« Le bonheur des employés augmente les performances de l’entreprise »

Par Géry Brusselmans  - 18 mai 2018 à 11:05 | 109 vues

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Salvatore Curaba, CEO de la société informatique Easi, développe une vision atypique et collaborative du management. Son entreprise a obtenu ces quatre dernières années le prix « Best Workplaces ». Explications.

Salvatore Curaba, managing director of EASI, editor of business software and apps (Belgium, 17/10/2014)

Easi n’a cessé de croître depuis ses débuts en 1999. En deux mots, quelles sont les activités de votre entreprise ?

Easi est une société informatique basée à Nivelles, qui dispose de bureaux situés entre autres à Gand, Louvain, Liège et Paris. Nous développons des programmes informatiques, dont un outil de gestion de comptabilité et un outil de gestion de mails. La société compte actuellement près de 200 employés ; nous engageons chaque année environ 20 nouvelles personnes et nous rachetons une entreprise tous les deux à trois ans. Nous sommes une des rares sociétés présentes tant en Wallonie qu’en Flandre. Grandir n’est pas une obsession et nous n’avons pas la prétention de proposer un produit révolutionnaire. Nous fonctionnons surtout par projets.

 

Easi a reçu quatre fois de suite le prix « Best Workplaces » et vous êtes connu pour miser sur le bonheur de vos employés. En quoi cela consiste-t-il ?

J’estime que le bonheur des employés augmente les performances de l’entreprise. Si tous les collaborateurs sont dans le même état d’esprit, tout le monde tire la société vers le haut. Le succès se produit quand tout le monde participe et se sent concerné, pas seulement moi et le management. Le bonheur n’est pas le seul axe. J’adore partager, faire confiance et être dans la bienveillance. Je suis par contre très exigeant et je peux être très dur.

 

Concrètement, que proposez-vous à vos employés ?

Quand nous recrutons une personne de 22 ans avec un haut potentiel, nous donnons notre énergie pour le former et le faire évoluer. Pour des postes à haute fonction, nous n’irons jamais chercher ailleurs que dans l’entreprise. Le collaborateur évolue, se sent ainsi plus concerné. Nous y gagnons deux fois. Pour vous donner un autre exemple, il y a sept personnes dans mon comité de direction, dont cinq ont commencé leur carrière chez Easi voici quinze ans.

 

Certains employés sont également actionnaires. Une manière de leur donner le sentiment d’être encore plus concernés ?

Un employé, pour autant qu’il ait travaillé au moins deux ans chez Easi et réussi un examen sur ses valeurs humaines, peut prendre part à l’actionnariat. Peu importe sa fonction. Nous devons également sentir que la personne veut terminer sa carrière chez nous. Sur près de 200 employés, il y a 49 actionnaires. Aujourd’hui, je reste actionnaire à majorité absolue, à savoir 63 %. Je ne serai sans doute plus actionnaire majoritaire d’ici quelques années. Cela peut sembler bizarre à dire, mais je ne pourrais pas être fier de moi si j’avais cette ambition de garder la majorité absolue.

 

Dans vos conférences, vous évoquez également les piliers du succès d’Easi. Quels sont-ils ?

Nous voulons recruter des gens qui ont des valeurs humaines. Ce n’est pas parce qu’une personne est compétente que nous allons la recruter. Ces valeurs sont le respect, l’esprit positif, la loyauté, le sens des responsabilités, l’égalité ou le partage. Je partage moi-même toutes les actions, le bonheur ou encore la connaissance. J’aime bien sortir de ma zone de confort et me lancer de nouveaux challenges.

 

Vous étiez footballeur professionnel avant de devenir chef d’entreprise. Dans quel contexte avez-vous opéré ce changement ?

J’ai arrêté le football en tant que semi-professionnel à l’âge de 25 ans. J’ai souvent privilégié mon métier à ma carrière sportive, ce qui peut sembler paradoxal. À 20 ans, j’ai passé mon graduat en informatique et je suis devenu commercial. À 35 ans, je travaillais dans une société internationale (IBS, ndlr) et j’allais être nommé directeur du site de Bruxelles. J’ai choisi de fonder ma propre société. J’avais envie de prendre ce risque. J’ai la chance d’être naturellement un leader et j’ai toujours eu envie d’être responsable des gens qui m’entourent.

 

Engagement, bonheur au travail et croissance

Venez écouter Salvatore Curaba lors d’une conférence-lunch.

Quand ? Le 8 juin, de 11 à 14h.

Où ? Beci, 500 av. Louise, 1050 Bruxelles

Info et inscriptions : trainings@beci.be ; 02 648 50 02.

www.500.be

 

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