Entreprises et douanes : il faut qu’on se parle

Par Emmanuel Robert  - 22 mai 2018 à 08:05 | 362 vues

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Les exportateurs belges sont-ils prêts pour le Brexit ? Sont-ils bien informés du Ceta ? Disposent-ils d’informations claires et complètes sur les procédures douanières ? Ces questions, et d’autres, étaient au cœur d’une enquête menée par Beci en prélude au Forum Douanes régional. Conclusion : les entreprises sont demandeuses d’une meilleure communication de la part des services douaniers.

 

Le 27 mars dernier se tenait la 2e édition du Forum Douanes bruxellois, organisé conjointement par Beci et les services douaniers. Une rencontre entre les entreprises bruxelloises et les services des douanes, avec pour objectif d’instaurer le dialogue et de cerner d’éventuels problèmes, tandis que le nouveau CDU (le Code des Douanes de l’Union européenne) entre progressivement en vigueur : il sortira pleinement ses effets d’ici la fin 2020.

Pour préparer cette rencontre, Beci a consulté des entreprises bruxelloises actives à l’international. Un échantillon limité mais représentatif, composé de quelques grandes entreprises et de PME exportatrices, interrogées sur leur perception des procédures douanières et sur quelques questions d’actualité internationale, dont le Brexit et le Ceta.

Sur ces deux sujets, un constat étonnant : les entreprises s’estiment généralement mieux informées du Brexit, dont les termes sont encore en négociation, que du Ceta, le traité de libre-échange Europe-Canada, lequel est déjà en vigueur. « Le paradoxe n’est qu’apparent », estime Jean-Philippe Mergen, directeur Enterprise Europe Network chez Beci. « C’est probablement le reflet des intérêts des entreprises bruxelloises, beaucoup plus concernées par le commerce avec la Grande-Bretagne qu’avec le Canada. La Belgique est d’ailleurs particulièrement exposée aux risques du Brexit ; les études indiquent que nous serons le 2e pays européen le plus impacté, après l’Irlande. Pour certaines grandes sociétés belges, cet impact s’évalue en dizaines de millions d’euros. Il est logique que nos entreprises y soient attentives. »

Dans ce contexte, Jean-Philippe Mergen s’inquiète des réponses reçues à une autre question : seule une entreprise sur trois affirme avoir pris les mesures nécessaires pour préparer le Brexit. « La sortie de la Grande-Bretagne du marché unique, c’est dans un an ! Il est temps pour les entreprises d’analyser en profondeur leur chaîne de valeur et leurs processus de production pour situer les risques et les prévenir. Si vous exportez des biscuits vers le Royaume-Uni, vous êtes forcément concerné. Mais vous l’êtes aussi si vous importez du beurre anglais pour fabriquer vos biscuits : il pourrait vous coûter plus cher l’an prochain. Et vous l’êtes encore si vous faites appel à un laboratoire de Manchester ou de Birmingham pour tester vos produits et vous faire certifier. Comment évolueront les prix des prestations de ce laboratoire ? Les normes britanniques seront-elles demain différentes des normes européennes ? Ce labo sera-t-il encore agréé pour le marché UE ? Il vous faudra peut-être prévoir des alternatives. L’analyse de la chaîne est très importante. »

 

Un centre d’appel douanier ? Bonne idée !

Autre enseignement de l’enquête : on pourrait croire les entreprises bruxelloises sensibles aux avantages du transport multimodal, dans une ville à la fois connectée à la route, au rail,  à la voie d’eau et aux voies aériennes, mais elles ne semblent guère y déceler une plus-value. « C’est un constat étonnant, mais il est là. Peut-être est-ce lié à l’impact des transbordements ? Ou à l’inefficacité relative de certains modes de transport à l’international ? »

Enfin, l’enquête met en évidence la demande des entreprises, en attente d’une meilleure communication et d’un meilleur service client de la part des douanes. Ainsi, elles sont très majoritairement favorables à la création d’un centre d’appel par l’Administration Générale des Douanes et Accises (AGDA). De même, la moitié de nos interlocuteurs souhaitent des éclaircissements sur l’auto-certification en matière d’origine préférentielle (le système Rex, sur lequel nous reviendrons dans un prochain article).

« Des efforts importants ont déjà été faits », reconnaît Jean-Philippe Mergen. « Il existe par exemple un point de contact avec les clients au sein des services douaniers. Mais il reste un potentiel d’amélioration. »

Info : Jean-Philippe Mergen –Tél. 02 210 01 77, jpm@beci.be

Contact douanes régional : da.klama.gc.bruxelles@minfin.fed.be

<NL : da.klama.kb.brussel@minfin.fed.be>

 

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