Être un bon manager après le 22 mars…

Les attentats qui ont touché la Belgique nous on meurtris à jamais. Malgré tout, la vie doit continuer. En tant que manager, quel rôle ais-je à jouer auprès de mes équipes ?

Deux mois après les attentats de Bruxelles, la Belgique semble commencer à sortir de sa torpeur. Le soleil a fait son apparition et les beaux jours se profilent, rendant confiance à tout un chacun et promettant d’agréables moments de plaisir.
Pourtant, nombreux sont ceux pour qui le temps s’est arrêté le 22 mars, pour qui le soleil ne brille pas vraiment comme d’habitude.

Il y a bien sûr les personnes décédées et leurs proches. Il y a aussi les blessés, physiques et psychiques et tous ceux qui, de près ou d’un peu plus loin ont approchés ces terribles événements.
Parmi ceux-là, certains ont déjà retrouvé le chemin du travail, d’autres pas, invalidés par des blessures du corps ou par des angoisses qui les paralysent et les empêchent de reprendre sereinement le cheminement de leur vie, y compris professionnelle.

Votre rôle en tant que manager…

En tant que manager, en tant que collègue, en tant que proche, que puis-je faire pour appréhender leur réalité, pour comprendre leur vécu, pour identifier leurs souffrances et leur venir en aide, dans les limites du rôle qui est le mien ?

La catastrophe n’est plus une abstraction, plus une possibilité éventuelle, elle s’est produite et fait partie de nous pour toujours.
Au sein de mon entreprise, en tant que manager, n’ai-je pas un rôle à jouer par rapport à ces collaborateurs en souffrance ?

Une frontière très mince

La séparation entre la vie professionnelle et l’espace privé, le respect de l’intime de chacun doit-il m’empêcher de poser un regard vigilant et bienveillant, au lendemain de ces attentats meurtriers, sur ces personnes qui partagent mon univers professionnel au quotidien meurtris ?

Certains ont été directement exposés au désastre et ont été tués ou blessés. D’autres ont été horrifiés par ce dont ils ont été témoins. D’autres encore ont perdu un proche. D’autres aussi ont échappés de justesse, passant juste avant ou juste après ou ayant modifié leur planning habituel ce jour-là. D’autres enfin voient se profiler le spectre d’événements traumatiques anciens, qui se rappellent douloureusement à eux où développent des angoisses rendant leurs déplacements, leur quotidien et leur qualité d’engagement professionnel compromis, invalidé.

La survie de l’économie

Et puis, au-delà des conséquences dramatiques directes, il y a tous ceux qui, chefs d’entreprises, salariés ou indépendants, craignent aujourd’hui pour la survie de leur entreprise, angoissés à l’idée que l’activité économique ne reprenne pas, que les Belges, mais aussi les touristes et les hommes d’affaires désertent durablement notre belle capitale.

Puisqu’aujourd’hui ce n’est plus une abstraction, comment puis-je les aider, dans mon périmètre professionnel ?
Les questions essentielles qui se posent à nous tous aujourd’hui, en tant que managers, concernent la manière dont je peux accueillir mes collaborateurs au lendemain d’un tel désastre :
• comment aborder une personne endeuillée ou traumatisé ?
• comment travailler avec mes équipes à préparer le retour d’un collègue frappé de plein fouet par ces événements, dans un climat serein et en minimisant le risque d’être maladroit et de le faire souffrir davantage, en n’étant pas capable de reconnaître ce qu’il a enduré et ce en quoi il reste fragilisé, même s’il a repris le chemin du travail ?

En tant que manager, ne dois-je pas aussi me questionner sur l’opportunité d’accompagner les angoisses de ceux qui craignent aujourd’hui pour la pérennité de leur travail et redoutent de perdre leur job ?
Il me semble qu’il en va de ma responsabilité managériale, que je peux, en respectant la place qui est la mienne auprès d’eux, jouer un rôle de soutien, de reconnaissance, de dépistage et d’aide auprès de ceux parmi mes collaborateurs qui peinent, aujourd’hui encore, deux mois plus tard, à retrouver leur insouciance, mais aussi leurs capacités d’engagement et de combativité.

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Cet article vous est proposé par Etienne Vermeiren, psychologue clinicien, criminologue et psychothérapeute, le 02.06.2016.

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