demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays ! »

JFKTout dirigeant peut reprendre cette phrase de JFK à son compte. Chaque employé doit se sentir concerné par la bonne marche de son entreprise. Encore faut-il, pour cela, l’impliquer. Lors de son premier discours à la nation, Kennedy annonçait la conquête spatiale, en précisant qu’il faudrait faire revenir les astronautes vivants. Evident ? Il fallait pourtant oser le dire. Et le président concluait par cette mise en garde emplie de transparence : « Je ne dis pas cela parce que ce sera facile ; je le dis parce que, justement, ça sera difficile ! »

Osons responsabiliser nos collaborateurs, les mettre face aux défis. Pourquoi cacher que ce sera difficile ?

Jouons à Patton

Un militaire pour le bonheur au travail ?

PattonOui, oui ! Parce que Patton avait déjà développé un management très fortement ancré dans une responsabilisation optimale. Le général fixe le cap, l’objectif. Mais ça n’est pas à lui de dire comment faire. Son conseil en la matière ? Il est brillant : « Ne dites pas à vos gars ce qu’ils doivent faire. Contentez-vous de leur dire ce que vous attendez d’eux et ils vous épateront par leur ingéniosité. »

Tournons ce conseil dans tous les sens et tentons-le : il peut changer la vie d’une entreprise.

Fuyons Superman, le Père Noël et Zorro

Ne misons pas sur eux. Superman

Tout simplement parce qu’ils n’existent pas. Ne tentons pas non plus de prendre leur place, on ferait pire que mieux. Le « Triangle dramatique » est un phénomène quotidien que l’on trouve dans toutes les équipes. Il y a deux rôles au départ : la victime et son bourreau. Très souvent, les rôles s’intervertissent, tant la victime, prenant sa revanche, adore se substituer en persécuteur de son propre bourreau. Cette dualité devient triangle par l’apparition d’une tierce personne : le sauveur ! Et alors, le triangle devient cercle vicieux. Infernal. Parce que, au bout du compte, le sauveur signifie à la victime qu’elle ne peut pas s’en sortir seule. Et qu’elle a raison de se plaindre, la pauvre…

Si bien sûr il ne doit pas ignorer les conflits ou la souffrance, le dirigeant doit s’abstenir de toute propension à jouer au défenseur de la veuve et de l’orphelin. Son rôle : responsabiliser au maximum. Y compris dans les difficultés. Cela s’apprend. Et c’est une fameuse clé vers l’épanouissement.

Adoptons notre Jiminy Cricket

Pinocchio est passé instantanément du stade d’objet à celui d’être humain. Jiminy CricketCela veut dire que son intelligence émotionnelle n’a pas eu le temps de se former.

Pour cette raison, Geppetto l’a doté d’une petite voix de conscience : Jiminy Cricket. Celui-ci prend toujours de la hauteur et conseille Pinocchio. Parfois il l’écoute, parfois non. Et alors il fait des conneries.

Mais nous, chefs d’entreprise, nous ne pouvons pas en permanence être accompagnés de notre coach perso. Regarde-le dans les yeux ! Souris ! N’accepte pas qu’il te dise cela !... Non, on perdrait tout crédit. Dès lors, notre Jiminy Cricket, c’est nous-même ! On doit l’adopter et le faire grandir. Par une observation permanente de ce que donne notre communication. Instantanément. Jiminy Cricket c’est avant tout notre intime conviction. Et on le sait : elle a souvent raison.

Comprenons Albert Mehrabian

Mehrabian nous ramène à l’essentiel : dans une communication interpersonnelle, c’est la gestuelle qui l’emporte, à 55%, suivie de la voix, à 38%, et enfin des mots, pour les sept malheureux pourcents restants...

MehrabianIl faut s’en souvenir en permanence : ce ne sont pas nos mots qui convainquent, mais notre attitude, laquelle se communique essentiellement par la force et l’énergie que véhicule notre non verbal. Notre regard, notre posture, notre sourire. Notre… humanité. Avec les mots, on peut mentir. Pas avec le corps. Nos émotions se voient sur le visage. Osons donc les vivre, les transmettre. Et elles seront bien perçues.

L’enseignement principal de Mehrabian tient dans la « congruence », c’est-à-dire la cohérence entre les trois, les mots, la voix, la gestuelle. Rien ne sert de tricher ou de simuler, ça se verra. Et alors, on donnera davantage de crédit au non verbal. Et nos interlocuteurs se méfieront de nous. Retenons ce titre d’un best-seller belge sur la communication non violente : Cessez d’être gentil, soyez vrai !

Ne singeons pas Ballmer

Je m’abstiendrai de tout jugement à l’égard de Steve Ballmer, ex président de Microsoft, mais… comment dire… Disons qu’il y a quelque chose dans ses entrées en scène qui m’insupporte totalement.

BallmerRegardez cette vidéo https://www.youtube.com/watch?v=wvsboPUjrGc d’une minute quatorze. Une grand messe à la Microsoft où les mots sont limités à leur plus simple expression : I love this company ! Quant à la gestuelle et à la voix, jugez plutôt. Pas pour rien que cette vidéo est intitulée « Steve Ballmer going crazy ».

Si l’on parle de sens, de valorisation et de respect, je crois que l’on peut se dire qu’une équipe, pour être motivée, attend autre chose de ses dirigeants. Autre chose que ce type de gesticulations frénétiques qui n’ont strictement aucun… sens.

Montons et descendons avec Spirou

Allez, la question qui tue : qui parmi vous, amis lecteurs, ne s’est jamais senti entre le marteau et l’enclume ? Tout le monde connaît ce syndrome, inconfortable, et même douloureux lorsque le marteau tape.

SpirouL’alternative ? L’ascenseur. Un ascenseur, ça monte et ça descend. Ça ne fait que ça. Mais pour pouvoir descendre, il doit remonter. Et vice-versa. Lorsque l’ascenseur descend, c’est le chef qui communique le sens, les challenges, la motivation, la nécessité de se retrousser les manches. Lorsqu’il remonte, ce sont les collaborateurs qui font part de la réalité du terrain, des difficultés.

Spirou, ce groom d’une autre époque, a de formidables lendemains en perspective dans nos entreprises. Parce que l’ascenseur ne peut jamais s’arrêter !

Aimons Aimé Jacquet

Quel grand bonhomme, cet Aimé Jacquet, entraîneur de l’équipe de France de football en 1998 !

JacquetApprécions l’équation suivante : en 98, l’équipe de France de Football devient championne du monde. Quatre ans plus tard, sous la houlette d’un autre entraîneur, c’est quasiment la même équipe qui se rend en Corée, si ce n’est qu’elle est nettement plus compétente. La dream team, avec le meilleur joueur du monde, un des meilleurs gardiens et les trois meilleurs butteurs des championnats principaux en Europe. Le résultat en 2002 ? Une élimination honteuse, sans aucun but marqué.

La différence ? La motivation. Et à nouveau, celle-ci n’est pas le fruit du hasard. C’est une conséquence directe du discours du chef, de son assertivité. Visionnons dans tous les sens la vidéo « Les Yeux dans les Bleus » pour apprécier la qualité du discours du chef. En 98, les joueurs boivent les paroles de leur boss : ils l’entendent, le comprennent, le suivent. Et gagnent. En 2002, le chef parle dans le désert. On ne l’écoute pas, ne le suit pas. Et l’équipe perd. CQFD.

Vous-même !

Assurément la personne que chacun ici connaît le mieux. Faisons-lui confiance dès lors !

VousCe vous-même est dès lors au cœur des Entrepreneurs Nights. Parce qu’Aimé Jacquet ne viendra pas chez nous, pas plus que JFK, Patton ou Spirou. C’est donc sur nous que tout repose. Le bonheur et la réussite. Ou en tout cas : la résolution d’y croire et de mettre en œuvre ce qu’il faut pour y arriver.

Les Entrepreneurs Nights donne une place prépondérante à ce vous-même. Après un exposé d’une trentaine de minutes – Tiens, la fois prochaine, on visionnera certains passages des Yeux dans les Bleus –, des échanges concrets et fructueux réunissent tout le monde à tout le monde. Pour terminer la séance par, pour chacun, une résolution. Celle de tenter du neuf chez soi. A la recherche du bonheur au travail.

 

Cet article vous est proposé par Pierre Guilbert, Expert consultant et formateur en communication et management, le 02.03.2015. www.pierreguilbert.net.

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