Comment ne pas faire faillite ? Découvrez les erreurs à éviter !

Par Guy Van den Noortgate  - 28 février 2018 à 10:02 | 468 vues

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Un entrepreneur failli en vaut deux ! Il n’a pas perdu ses compétences et il a appris quelque chose. Il est d’autant mieux armé pour rebondir. Encore faut-il qu’il puisse en parler avec d’autres qui ont traversé une épreuve identique. Rencontre avec 5 entrepreneurs en résilience. De ces témoignages, vous trouverez des clés pour savoir comment ne pas faire faillite .

Comment ne pas faire faillite ?

On recense bon an mal an quelques centaines de faillites réelles (non frauduleuses) à Bruxelles. Une faillite est un triple traumatisme : personnel, professionnel et financier. Et l’entrepreneur se retrouve souvent seul face à cet « échec ». « Personne ne comprend ce qu’il traverse », souligne Eric Vanden Bemden, coordinateur du programme reStart de Beci, qui les accompagne depuis un peu plus d’un an. « Dans ce cadre du programme, l’entrepreneur failli en  rencontre d’autres, qui ont vécu ce qu’il a vécu. Il peut en parler. On l’écoute, on ne le juge pas et on le comprend. »

De ces rencontres, quelques points importants se dessinent. Ils peuvent être utiles à tout entrepreneur afin d’anticiper une période difficile qui peut, s’il n’y prend garde, le couler. Tout en conservant à l’esprit que, si leurs histoires affichent quelques similitudes, chacune d’elles est unique. Voici cinq témoignages précieux pour tout entrepreneur. Car même si, selon Confucius, « l’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru », la lumière qui se dégage ne peut que nous éclairer.

Apprendre des erreurs pour les éviter

Gérant d’une agence de relations presse et publiques dans le domaine lifestyle, de 2000 à 2014, Elias est actif dans un secteur considérablement bousculé par les nouvelles technologies. « J’éprouvais en outre de la lassitude pour ce métier que j’ai adoré », confie-t-il. « Mais j’en étais arrivé à le détester et, au lieu de m’arrêter quand les premières difficultés sont arrivées en 2012, j’ai continué jusqu’en 2014, année où j’ai déposé le bilan. Quelque part, cela a été un soulagement. » Il est parfois bon de stopper à temps : « Il faut éviter que la persévérance qui est positive ne se transforme en obstination qui est négative », ajoute Eric Vanden Bemden. Elias entend dans les années qui viennent se relancer dans la mode et le secteur artistique.

C’est un peu la même histoire que conte Sandra qui, après avoir tenu un magasin de fleurs, a géré durant dix ans une blanchisserie. « J’ai investi et me suis investie constamment durant toutes ces années sans en retirer de bénéfice », explique-t-elle. « Il est vrai que je devais rembourser mon appartement et que je n’avais pas envie de lâcher. » Aujourd’hui, elle prend le temps de se reconstruire et a décidé de donner une nouvelle orientation à sa vie professionnelle en se tournant vers le développement humain.

Fatima n’a pas eu le temps d’atteindre dix ans pour faire faillite. « Deux semaines après la création de l’entreprise, un dépôt-vente de meubles, mon partenaire a vidé les comptes et disparu. Je ne sais toujours pas ce qu’il est devenu. Je dois avouer que j’ai été probablement trop naïve », reconnaît-elle. Victime d’un associé malhonnête, elle repart dans un nouveau projet avec la création d’une marque de bijoux, baptisée Kanouri, du nom de l’ethnie dont elle est originaire.

Anisia s’est lancée dans la haute couture pour femmes avec beaucoup d’enthousiasme. Elle revient sur son échec en pointant trois causes : « L’isolement par manque de réseau ; un financement insuffisant ; un mauvais emplacement pour mon magasin. » Un triptyque que l’on retrouve souvent parmi les principales causes d’une faillite. Forte de cette expérience malheureuse, elle a redéfini son activité en se concentrant dorénavant sur le conseil en image. C’est un service qu’elle n’avait pas intégré dans son prix, et en soignant son réseau.

Hervé lance son restaurant fin 2007 et se prend quelques mois plus tard la crise financière. « Cela a été un véritable tsunami dont je ne me suis pas relevé », souligne-t-il. « C’était une franchise française qui comptait se développer en Belgique. » Et de poursuivre : « Le choc est dur non seulement professionnellement et financièrement mais également humainement. On est seul. De ce point de vue, ce programme constitue une véritable aide pour se reconstruire. »

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