Paiements : quand les pièces cèdent leur place

Ce mois d’octobre a signé la fin progressive de l’utilisation des pièces de 1 et 2 cents, au profit de l’arrondi à 0 et 5 cents.

Une décision attendue depuis longtemps par de nombreux acteurs, désireux de limiter autant que possible l’utilisation de monnaie. L’occasion de se pencher sur les nouveaux modes de paiements qui s’imposent.

Des banques au commerçants,  rares sont ceux qui ne souhaitent pas limiter au minimum les transactions en cash, dont les contraintes en termes de logistiques et de sécurité sont pesantes. De quoi expliquer la fin progressive de l’utilisation des pièces de 1 et 2 cents. Pour rappel, jusqu’à 2 cents les montants sont arrondis au 0 inférieur, de 3 à 7 cents, ils sont arrondis à 5 cents, et les 8 et 9 cents sont arrondis à l’unité supérieure. À noter que le système ne s’applique pas pour les tickets de caisse comprenant des médicaments.  Un changement qui ne devrait toutefois pas voir faiblir l’enthousiasme pour les paiements électroniques, disponibles sur une multitude de plateformes.

Il y a bien évidemment les cartes bancaires classiques : on notera d’ailleurs la fin prochaine du service de portemonnaie électronique Proton. Loin de marquer l’échec du système, il s’agit surtout du signe que la plateforme Bancontact est de plus en plus utilisée pour les petits paiements, grâce à des frais de transaction imposés aux commerçants toujours plus bas. Ce sont ainsi 170 millions de paiements de moins de 10 euros qui auront été effectués via Bancontact cette année, contre 17 millions pour Proton.

Il n’empêche, les émetteurs de cartes et autres champions du paiement électronique cherchent à se réinventer et quoi de mieux pour cela que de miser sur les smartphones et tablettes. Une plateforme qui vient compléter ce que les banques offrent déjà  en matière de home banking, mais pas uniquement. L’application mobile de paiement développée par Bancontact, par exemple, rencontre un franc succès mais reste actuellement confinée aux petits montants et aux remboursements entre proches.

De quoi l’exposer au risque de se voir rapidement concurrencée par des groupes internationaux, PayPal et Apple en tête. Le géant de l’électronique a en effet récemment dévoilé son propre système de paiement mobile, Apple Pay, qui devrait selon de nombreux analystes donner un solide coup de fouet au secteur tandis que PayPal propose des solutions de plus en plus flexibles et expérimente même la distribution de ses propres terminaux de paiement.

Car si de nombreuses solutions existent déjà en matière de paiement mobile, grâce notamment à la technologie de transfert de données sans contact NFC, le marché tardait à décoller en Belgique.

En cause : une prudence du secteur, les commerçants hésitant à investir dans de nouveaux terminaux de paiement tant qu’ils ne ressentaient pas une demande importante du public  et qu’une technologie spécifique s’imposait comme le nouveau standard.  L’arrivée d’Apple sur le marché, qui négocie directement des partenariats avec de grandes chaînes de distribution et s’appuie sur les millions de propriétaires d’iPhone devrait clairement offrir une solide impulsion au secteur. Reste qu’il faudra se montrer patient avant de voir la solution débarquer en Belgique.

Un retard qui sera peut-être mis à profit par des acteurs belges comme Six Dots, qui fédère la majorité des banques actives en Belgique et certains acteurs du secteur télécom autour de son application mobile de portefeuille électronique, qui comprend une solution de paiement.