Lars Zimmermann : L’économie circulaire en mode open source à Berlin

Par Johan Debière  - 25 octobre 2017 à 17:10 | 284 vues

Lars Zimmermann ©Leona Lynen CC-BY

Berlin est assurément « the place to be » pour tous ceux qui croient dans le potentiel de l’économie circulaire et des modèles de transition. Nous y avons rencontré Lars Zimmermann, une personnalité protéiforme, à la fois artiste et économiste, qui ne jure que par l’open source pour la promotion de l’économie circulaire.

Les territoires durement touchés par les guerres ont cette particularité qu’une fois détruits, ils peuvent repartir d’une page blanche et imaginer la mise en place de nouveaux modes de pensée, de  développement économique et une nouvelle relation au monde. Berlin est typiquement une de ces capitales où ce dynamisme souffle fort, plus encore depuis sa réunification. Dans ce chaudron culturel, social et économique unique en Europe, Lars Zimmermann s’est construit : « Je suis artiste et économiste, mais j’aime me décrire comme un hacker ». Un terme souvent associé à des pratiques criminelles perpétrées sur internet mais qui, dans son cas, doivent être entendues dans une acception différente. En Anglais, to hack signifie en effet pirater, mais lorsqu’on l’applique à des objets, en particulier ceux dont on ne se sert plus, et qu’on les détourne de leur fonction initiale pour en faire quelque chose d’utile, le piratage prend des airs plus sympathiques, comme dans cet exemple où Lars a « hacké » de vieilles briques de Lego en les forant et en les disposant sur une planche de bois à l’aide de simples vis. Il a ainsi obtenu des porte-manteaux du plus bel effet.

La phase de réflexion préalable lui aura en fin de compte pris plus de temps que l’assemblage des objets récupérés, mais le jeu en vaut la chandelle. Car l’autre caractéristique de Lars Zimmermann, c’est qu’il s’attache systématiquement à diffuser ses astuces auprès du plus grand nombre, de façon à s’assurer que ses idées vont inciter d’autres personnes, à Berlin ou ailleurs dans le monde, à reproduire ces schémas, permettant ainsi de lutter contre le gaspillage : « Le développement de l’économie circulaire ne peut s’envisager qu’à travers le partage des connaissances, et donc de l’open source. » Cette démarche le place en contre-pied complet de celle adoptée par Michaël Braungart, un autre chantre de l’économie circulaire, allemand lui aussi, qui propose ses services de consultance à des sociétés afin de les aider à développer des produits et des services inscrits dans le circulaire, mais sans se préoccuper de la diffusion libre des connaissances.

 

De Berlin à Téhéran, Bogota ou Toronto

Lars Zimmermann : « S’engager dans l’open source, c’est publier la manière dont les choses sont faites, que ce soit à travers la diffusion de recettes, de lignes de codage informatique, de données de production ou de fichiers de design, de façon à ce que chacun puisse étudier, utiliser et construire sur base de cette information. »

Cela se produit généralement à travers des formes de collaboration décentralisées et distributives, avec différents groupes que l’on voit discuter de projets, documentant les feedbacks, réparant les éléments incorrects, en prototypant les solutions et en concevant des softwares utiles et paramétrables, mais aussi tout type de matériel, des outils et même des productions culturelles. C’est parce qu’il s’inscrit résolument dans cette logique que Lars Zimmerman a décidé de s’investir totalement dans l’organisation des OSCE Days à Berlin. L’événement, qui en était cette année à sa troisième édition, a fait le plein de participants. Au-delà du foisonnement d’idées rassemblées par la plateforme auprès de membres de la communauté du circulaire réparti dans le monde entier, les OSCE Days auront permis aux personnes physiquement présentes à Berlin de participer à des ateliers tous aussi intéressants les uns que les autres. Avec un Soap Lab pour apprendre à créer des savons à partir d’huiles usagées. Ou encore cet atelier pour apprendre à fabriquer un broyeur à pédales pour la destruction de documents confidentiels.

Si vous êtes du voyage à Berlin avec Beci, les 23 et 24 novembre prochains (lire p. 54), profitez de votre temps libre sur place pour faire la connaissance de Lars. Il en vaut vraiment la peine.

Info : https://oscedays.org ; http://bloglz.de/me-contact/

 

 

 

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