L’élargissement du Ring de Bruxelles ?

Par Peter Van Dyck  - 22 mai 2018 à 14:05 | 483 vues

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Le gouvernement flamand entend réaménager le grand Ring de Bruxelles l’année prochaine. Ses plans prévoient une séparation des trafics local et de transit. Bref, un élargissement du Ring. Le développement économique bruxellois a-t-il besoin d’un tel chantier ? Et quel en sera l’impact sur l’environnement et la santé publique ?

 

Pour

Jean-Paul Van Avermaet, managing director de G4S et président du Voka Metropolitan

La modernisation du Ring de Bruxelles est une nécessité. L’infrastructure date des années 70 avec, depuis lors, quelques aménagements. Comparez les statistiques de trafic d’il y a 40 ans avec celles d’aujourd’hui : vous comprendrez que des changements s’imposent. Prenons le réaménagement à bras-le-corps en scindant les flux locaux et de passage. Ces travaux sont essentiels pour la sécurité, surtout sur les tronçons de l’E40 vers la côte et vers Liège. Sur ce tracé, il y a de nombreuses entrées/sorties d’autoroute ; de quoi susciter de nombreux mouvements dangereux. Les entrées et sorties ralentissent les flux, augmentent les accidents – et donc les encombrements. La saturation du Ring encourage le trafic parasite via les communes avoisinantes : Jette, Wemmel, Vilvorde, Zaventem, Woluwe et Evere.

Pensons aux alternatives. Convaincre 10 % des automobilistes de ne plus utiliser leur voiture améliore immédiatement la fluidité. Les entreprises établies à proximité du Ring demandent que les autorités définissent des solutions. Puisque les travaux au Ring provoqueront énormément de nuisances, ces alternatives devraient être au point avant le début des chantiers. Une enquête menée auprès du personnel de G4S indique qu’un quart des collaborateurs envisagent les transports en commun, les vélos électriques ou le carpooling. Les choses bougent : trois nouvelles lignes de tram sont à l’étude et des voies cyclistes rapides vont être aménagées.

À long terme, il faudra à la fois mettre en œuvre ces alternatives et élargir le Ring pour résoudre la congestion du trafic dans et autour de Bruxelles. Pensons aux conséquences de projets tels que Néo ou un nouveau stade de football – des projets difficilement refusables d’un point de vue économique. Ne rien changer, c’est opter pour le blocage. La logistique est un employeur majeur en région bruxelloise (en témoignent Brucargo et le nouveau centre de tri postal Bruxelles X). Ils ne peuvent pas fonctionner sans trafic fluide sur le Ring. Son élargissement est donc indispensable pour prévenir un ralentissement économique.

 

Contre

Marina Dehing, conseillère communale ProGanshoren

Une étude commandée par le gouvernement bruxellois en 2013 conclut qu’un élargissement du Ring provoquerait l’arrivée de 54.000 voitures supplémentaires sur le territoire bruxellois. Il faut s’attendre à une augmentation du trafic, notamment dans la perspective de grands projets commerciaux tels que Néo et Docks Bruxsel. L’étranglement de l’accès à l’E40 via l’avenue Charles Quint subsistera, puisque ce tronçon ne sera pas élargi. Nous demandons depuis longtemps la prolongation du tunnel Léopold II sous l’avenue Charles Quint, qui retrouverait sa beauté d’antan. Nous craignons donc que le nombre de véhicules sur le Ring ne fera qu’augmenter, alors que la solution réside dans l’adoption de moyens de transport alternatifs. Les plans du gouvernement flamand prévoient des lignes de tram et davantage d’infrastructures cyclistes, mais ils accordent trop peu d’attention au changement de mentalité nécessaire à un mobility shift.

Il y a d’autres façons de combattre les embouteillages. Récemment encore, un expert affirmait qu’une limitation de vitesse à 90 km/h nous éviterait beaucoup d’encombrements, tout en réduisant la production de particules fines. Voilà qui mérite au moins d’être examiné. L’ennui, c’est que nous ne disposons pas d’informations objectives sur l’impact que peut avoir le trafic automobile sur notre environnement. C’est pourquoi nous demandons des appareillages de mesure. Je sais que certaines écoles, dont le Collège du Sacré-Cœur de Ganshoren, s’inquiètent de la pollution de l’air. Des communes telles que Jette, Zellik et Ganshoren aimeraient que l’on combine économie et écologie. Nous souhaitons une meilleure concertation entre les régions et davantage d’implication des communes. Nous avons aujourd’hui l’impression que tout se décide sans nous. Nous ne savons rien des nuisances que provoquerait un tel chantier. Les travaux à l’avenue de l’Exposition ont déjà généré d’importants flux de trafic parasite et des pertes de chiffre d’affaires pour les commerçants. Les chantiers ont engendré de gros désordres et la communication laissait à désirer.

 

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