Enfin un préaccord sur le budget mobilité ! Mais le temps presse !

Par Etienne Rigo (Octa+ et Modalizy) - 22 mai 2018 à 09:05 | 408 vues

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Le projet de loi concernant l’instauration d’une allocation de mobilité en remplacement d’une voiture de société (cash for car) a été approuvé majorité contre opposition.  La loi ne tardera plus à être publiée au Moniteur belge, avec une application rétroactive au 1er janvier 2018.

Etienne Rigo. D.R.

Mais la bonne nouvelle que nous attendions avec impatience est le préaccord du gouvernement fédéral pour l’alternative au cash for car, à savoir le budget mobilité. Cette alternative, recommandée par le Groupe des Dix, préconise de substituer à la voiture de société un budget mobilité que l’employé utiliserait à sa guise pour se déplacer au moyen de transports durables : l’achat de vélos (électriques), de mono-roue, de scooters électriques, l’utilisation de voitures ou vélos en systèmes de partage, l’abonnement aux transports en commun, le stationnement à proximité de la gare, le covoiturage ou encore l’utilisation de taxis agréés.

Il s’agit d’un premier pas concret vers la décongestion des routes belges. Car rappelons-le, le nombre de voitures de société ne cesse d’augmenter : selon les derniers chiffres de la Fédération belge de l’automobile (Febiac), 292 734 nouvelles voitures de société ont été enregistrées en 2017, soit une hausse de 3,2 % par rapport à 2016. Et ce, dans un pays où les embouteillages coûtent à l’État entre 1 et 2 % du PIB, d’après l’OCDE.

Nous ne pouvons donc que saluer l’initiative du gouvernement que nous attendions depuis plus d’un an. En effet, une étude récente du bureau Traject estime que l’adoption d’un budget mobilité, proposant un large éventail de moyens de transport et intégré dans un plan de déplacements d’entreprise, permettrait de réduire de 15 % les déplacements en voiture. L’adoption au sein de notre propre groupe d’un plan de mobilité conforte ces estimations. Nous constatons clairement que de plus en plus d’employés changent progressivement leurs habitudes pour privilégier des moyens et services de transport alternatifs à la voiture : train, tram, bus, voiture partagée, vélo, etc.

 

Veillons à ne pas perdre un an !

Mais attention à ne pas perdre trop de temps ! L’accord final devra expliciter de manière  détaillée le fonctionnement du budget mobilité. Ainsi tous les acteurs impliqués, à savoir les employeurs, les directeurs des ressources humaines, les comptables, les secrétariats sociaux et j’en passe, devront comprendre l’accord et le mettre en place. Le budget mobilité fonctionnant sur base annuelle et de manière difficilement rétroactive, il ne faut en aucun cas perdre un an de plus. Ma recommandation aux politiques est de ne pas rester sur ce préaccord, mais de le finaliser. Pour qu’il soit opérationnel au 1er janvier 2019, il est plus que grand temps !

Une autre recommandation est d’impliquer les quatre opérateurs des transports publics et surtout de veiller à ne pas inclure dans le budget mobilité les seuls abonnements. Les sociétés de transports publics, en collaborant étroitement, peuvent faire bouger les choses. Elles doivent s’associer afin de créer un système moderne et ouvert qui facilite aussi l’utilisation occasionnelle, comme le système d’e-ticketing par exemple.

En effet, pour que des changements de mentalité puissent s’opérer, il faut surtout pousser à l’essai, donner au travailleur la possibilité de faire l’expérience de la mobilité alternative et lui en présenter un éventail complet de possibilités. Il sera dès lors incité à tester les différentes solutions et à adopter celles qui collent le mieux à ses besoins. Plutôt que de préconiser l’achat d’un abonnement, que le travailleur n’utilisera peut-être pas, favorisons plutôt une utilisation à la carte… qui débouchera peut-être sur l’achat d’un abonnement.

Grâce à cet accord sur le budget mobilité, le gouvernement pose un geste fort sur le plan environnemental. C’est un premier pas dans la bonne direction, surtout pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Mais  veillons à ne pas perdre un an !

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