« Bruxelles Formation est au service des employeurs qui engagent »

Par Cédric Lobelle  - 28 septembre 2018 à 09:09 | 145 vues

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Olivia P’tito, à la tête de Bruxelles Formation depuis cinq ans, a été reconduite fin juin dans ses fonctions par le gouvernement bruxellois pour un second mandat. Elle se penche sur le bilan d’une année 2017 « plutôt positive », en gardant en tête les objectifs du contrat de gestion 2017-2022. Et surtout, la directrice-générale tient à faire passer un message aux entreprises et employeurs bruxellois : Bruxelles Formation est leur partenaire.

« Notamment, nous construisons, avec les entreprises, des programmes de formation sur mesure pour celles qui engagent », lance Olivia P’tito. « C’est tout spécialement vrai pour les employeurs qui souhaitent recruter dans les métiers en pénurie, ou simplement dans des fonctions pour lesquelles ils ne trouvent pas de candidat. Nous couvrons 80 % des  métiers critiques. En 2016, 3.000 chercheurs d’emplois ont été formés dans ces métiers. Je demande ceci aux employeurs : regardez parmi nos stagiaires, nous avons peut-être un candidat qui vous convient. Et si ce n’est pas le cas, nous pouvons, si c’est faisable, proposer une formation sur mesure. »

Formations sur mesure pour les entreprises

L’an dernier, diverses collaborations avec des acteurs économiques ont abouti à des engagements fermes. « Ainsi, pour Keolis (ndlr : le plus grand opérateur privé belge dans les transports de passagers), nous avons formé un groupe de chauffeurs de bus et cars, capables de parler néerlandais. Tous ont été engagés. » Pour la STIB, Bruxelles Formation a formé des agents de sécurité et prévention, en partenariat avec Actiris et VDAB Bruxelles. Securitas et G4S ont ensemble recruté 250 personnes en collaboration avec Bruxelles Formation.

« Il y a également ULB-Érasme, qui avait besoin de secrétaires médicales avec des compétences en gestion du stress, des conflits et communication positive pour les contacts avec les patients. Nous leur avons trouvé des candidates et fourni la formation sur ces compétences particulières dans des locaux d’Érasme, qui se chargeait de la partie médicale.» 

Ou encore, pour Audi Forest, désireux d’équilibrer son recrutement hommes-femmes : « Nous proposons depuis quelques années une formation clé sur porte de techniciennes de maintenance, qui aboutissent systématiquement à des engagements. » Autre exemple : Veolia (ex-Vivendi Environnement), qui cherche des électroniciennes industrielles. « Veolia est notre partenaire et propose, via le système FPIE (Formation Professionnelle Individuelle en Entreprise), des stages de début et fin de formation sur ses chantiers, et qui se transforment en job. Le deal, avec le FPIE, c’est que l’employeur bénéficie d’avantages financiers importants afin de former quelqu’un ayant déjà des compétences, à un poste qui correspond aux besoins de l’entreprise. En échange, il doit engager cette personne pour une durée équivalente à la durée de la formation. »

Au sein de ses pôles, avec ses divers partenaires, via des stages ou formations en entreprise ou le programme First (géré par Actiris depuis l’an dernier), Bruxelles Formation a participé en 2017 à la formation de 16.001 stagiaires chercheurs d’emploi et 4.148 stagiaires travailleurs. Dans ses formules « sur mesure » pour les entreprises, 2.000 stagiaires ont été formés, dont 1.700 chercheurs d’emploi et 300 déjà actifs dans un métier, par exemple inscrits dans des formations du samedi. « Et parmi ces chercheurs d’emploi, environ 300 personnes ont été formées et engagées dans le cadre des FPIE. Pour 2020, notre objectif est de monter à 2.000 FPIE par an. Et plus largement, nous voulons former 20.000 stagiaires chercheurs d’emploi. »

 

 « Arrêtons le Bruxelles bashing »

Olivia P’tito pointe un phénomène qui pénalise aussi bien les entreprises que les chercheurs d’emplois : « Les compétences acquises en amont ne sont pas assez reconnues. Arrêtons le Bruxelles bashing. Saviez-vous qu’en 2014, 47,5 % des Bruxellois de la tranche 30-34 ans était diplômés du supérieur, alors que l’objectif européen est de 40 % ? Et qu’en 2017, 43 % des demandeurs d’emploi inscrits chez Actiris avaient un diplôme non reconnu en Belgique ? Principalement des citoyens européens et dans des métiers qui intéressent nos entreprises. C’est un gâchis. La fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté Flamande doivent régler ces problèmes d’équivalence et de reconnaissance des diplômes. »

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