3 entreprises bruxelloises qui cartonnent à l’étranger

Par Gaëlle Hoogsteyn  - 25 octobre 2017 à 17:10 | 289 vues

Transautomobile : un spécialiste de l’exportation de véhicules.

Solvay, Leonidas, Agfa, Spa, Besix, Sabca…. Autant de marques belges mondialement connues dans leurs domaines. À côté d’elles, de nombreuses autres entreprises plus modestes, voire des PME familiales, contribuent à la renommée internationale des produits et services belges. Cette année, la Belgique a exporté pour plus de 180 millions d’euros[1] au seul premier trimestre. Mais qui sont ces entreprises qui cartonnent à l’étranger ? Trois portraits.

 

 

Transautomobile : en voiture aux quatre coins du monde

Créée en 1973, Transautomobile était à l’origine une société spécialisée dans la vente de véhicules d’occasion sur le marché belge. Roger Engels, son fondateur, s’est toutefois très rapidement tourné vers l’exportation : « Suite à la guerre du Liban en 1975, un grand nombre de Libanais sont venus s’installer en Belgique et ont rapidement ‘mis la main’ sur le marché de l’exportation de la voiture d’occasion depuis la Belgique », raconte-t-il. Pour pallier ce problème, et suite à la demande de certains clients, Roger Engels commence à développer la vente de véhicules neufs à l’exportation, principalement au Liban et en Afrique.

 

Au fil des années, Transautomobile a considérablement élargi son offre et propose aujourd’hui, en plus de tous types de véhicules neufs ou d’occasion, des véhicules spéciaux (ambulances, camions, grues, remorques, tracteurs…) ainsi que du matériel agricole, des groupes électrogènes et du matériel d’épuration d’eau. La société vend aussi les pièces détachées se rapportant à ces véhicules et propose un service logistique qui se charge de l’expédition des marchandises. « C’est un métier atypique, à multiples facettes, où il faut constamment se remettre en question et rester à l’écoute des clients afin de comprendre et satisfaire leurs besoins », explique-t-il.

Roger Engels (Transautomobile) : « Nous travaillons dans plus de cent pays. »

PME 100 % familiale, Transautomobile emploie actuellement une quinzaine de personnes. La société est particulièrement active dans les pays émergents ; elle est donc tributaire des fluctuations de devises ainsi que des situations politiques et économiques locales. « Pour ces raisons et afin de limiter au maximum les risques, nous travaillons actuellement dans plus de cent pays aux quatre coins du monde », commente le fondateur. « Nous nous approvisionnons dans le monde entier en fonction des besoins et opportunités que nous rencontrons. »

Roger Engels a aujourd’hui transmis le flambeau à son fils Alexandre, mais reste administrateur de la société. Il est confiant pour l’avenir : « Grâce à notre carnet d’adresses, à notre expertise en la matière et à notre flexibilité, je pense que notre société trouvera toujours une place et des opportunités sur certains marchés ou auprès de clients. »

Distri-Brands : casser les codes pour un positionnement unique

Créée en 2010 par Lionel Wajs et Nicolas Boreque, Distri-Brands est une société active dans la création et la distribution d’accessoires de mode sous licence. Plus particulièrement, Distri-Brands est spécialisée dans les instruments d’écriture et les articles de papeterie de luxe. Elle collabore avec des marques telles qu’Hugo Boss, Cerruti 1881, Nina Ricci, etc. « Notre mission consiste à conceptualiser, développer, produire et distribuer de nouvelles gammes de produits pour nos marques partenaires », explique Lionel Wajs. « Il s’agit d’un marché très traditionnel dont nous cassons les codes avec une offre de produits très design. Ce positionnement unique nous permet de croître rapidement sur le marché », ajoute Nicolas Boreque.

Au moment de sa création, Distri-Brands était surtout active en France et dans le Benelux. « Cela nous a permis de tester et d’affiner nos process », poursuit-il. Au fil du temps, Distri-Brands s’est progressivement étendue à d’autres pays d’Europe, puis au Japon, en Australie, aux États-Unis et en Indonésie, notamment. L’arrivée d’Hugo Boss en 2015 a donné un véritable coup d’accélérateur à la société qui est aujourd’hui présente dans 60 pays à travers le monde avec plusieurs milliers de points de vente. Les pays européens (Benelux, France, Angleterre, Portugal, Italie, Allemagne…) représentent une part importante du chiffre d’affaire de Distri-Brands. « Tant la proximité géographique que les facilités mises en place par le marché européen unique facilitent ces échanges commerciaux », assure Lionel Wajs, tout en précisant que le marché des Émirats Arabes et l’Australie représentent aussi une part importante de sa clientèle.

Nicolas Boreque (à gauche) et Lionel Wajs, les fondateurs de Distri-Brands.

Pour commercialiser ces produits partout dans le monde, Distri-Brands s’appuie sur un réseau international de distributeurs. « Nous avons construit ce réseau au fil du temps avec une méticulosité très poussée. Les magasins qui vendent nos produits sont triés sur le volet. Nous suivons aussi de très près la présentation de nos produits dans les points de vente et la publicité faite nationalement autour d’eux. Nos distributeurs doivent suivre des guidelines très précises car les marques que nous représentons accordent énormément d’importance à leur image », ajoute Nicolas Boreque. Pour les deux fondateurs, ce qui rend leur travail très intéressant et parfois amusant, c’est de sans cesse s’adapter aux us et coutumes de leurs clients. « Lors de l’introduction de nos points de vente en Corée, par exemple, nous avons dû faire un karaoké avec nos partenaires locaux : chez eux, c’est la tradition », se souviennent-ils.

Dans les mois et les années à venir, Distri-Brands espère s’implanter dans d’autres pays où le marché est très prometteur, notamment l’Europe de l’Est, le Mexique et l’Asie. « D’ici la fin de l’année, nous ouvrirons aussi nos premiers points de vente en Chine », illustre Nicolas Boreque. « Notre objectif est de devenir l’acteur de référence dans le domaine de l’écriture et de la papeterie de luxe. »

La Maison Dandoy : des biscuits au pays des sushis

La Maison Dandoy : près de 190 ans de douceurs bruxelloises.

Créée en 1829, la Maison Dandoy est célèbre pour ses spéculoos, pains à la grecque et gaufres, vendus dans le magasin de la rue au Beurre qu’elle occupe depuis 1858, et dans ses six autres boutiques du centre et du sud de Bruxelles. Près de 190 ans et 7 générations après sa création, la même famille Dandoy dirige toujours la biscuiterie sans avoir jamais cédé aux tentations du processus industriel. Et si la biscuiterie est mentionnée dans tous les guides touristiques de Bruxelles, ce n’est que depuis la fin des années ’90 que la Maison Dandoy est présente sur la scène internationale. « Notre premier client étranger fut la France », se souvient Bernard Helson, administrateur. « Nous avons débuté avec quelques points de vente dans de prestigieux lieux parisiens tels que Mariage Frères et les Galeries Lafayette. De fil en aiguille, nous avons étendu nos marchés à l’étranger. Aujourd’hui, nous avons une cinquantaine de points de vente un peu partout en France et d’autres en Angleterre, en Espagne, en Italie et en Allemagne. »

En 2010, la Maison Dandoy a été approchée par l’entreprise japonaise C’Select afin de vendre ses produits au Japon. C’est ainsi qu’en 2012, une Maison Dandoy Flagship Store a ouvert dans le plus grand centre commercial de Tokyo. « Là-bas, nos produits phares sont les gaufres et les biscuits venus de nos usines belges. Dans un premier temps, notre collaboration s’étendra sur sept ans », explique Bernard Helson. Une cérémonie de « mariage professionnel », dans un temple, avait d’ailleurs été organisée avant le lancement de la boutique.

Bernard Helson (Dandoy) : « Au Japon, nos produits phares sont les gaufres et les biscuits. »

Suite à ce succès, la Maison Dandoy a reçu une demande similaire de la Corée du Sud, à laquelle pour l’instant aucune suite n’a été donnée. « Fabriquer nos produits de façon artisanale est primordial pour nous », explique l’administrateur. « Exporter davantage nous obligerait à beaucoup voyager afin de pouvoir surveiller les matières premières, le processus de fabrication et le packaging. Or, nous sommes une petite PME familiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’investissons pas plus dans la recherche de partenaires étrangers. » D’après Bernard Helson, si la Maison Dandoy devait se développer davantage à l’international, elle devrait viser des partenaires de plus grande envergure et réfléchir à de nouveaux processus de production. « Nous ne souhaitons ni industrialiser ni congeler nos produits. Par ailleurs, nous tenons beaucoup à notre image de marque. Aussi, nous préférons actuellement nous concentrer sur nos marchés historiques que sont la Belgique et les pays limitrophes. »

 

[1] Chiffres issus du rapport de la Chambre du Commerce Extérieur

 

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