Be Circular : le circulaire prend racine à Bruxelles

Par Johan Debière  - 4 avril 2018 à 06:04 | 403 vues

Florence et Aurélie ont fondé Lili Bulk. ©Arctik

Qu’il s’agisse de construction, d’alimentation et d’agriculture urbaine ou encore de mode, la logique circulaire a toute sa place à Bruxelles. La preuve avec la mine réjouie des nombreux lauréats de l’édition 2017 qui préfigure assurément une édition 2018 des plus enthousiasmantes.

 

Les concours ont parfois l’avantage de mettre en évidence des démarches qui, sinon, passeraient peut-être inaperçues. Et quand le concours, organisé par les pouvoirs publics, est doté d’incitants financiers, c’est encore mieux. Cette double carotte, c’est celle dont ont pu bénéficier des entreprises et des projets comme le constructeur Louis De Waele, qui a vu se mobiliser ses équipes des chantiers Horta pour le siège de l’ONSS et du Logis Floréal à Watermael-Boitsfort dans un beau projet circulaire. Dans un autre gabarit, on peut aussi parler d’Isatio et de Skyfarms. Porté par Maria Isabel Nogueras Vila, le premier projet propose des vêtements de qualité avec des chutes de tissus récupérées auprès de l’industrie textile. En 2017, ce réflexe a permis d’éviter pas moins de 1.600 kg de déchets (voir Bruxelles Métropole n°52 d’octobre 2017). Skyfarms propose quant à elle son savoir-faire dans le domaine de l’aménagement de potagers dans des espaces urbains inattendus : toits, terrasses etc.

 

Lili Bulk : cas d’école

« Parmi les autres projets que j’ai bien aimés, il y a Rotor, No Waste,  Jacques Delens et Lili Bulk », souligne Laura Rebreanu, conseillère environnement chez Beci. Créée par Florence Posschelle et par Aurélie Manzi, Lili Bulk conjugue deux passions : celle de Florence pour le zéro déchet et celle d’Aurélie pour l’alimentation durable. « L’idée était alors de créer une épicerie en ligne zéro déchet, de vrac prêt à l’emploi », explique Florence. Rejointes depuis par Frédéric Hebbelinck, Florence et Aurélie attachent évidemment toujours la même importance à l’alimentation durable, bio, saine et développée autant que possible en circuit court – mais la question du contenant et celle du « how to » ont aussi pris de l’importance. Florence : « Aujourd’hui, nous fonctionnons avec un système de bocaux consignés à 1 ou 2 euros que les consommateurs rendent aux commerces affiliés. Une fois vidés de leur contenu, les bocaux sont ramenés en magasin et expédiés à la ferme Nos Pilifs, une ETA (Entreprise de Travail Adapté, ndlr) qui est récemment devenue notre partenaire logistique. Là, les bocaux sont lavés, séchés et re-remplis avec nos aliments ».

Pour boucler la boucle, l’épicerie ouverte au sein de l’ETA peut compter sur un réseau de distribution déjà bien maillé sur le territoire de la Région bruxelloise. « Une dizaine de points de vente sont déjà répertoriés et viennent en renfort du site de commerce en ligne. Notre idée est de permettre au consommateur d’accéder à tous les produits dont il peut avoir besoin au quotidien pour son alimentation : céréales pour le petit déjeuner, riz et pâtes, fruits secs, graines, etc., sans oublier les mix repas », précise Florence. Sur ce dernier point, Lili Bulk marque un paquet de points en matière circulaire : « Vendus en ligne ou dans les différents points de vente qui nous représentent, ces mix repas permettent aux gens d’avoir sous la main tous les ingrédients nécessaires à la confection d’un repas prêt à l’emploi, très simple à cuisiner. Une fois le bocal vidé de son contenu, il peut être ramené dans un point de vente ».

Clairement inscrit dans la logique circulaire, ce modus operandi remplace avantageusement les plats bio conventionnels, encore souvent conditionnés dans des emballages en plastique à usage unique. En novembre dernier, c’est donc avec une joie non dissimulée que les trois associés ont vu leur projet mis à l’honneur par Be Circular. Outre la reconnaissance, Lili Bulk bénéficiera d’une subvention et d’un accompagnement public. « Ce double soutien nous permettra de consolider notre base pour devenir rentables et envisager, pourquoi pas, de dupliquer notre logique circulaire dans d’autres parties du pays voire à l’étranger. » Quand on sait que le soutien financier spécifique de la Région peut aller de 30.000 à 200.000 euros selon les catégories, cela donne envie d’inscrire le 15 mai 12h, date ultime du dépôt des projets, à son agenda…

Info : www.lili-bulk.com ; www.circulareconomy.brussels

 

 

 

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