Lowco, le « Tinder » de la transition écologique

Par Johan Debière  - 3 avril 2018 à 15:04 | 272 vues

De gauche à droite : Corentin Bastin, Kristoffer Berger et Antoine Ramet, trois initiateurs du projet Lowco.

Tout récemment, nous avons fait la connaissance de Lowco, un chouette projet d’application destinée à soutenir les producteurs, les artisans et les commerçants locaux et low carbon en communauté Wallonie-Bruxelles.

 

Les nouvelles apps proposées sur l’App Store et sur Google Play sont chaque jour un peu plus nombreuses à proposer, qui des solutions pour co-voiturer intelligemment, qui pour ne pas gaspiller des biens de consommation courante, qui pour géolocaliser des dépôts sauvages ou des trous dans la chaussée. Dernier arrivé dans une posture plus ancrée encore dans la transition écologique : Lowco, une application qui permettra de trouver et de soutenir de différentes manières des producteurs, des artisans et des commerçants locaux et low carbon en communauté Wallonie-Bruxelles.

Autour de ce qui n’était qu’une idée née en 2015, Kristoffer Berger, ULBiste touche-à-tout, sorti de sciences-po, rassemble très vite quelques amis aux profils complémentaires. Après avoir décroché une bourse de pré-activité auprès de l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation, il met sur le papier, avec le concours d’un ami anthropologue et d’un autre, travailleur social, ce qui allait devenir Lowco. Ils en finalisent ensuite la conception structurelle avec le soutien, cette fois, de la fédération d’entreprises sociales SAW-B. L’interface, actuellement encore à l’état de projet (ndlr: l’application doit être lancée à l’été 2018), propose quatre rubriques distinctes : alimentation, mode/bien-être, loisirs/formations, maison et services.

 

Lowcoscope : un outil d’évaluation fiable, mais bienveillant

L’application repose sur un module d’évaluation : le Lowcoscope. « Un outil mis au point par notre équipe multidisciplinaire, qui permet à des utilisateurs triés sur le volet, que nous appelons Lowcomoteurs, d’analyser le commerce, l’artisan, le restaurant ou le service proposé à partir d’une grille d’analyse », explique Kristoffer. Attention : aucun rapport avec les critiques parfois délivrées sur des plateformes comme Amazon ou Tripadvisor. « Avec Lowco, on n’est ni dans le complaisant, ni dans le destructeur. Nous souhaitons amener les utilisateurs de Lowco à porter un regard bienveillant sur les commerçants, artisans et producteurs locaux. »

En procédant de la sorte, Lowco contribue à instaurer une symétrie de l’information : le consommateur est informé à propos de la nature des produits et services proposés et, d’un autre côté, il contribue à rendre plus clair le modèle économique que l’on fait vivre en achetant auprès de ce point de vente. Comme Kristoffer Berger se plaît à le répéter, « il s’agit d’une démarche positive dont le but est de provoquer un coup de foudre écologique pour tisser des relations durables entre les consommateurs, les producteurs et les artisans locaux et durables ». Une approche qui l’a parfois amené à présenter Lowco comme le Tinder de la transition écologique.

L’outil permet également aux utilisateurs d’évaluer les propositions des commerçants, artisans et producteurs référencés : lancement d’un nouveau service, d’un nouveau fromage bio, d’un nouveau mode de livraison écologique, etc.

Pour se financer, Lowco compte demander 50 euros aux producteurs et commerçants qui seront repris sur l’application, soit moins de 14 centimes par jour. Lowco s’inscrivant dans une démarche associative, des contacts sont par ailleurs en cours avec les pouvoirs publics afin de trouver des soutiens complémentaires. En outre, le modèle s’appuiera sur le travail bénévole d’une communauté de Lowcomoteurs. « Pour l’heure, alors que nous n’avons pas encore communiqué, nous comptons une vingtaine de Lowcomoteurs qui se sont spontanément proposés pour tester l’application en situation réelle. Ils nous viennent de partout et nous confortent dans cette idée que le projet répond à une vraie attente du consommateur, dans la mesure où la communication n’a pas encore véritablement commencé. » Autre élément encourageant : la campagne de growdfunding (un clin d’œil aux opérations de crowdfunding), initiée fin 2017 par le Village Partenaire, a permis de récolter plus de 10.000 euros auprès de quelque 350 donateurs.

Info : https://lowco.org

 

 

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