Une seconde chance

Un célèbre proverbe japonais dit : « Tomber 7 sept fois, se relever 8 ».

Ils sont nombreux à l’avoir expérimenté. Anonymes ou célèbres dans leur domaine (artistes, sportifs, entrepreneurs, politiciens,…), ils n’ont rencontré le succès qu’après avoir subi l’échec et parfois à plusieurs reprises.

La culture européenne n’est pourtant pas soutenante ; l’échec y est perçu négativement et souvent comme une faiblesse contrairement aux Etats-Unis où il est considéré comme un élément inhérent à la réussite. Car en Amérique, celui qui a échoué a appris de ses erreurs et son expérience est une richesse que n’a pas celui qui n’a jamais entrepris.

Cette richesse, issue de l’échec, doit pouvoir être valorisée pour la faire fleurir afin qu’elle puisse bénéficier à la fois à l’entrepreneur mais également à l’ensemble des acteurs en lien avec l’entrepreneur. Car l’effet domino est rapide dans le champ économique : un entrepreneur qui échoue entraîne dans son sillage des clients, des fournisseurs, des employés, des entreprises,… Un entrepreneur qui réussit revitalise très rapidement tout son environnement proche.

L’impact social et économique, dans un sens comme dans un autre, est donc important et mérite une attention prononcée des pouvoirs publics.

L’Europe l’a bien compris et appelle de ses vœux à créer une « seconde chance » pour les entrepreneurs qui ont fait faillite. Les états sont donc encouragés à créer les conditions à une meilleure réussite des entrepreneurs à travers la prévention, l’accompagnement, la levée des obstacles,...

Pour pouvoir créer ce nouveau cadre, il convient d’abord de faire le bilan des causes de l’échec. Elles peuvent être exogènes (externes à l’entrepreneur), endogènes (liés à l’entrepreneur) ou mixtes (une conjoncture des deux).

Parmi les causes exogènes, les analystes notent : la crise économique, des mesures politiques inappropriées, une modification du comportement des consommateurs, une mondialisation mal maîtrisée par les petites structures,…

Parmi les causes endogènes : une sous-capitalisation au démarrage de l’activité, une mauvaise gestion financière, un manque d’outils managériaux…

Et les causes mixtes : une inadaptation de l’entrepreneur aux conjonctures, aux clients, aux concurrents, …

Perdu dans l’activité et les charges journalières importantes, l’entrepreneur ne prend pas assez le recul nécessaire pour se donner une vue globale. Il turbine et s’agite en oubliant de se poser régulièrement pour faire le point.

Le CED (Centre pour entreprises en difficultés) accompagne les indépendants qui rencontrent des soucis. Des stratèges, avocats, professionnels comptables, experts financiers,… les conseillent pour les aider à rebondir.

Mais lorsque la situation n’a pas pu être rattrapée (souvent parce que l’entrepreneur arrive trop tard), les conditions doivent être créées afin de permettre de clôturer rapidement l’activité et d’offrir « une seconde chance » aux indépendants combattifs.

Déposer le bilan ou faire le choix d’arrêter son projet parce qu’il ne fonctionne plus laisse souvent des traces durables. Après une faillite, l’impact est si lourd, psychologiquement et financièrement, que certains diront : « plus jamais ».

D’autres recréeront une entreprise à défaut simplement d’autres perspectives, sans faire un diagnostic de la situation passée et sans demander conseils à des professionnels. Ils reproduiront régulièrement des scénarios passés, sans grand bonheur.

Une troisième catégorie d’entrepreneurs se relancera tout de suite ou après un certain délai, convaincus qu’il ne faut se laisser abattre, qu’ils gardent des potentialités et qu’ils peuvent réussir. Combattifs, ils relèvent souvent le défi avec fruit… mais avouent se sentir souvent très seuls.

Quel que soit le profil de l’entrepreneur, faire le point est important, à la fois de la situation passée mais également à venir. L’entrepreneur gagnera à être accompagné afin de se donner toutes les chances de réussite.

C’est cet accompagnement que Beci souhaite poser aux côtés de ceux qui ré-entreprennent.

Cela passera par un service interne, spécialisé, réservé aux ré-entrepreneurs: des services de coaching, un appui financier, des professionnels en stratégie commerciale, … seront proposés.

Beci mettra également un point d’honneur à attirer l’attention des autorités quant aux obstacles structurels que rencontrent les entrepreneurs sur le terrain: l’accès au crédit, la lenteur judiciaire, les lourdeurs administratives, la confusion entre certaines administrations,…

En créant les conditions favorables à une « seconde chance », c’est certain, ce sera non seulement un regain économique pour notre région mais également social et tout simplement… humain.

Si vous envisagez de reprendre une activité ou si vous souhaitez des renseignements sur les projets d’accompagnement en « Seconde chance » de BECI, prenez contact avec Hayate El Aachouche au 02 643 78 34 ou à he@beci.be.

 

Cet article vous est proposé par Hayate El Aachouche, Conseiller Seconde chance, le 01/10/2014.

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