Faillites et santé économique des restaurants en Belgique : impacts de la black box ?

23 mai 2018 à 11:05 | 306 vues

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Après les faillites retentissantes des 11 restaurants bruxellois des frères Beyaz, le bureau d’information business Graydon et la Belgian Restaurants Association (BRA) ont mené une analyse approfondie sur la santé économique des restaurants en Belgique.

Premier constat de Graydon : le nombre de restaurants en activité tend à augmenter sur les trois dernières années. C’est le cas en Flandre (+ 2,5 % entre 2015 et 2017), en Wallonie (+ 1 %), mais pas à Bruxelles où le nombre de restaurants chute de 3,5 % sur la même période. Environ la moitié des fermetures, de l’ordre de 500 restaurants par an, est la conséquence d’une faillite. Des chiffres relativement stables sur les trois années étudiées, quoique la capitale se révèle ici aussi plus fragile, avec un pic dès novembre 2016, qui perdure toute l’année 2017, et que la chute des 11 restaurants du groupe Beyaz n’arrangera pas pour le premier trimestre 2018.

L’analyse des experts de Graydon par rapport à cette exception bruxelloise est claire : elle n’est que très faiblement imputable à l’instauration de la Caisse enregistreuse avec module fiscal (dite « black box »). Elle est également moins liée qu’on a pu le lire aux conséquences des attentats, du piétonnier, et des fermetures de tunnel.

Simplement, les commentaires un peu trop alarmistes, voire les fausses informations qui ont circulé au printemps et à l’été 2016 sur une prétendue hécatombe dans les restaurants bruxellois, ont provoqué un phénomène de prophétie autoréalisatrice : les fournisseurs, inquiets, ont serré les délais de paiement pour tout le secteur à Bruxelles et les structures les plus fragiles s’en sont retrouvées asphyxiées. Le tribunal de Commerce de Bruxelles a donné le coup de grâce.

En tant qu’association représentative du secteur des restaurants en Belgique, la BRA formule plusieurs revendications, concernant notamment la lutte contre la concurrence déloyale, en veillant à ce que la « black box » soit activée par tous. À cette effet, elle recommande de donner priorité aux incitants fiscaux et à l’autorégulation du secteur plutôt qu’aux sanctions et aux contrôles. La BRA demande au ministre des Finances de clarifier les règles du jeu : seul un ticket TVA issu d’une caisse enregistreuse avec module fiscal doit être reconnu comme preuve valide d’une dépense professionnelle déductible. Elle demande aussi la simplification du ticket final délivré au client. Enfin, la BRA continue à revendiquer des baisses de charges sociales ONSS pour les employeurs du secteur, une diminution de la TVA pour les boissons non-alcoolisées et plus de flexibilité dans le temps de travail.

Info : www.belgianrestaurantsassociation.be

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