Croissance durable : les projets poussent à Bristol

Par Johan Debière  - 24 janvier 2018 à 10:01 | 221 vues

Dermot O'Regan et Pete Whiting.

La ville serait-elle le berceau de l’activité circulaire, de la croissance durable, l’endroit de tous les possibles ? En particulier pour ce qui touche à l’alimentation et à la production de végétaux alimentaires ? C’est l’avis de Dermot O’Regan, un licencié en sciences environnementales. Celui-ci s’est lancé il y a quatre ans dans la production de micro-végétaux en aquaponie à Bristol.

Un environnement urbain

Grow Bristol, c’est une ferme inaugurée en 2015 par Dermot et son ami Peter Whiting grâce à un beau savoir-faire acquis dans l’agriculture urbaine – en particulier les fermes verticales. À Bristol, cette technologie permet aujourd’hui de produire du micro-coriandre. Cette herbe est consommée localement par les habitants. De plus, de nombreux restaurants de cette grosse ville du sud-ouest de l’Angleterre l’inscrivent à leur menu, en prenant bien soin de mentionner son origine…

On est pourtant parti de loin. Outre son passé de production de tabac (totalement stoppée en 2015, depuis que Bristol est devenue smoke-free), la ville a beaucoup souffert du phénomène de globalisation. Celui-ci a contraint de nombreuses PME actives dans l’agro-alimentaire à fermer leurs portes. Des milliers de travailleurs ont alors été laissés sur le carreau et des dizaines de sites de production à l’abandon.

Une volonté politique de croissance durable

Par chance, les autorités ont décidé de ne pas céder à la fatalité en s’engageant dans la voie du durable. À force de détermination et grâce au soutien politique local, Bristol a ainsi réussi à faire partie du Top 100 des villes les plus résilientes au monde.

La lutte contre la pauvreté fait d’ailleurs partie intégrante d’une stratégie de (re)développement à long terme. Celle-ci semble se jouer de tous les clivages politiques. « Nous y travaillons chaque jour, avec des structures comme Fry (ndlr: un hub dédié à l’accueil de producteurs indépendants de nourriture, qui s’est installé sur le site d’une ancienne fabrique de chocolat) », confie fièrement le jeune maire de Bristol Marvin Rees. Ce-dernier a succédé à George Ferguson en 2016 en poursuivant dans la même voie que son prédécesseur. L’activité qui y a été déployée a d’ailleurs valu à Bristol de recevoir en 2016 l’Award d’argent des Sustainable Food Cities.

Des aliments : Micro-légumes, herbes, salades et tilapia

C’est dans ce contexte propice à toutes les formes de croissance durable que Dermot a décidé de poursuivre le développement de Grow Bristol. En affinant sa méthode de travail, il aboutit à LettUs Grow (un jeu de mots associant laitue et croissance). Il développe aujourd’hui des systèmes innovants et durables de culture alimentaire urbaine. Ceux-ci produisent des micro-légumes, herbes et salades de feuilles. Mais ils produisent aussi du poisson (tilapia), en utilisant l’aquaponie et des techniques agricoles verticales dans un environnement contrôlé.

Comme Dermot et son ami ne font rien à moitié, ils ont décidé de s’installer sur un site industriel désaffecté (tout comme Bruxelles, Bristol n’en manque pas). Ils vont y développer ce qu’il appelle la « Grow Box ». Il s’agit d’une ferme urbaine dont la productivité n’a rien à envier aux chaînes de production des multinationales de l’agro-alimentaire.

L’avenir de Grow Bristol ? Regan continue à le voir en rose, ou plutôt en vert : « Nous développons notre nouveau site sur la Feeder Road, en construisant notre nouvelle Grow Box, en attirant autour de notre projet des partenaires actif dans l’agro-alimentaire, dans l’énergie et dans le social et en améliorant notre représentation sur les marchés, en nous rapprochant plus encore du public, pour une ville encore plus durable, heureuse et en meilleure santé. »

 

100 Resilient Cities

Lancé par la fondation Rockefeller, le concours 100 Resilient Cities encourage les villes du monde entier à devenir physiquement, socialement et économiquement plus résilientes face aux stress et aux chocs inhérents aux environnements urbains. Pour permettre aux candidats de progresser, la fondation met à disposition des fonds permettant de mobiliser un CRO, ou Chief Resilience Officer, qui opère pendant deux ans dans la ville qui en bénéficie.

Info : www.100resilientcities.org

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