Oser rêver à l’entreprenariat au féminin

Par Laura Bacci  - 4 avril 2018 à 09:04 | 448 vues

Le 28 février dernier, Beci ouvrait ses portes à un public différent. Treize femmes d’âges, de religions et de pays d’origine divers ont été accueillies pour suivre un cours de marketing. Elles suivent une formation de 11 mois chez Interface3 pour devenir des employées commerciales bilingues.

 

Interface3 est un centre de formation bruxellois pour femmes en recherche d’emploi. Sa mission est de favoriser l’égalité des chances hommes-femmes sur le marché du travail. Chaque année, près de 400 demandeuses d’emploi y suivent une formation, courte ou longue, d’initiation ou de spécialisation. Le taux d’insertion à la sortie des formations qualifiantes ?  Un très impressionnant 72 % en 2016 ! Le prix pour les étudiants ? Zéro. Ces formations sont gratuites grâce au soutien de nombreux partenaires, dont Actiris, Bruxelles Formation, la Cocof et le Fonds social européen, parmi beaucoup d’autres.

Les participantes sont arrivées chez Beci avec un peu d’appréhension sur ce qui les attendait ce jour-là. Dehors, il faisait un froid glacial ; elles entraient dans des locaux inconnus et n’avaient jamais étudié le marketing. Elles avaient entendu dire que c’était une matière très théorique et, alors qu’elles s’apprêtaient à passer huit heures à écouter et noter sur leurs cahiers, ce fut tout le contraire…

Les présentations ont révélé la richesse de ce groupe : des immigrées de première ou deuxième génération venant du Maroc, de Turquie, du Venezuela, de Moldavie, du Congo, de Colombie et du Sénégal. Mais aussi de vraies Bruxelloises. Indépendamment de leurs origines, elles se sentent toutes Belges.

Tout aussi étonnant, les écarts d’âge : certaines apprenantes avaient vingt ans alors ; d’autres cinquante. Il y avait dans ce groupe de jeunes femmes avec déjà des enfants, d’autres ayant déjà travaillé, des femmes à la recherche de leur premier boulot, des femmes ayant perdu leur travail ou en recherche d’un poste dans un autre domaine, ou de jobs avec des horaires plus convenables pour leur permettre de mieux s’occuper de leur famille.

Interrogées sur l’entreprise qu’elles rêvaient de créer si elles avaient les fonds nécessaires, elles ont paru stupéfaites : « Créer une entreprise ? Nous ? C’est impossible. C’est inimaginable ! » Et pourtant, à la fin de la journée, elles avaient toutes imaginé leur entreprise en réfléchissant au produit/service, au prix, à la promotion, aux modalités de vente, au marketing via les réseaux sociaux, au budget nécessaire pour démarrer, à comment récolter des fonds nécessaires pour créer une start-up via le crowdfunding, etc. Elles ont même fait des analyses de leur public-cible, et certaines ont choisi le nom de leur société/marque et ont même fait des esquisses de ce que serait leur logo.

Parmi les projets, il y avait une crèche bilingue (français-anglais), un magasin de baskets pour fashionistas, des produits de beauté à base de traitements naturels pour des personnes avec des peaux atypiques, un bar à vin, un atelier de haute couture, un magasin de parfums, une gamme de prêt-à-porter en tissu wax africain, une asbl vendant des objets de deuxième main pour financer l’apprentissage de l’écriture et de la lecture pour adultes analphabètes, un restaurant russe, un service de livraison d’apéritifs à domicile, un salon de coiffure, une épicerie bio et une collection de maquillage végan.

Tarik Hennen, cofondateur de Smartflats et Smartwork, et expert dans le développement de la stratégie digitale, est venu rendre visite à la classe pendant la journée. Il a donné des conseils aux étudiantes sur comment démarrer et, surtout, il les a prévenues sur les pièges à éviter au début du parcours dans l’entreprenariat. Avec son grand sens de l’humour et son pragmatisme, Tarik a partagé sa longue et active expérience en tant qu’entrepreneur.

Au fur et à mesure que chaque étudiante présentait son projet en classe, les autres élèves posaient des questions pertinentes, donnaient de nouvelles idées, partageaient du feedback constructif et, surtout, s’encourageaient les unes aux autres. On voyait la fierté dans les yeux, une nouvelle assurance et confiance en elles-mêmes et en leurs idées, qui les rendait plus pétillantes et qui leur donnait de la prestance. Une nouvelle allure est apparue chez chacune d’elles. À la fin de la journée, elles sont parties avec la tête pleine d’idées, la sensation d’avoir d’autres opportunités qui peuvent s’offrir à elles, et de bonnes bases en marketing !

 

 

Laure Lemaire, Directrice d’Interface3 : « Cela constitue une réelle plus-value pour nous de travailler avec des acteurs comme Beci pour que les étudiantes comprennent mieux le fonctionnement des entreprises et, pourquoi pas, qu’elles puissent un jour lancer leur propre business. Il est aussi capital que les entreprises bruxelloises ouvrent leurs portes aux personnes ayant un parcours de formation atypique. Le retour des employeurs qui les engagent est en général très positif car leur parcours leur a appris la débrouillardise et l’ouverture d’esprit. »

 

 

Sara D. : « La visite à la Chambre de Commerce de Bruxelles m’a permis de répondre à beaucoup de mes questions et de récolter énormément d’information. Le lieu idéal pour démarrer un beau projet. »

 

 

 

 

 

Mélanie R. : « La mise en situation a été très instructive. Nous nous sommes nourries des idées de chacune. Merci pour cette journée très enrichissante. »

 

 

 

 

 

Anaïs V. : « Ce que j’ai apprécié le plus, ce fut le cours où on nous expliquait le fonctionnement du marketing, avec l’idée d’une société que nous pourrions créer. De plus, avoir la présentation d’une personne qui en fait son métier et qui donc est entrepreneur, nous a permis de mieux nous rendre compte des démarches à suivre et des différentes réflexions à avoir. »

 

 

Brigitte De K. : « Nous avons reçu les clefs de départ pour le démarrage d’une entreprise. Comment voir clair entre un projet, un rêve et les demandes du marché. Savoir définir son public cible, comment se faire connaître, pourquoi est-il important de bien choisir la place, physique ou virtuelle, où notre entreprise pourra exister avec les plus grandes chances de réussite. Comment définir son environnement, ses prix, et quelle image de marque transmettre à la clientèle… Bref, nous donner envie d’envisager de voler de nos propres ailes, totalement ou en partie, sous forme complémentaire, mais ne pas prendre son envol sans savoir qu’il existe des acteurs comme Beci, qui sont là pour accompagner le candidat entrepreneur tout au long de la vie de son entreprise. »

 

 

Laurianne K : « Chacune de nous a été mise au centre de l’action en entreprise. Cette méthode était très enrichissante. Elle a révélé bien des atouts et talents de chacune. Personnellement, j’ai non seulement bien assimilé mais aussi revu mes perspectives professionnelles. »

 

 

 

Interface3

Interface3 est l’un des principaux centres de formation continue et organisme d’insertion socioprofessionnelle de Bruxelles. Depuis sa création en 1986, Interface3 a formé plus de 6000 femmes.

Plus d’info : Interface3 asbl – 02 219 15 10, www.interface3.be

 

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