Ring de Bruxelles : un réaménagement est nécessaire !

9 mars 2018 à 10:03 | 308 vues

Le Ring de Bruxelles (R0) a été aménagé à partir des années 50. À part des travaux d’entretien à intervalles réguliers et l’ajout de plusieurs entrées et sorties, l’infrastructure de base n’a pas été rénovée depuis lors.

L’intensité du trafic n’a jamais cessé d’augmenter. Les entrées et sorties d’autoroute se sont muées en mixers de flux routiers. Le Ring combine un trafic de transit et de nombreux déplacements « de destination », ce qui induit des embouteillages structurels et des situations à risque. De nombreux conducteurs tentent d’y échapper en cherchant des parcours alternatifs via les villes et villages qui jalonnent le Ring. Ces zones résidentielles souffrent depuis de longues années de ces flux parasites. À tel point qu’aujourd’hui, même les bus sont coincés dans les bouchons.

Le Ring de Bruxelles est devenu une barrière entre la capitale et son hinterland. Les cyclistes et piétons sont peu nombreux à risquer la traversée du Ring via un pont ou un tunnel. Les zones vertes qui jalonnent l’autoroute sont à présent morcelées ou brutalement interrompues par des bretelles.

L’accessibilité des entreprises pose également question. La Région bruxelloise poursuit sa croissance, avec de nombreux nouveaux développements à la clé. La fluidité du trafic et une meilleure accessibilité en transports en commun, en voiture ou à vélo sont essentielles aux entrepreneurs.

 

Il est temps de se bouger

La Werkvennootschap flamande et son projet « Werken aan de Ring » veulent créer un meilleur environnement de vie et de travail dans les communes qui jalonnent le Ring Nord. La formule ? Une mobilité qui combine le vélo, les transports en commun et la voiture. Le but est d’obtenir un Ring qui relie plutôt qu’il ne divise. Voici comment :

  • Des investissements dans les infrastructures cyclistes


De nouvelles voies cyclables rapides stimulent les déplacements à vélo. Une combinaison d’éclairage adapté, de pistes larges, de virages amples et d’absence d’obstacles font du vélo une alternative de mobilité à la fois sûre et rapide. L’aménagement de ces voies cyclables rapides, de préférence au milieu de la verdure ou le long de l’eau, en respectant l’environnement, ne fait que contribuer au plaisir d’enfourcher le vélo.

Les chaînons manquants de l’infrastructure cycliste actuelle sont en voie d’élimination. Une nouvelle voie cyclable rapide (la Kanaalroute Noord) reliera Malines à Bruxelles, via le canal à Grimbergen et Vilvorde. D’autres voies cyclables longeront l’A12 à Meise et l’E40 à Zaventem. La voie cyclable rapide le long de la ligne TGV entre Louvain et Bruxelles est en voie de finition. La R22 à Craainhem et Machelen recevra également une infrastructure cyclable de qualité.

  • Des transports en commun mieux développés et plus efficaces

Un tram pour relier l’aéroport au centre ? Beci l’imaginait déjà en 2014, avec ce montage photo.

Le réseau de transport en commun s’étoffe, lui aussi. Trois nouvelles lignes « tram-bus » assurent une liaison rapide entre la périphérie nord et Bruxelles. Le « tram-bus » du Ring relie l’aéroport au Heysel via Machelen, Vilvorde et Grimbergen. Les premiers « tram-bus » du Ring circuleront fin 2018 et leur réseau complet sera opérationnel en 2019.

Le tram de l’aéroport vous conduira rapidement du cœur de la capitale vers Brussels Airport. Et un « sneltram » assurera une liaison rapide entre Willebroek et Bruxelles, le long de l’A12.

  • Scinder le trafic local et trafic de transit, sur le Ring de Bruxelles

La sécurité sur le Ring de Bruxelles passera par la séparation du trafic local et du trafic de transit. Cela diminuera les dangereux mouvements de véhicules qui se coupent mutuellement la route aux entrées et sorties.

Le Ring actuel devient la voie principale, destinée au trafic de transit : celui qui emprunte le R0 pour des trajets plus longs et pour passer d’une autoroute à une autre, par exemple de la E40 en provenance de Gand vers la E40 direction Liège.
La voie principale se complétera de voies parallèles destinées au trafic local : celui qui passe par le R0 avant de prendre une sortie vers une commune bruxelloise ou une commune flamande de la périphérie nord.

  • Un environnement plus agréable dans les zones résidentielles et professionnelles

Le renvoi du trafic « parasite » vers les bandes parallèles du Ring améliorera la sécurité et la qualité de vie dans les zones résidentielles. Le réaménagement des bermes et abords du Ring y contribuera aussi. L’accessibilité accrue des parcs d’entreprises et leur intégration à l’environnement amélioreront les lieux de travail. L’accès aux zones d’activités économiques constitue une priorité du projet « Werken aan de Ring ». Toute modification se fera donc en concertation avec les entreprises.

 

  • Relier les grands espaces verts

La nature devrait aussi bénéficier de ces projets. Aujourd’hui, le Ring de Bruxelles traverse plusieurs vastes espaces naturels, morcelant fortement le territoire de certaines espèces animales sauvages. L’aménagement de liaisons vertes et de passerelles donne davantage d’espace vital à ces autres habitants de la périphérie nord. Même les promeneurs et les cyclistes bénéficieront de ces liaisons entre les environnements naturels.

 

  • Simplifier l’embrouillamini de bretelles

Une vue aérienne révèle la complexité des entrées et sorties du Ring de Bruxelles. Une révision de l’infrastructure dans son entier et la simplification des accès devraient rendre le trafic plus fluide et plus sûr. De plus, des jonctions plus compactes libéreront de l’espace.

 

  • Des échangeurs multimodaux

Il importera, à l’avenir, de pouvoir « switcher » aisément entre vélo, auto et transports publics. Les voitures partagées et les systèmes de location de vélos gagnent en popularité, tandis que se multiplient les combinaisons de divers modes et moyens de transport. Les Park & Ride aux principaux échangeurs faciliteront cette multimodalité.

 

Travailler ensemble au Ring de Bruxelles

La Werkvennootschap est une communauté de projet créée par les autorités flamandes pour la gestion coordonnée de projets de mobilité complexes, tels que le Ring bruxellois. La codécision, la participation et la collaboration de tous les intervenants sont essentielles. Ischa Lambrechts, le responsable mobilité et accessibilité de Beci, collabore étroitement avec Xavier Boonman, son homologue au Voka, pour impliquer et informer activement les entreprises tout au long du projet.

 

L’avis de Beci

Selon Beci, l’infrastructure actuelle n’est pas adaptée au 21e siècle. Depuis la construction du Ring dans les années 1970, le trafic a doublé, tout comme l’activité économique. Le Ring est à présent obsolète, insuffisant et dangereux, avec ses nombreuses entrées et sorties, sans distinction entre le trafic de transit et celui de destination, et sans gestion dynamique du trafic. Les liaisons tangentielles avec les transports en commun sont quasi inexistantes.

Il ne s’agit donc pas d’une extension, mais d’un réaménagement du Ring. Outre la rénovation de 20 km de tracé, des investissements sont en cours pour créer 40 km d’une infrastructure cyclable flambant neuve et 60 km de rails de tram pour le Brabantnet (tram de l’aéroport, tram du Ring et tram express). La rénovation du Ring s’impose, mais ne résoudra pas tous les problèmes de mobilité. Une approche intégratrice qui tient compte des transports en commun, des infrastructures routières et cyclables et de la gestion de la mobilité est dès lors absolument indispensable.

L’adaptation du Ring de Bruxelles permettra de réduire le trafic de délestage dans les deux Régions, ce qui sera tout bénéfice pour la qualité de vie. Quant aux émissions de particules fines, d’azote et de CO2, elles diminueront elles aussi, lorsque le trafic sera redevenu fluide plutôt que de stagner. Les intérêts sont donc communs et le seul objectif à envisager, c’est une situation win-win.

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