Baromètre politique : toujours la mobilité

Par  - Emmanuel Robert  - 3 octobre 2018 à 07:10 | 376 vues

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Tous les six mois, Beci sonde ses membres et sympathisants sur leur appréciation des politiques publiques et sur leurs priorités. En décembre 2017, nous pensions que la mobilité avait atteint un sommet absolu dans les préoccupations des entrepreneurs. Le baromètre de juillet[1] prouve que nous nous sommes trompés. 

1.     Politique : temps maussade

Pas de grands bouleversements dans l’appréciation des ministres bruxellois par rapport à notre sondage de décembre, mais quelques ajustements : Didier Gosuin (Économie et Emploi) talonne désormais Guy Vanhengel (Finances) pour la première place. Le trio de tête est complété par Céline Fremault (Environnement et Énergie). À l’autre extrémité du classement, Fadila Laanan (Propreté publique) cède la lanterne rouge à Pascal Smet (Mobilité et Travaux publics), sans doute victime de l’exaspération face aux nombreux chantiers dans la capitale.

 

Évaluation ministres

 

À huit mois des élections, peu de changement également dans les cotes de confiance accordées aux gouvernements, toujours faibles : 14 % de « tout-à-fait ou plutôt confiants » vis-à-vis du gouvernement régional (12 % en décembre 2017). Mieux noté, le fédéral obtient 38 % (37 % en décembre).

 

Confiance-gouvernement

 

2.     Les acteurs régionaux : baromètre variable

Après Impulse, qui reste bon premier, le VDAB passe à la deuxième place du classement. La STIB progresse et occupe désormais la troisième marche du podium, résultat d’autant plus remarquable que la STIB est un service tout public qui ne s’adresse pas spécifiquement aux entrepreneurs. Innoviris affiche également une belle progression après son entrée récente dans notre classement.

 

Acteurs régionaux

 

La meilleure perception de Bruxelles Environnement, dont la cote passe de 2,67 à 2,79, fait peut-être suite aux actions en faveur de l’économie circulaire. Quant à la baisse de Finance brussels (de 2,60 à 2,53), elle peut être imputable à ce que l’on pourrait qualifier d’année de transition au sein de l’institution. De même, la baisse de Bruxelles Invest & Export (de 3,00 à 2,82) devrait s’expliquer par les remous qui ont accompagné la mue de l’institution.

Sans grande surprise, Bruxelles Mobilité ferme la marche, subissant de plein fouet les frustrations liées aux problèmes de mobilité dans la capitale.

3.     Confiance des entrepreneurs : c’est l’embellie !

Les entrepreneurs bruxellois semblent reprendre confiance : ils sont désormais 53 % à envisager de recruter ou d’investir dans l’année : c’est le chiffre le plus élevé enregistré par nos sondages depuis 5 ans !

 

Confiance-entrepreneurs

 

Parallèlement, les entrepreneurs ne semblent pas prêts à délocaliser. Ils sont 53 % à écarter cette idée (61 % si on inclut ceux qui envisagent de déménager, tout en restant dans les frontières régionales). Quant à ceux qui songent à quitter Bruxelles (39 %), c’est plutôt pour l’étranger (18 %) que pour la Flandre (13 %) ou la Wallonie (8 %).

 

Confiance-entrepreneurs-2

 

4.     Priorités régionales : la mobilité bat (encore) des records

 

Priorités régionales

 

Certains glissements notoires sont à souligner dans les priorités assignées au gouvernement bruxellois.

L’on pensait avoir atteint un sommet en matière de mobilité ; manifestement, cette préoccupation ne cesse de s’amplifier : le record lors atteint lors de notre précédent baromètre (avec 72,7 %),  a encore été battu pour atteindre 78,1 %. Huit sondés sur dix ! Assisterons-nous à une exaspération encore accrue avec la gestion de la fermeture des tunnels ? Le prochain baromètre nous l’apprendra.

La simplification administrative s’invite à la deuxième place avec une progression impressionnante pour atteindre 32,1 % (contre 25,1 % précédemment) ; un chantier qui ne semble donc pas aller dans le bon sens aux yeux des entrepreneurs, pour qui les démarches administratives restent trop lourdes, trop longues et peut-être trop aléatoires.

Quant au thème de la fiscalité, il semble revenir en force, à la faveur d’une demande renouvelée en faveur d’une fiscalité non seulement moins pénalisante, mais également plus transparente, plus juste et plus prévisible : la diminution de la fiscalité régionale et communale réintègre le podium des préoccupations, avec un score à 28,3% (contre 24,1% en décembre 2017).

Avec un score de 22,8 %, la propreté perd du terrain (de la 2e à la 4e place), mais reste une préoccupation majeure. À noter que la sécurité est désormais la 5e préoccupation des sondés. Autre tendance à relever : l’importance accrue accordée aux formations qualifiantes, qui passe à 14,6 %.

5.     Mobilité : en pleine dépression

Sans surprise, les politiques de mobilité restent toujours déficientes aux yeux des entrepreneurs : la gestion de cette matière est jugée (très) insatisfaisante de la part du fédéral (à 87 %) comme de la part de la Région bruxelloise (à 90 %). Cette dernière est particulièrement fustigée pour la gestion des chantiers (85 % d’insatisfaction). Des chiffres remarquablement stables par rapport au sondage de décembre.

 

Evaluation de la politique de mobilité

 

L’idée d’une taxe kilométrique continue à diviser les sondés, à parts pratiquement égales : 41 % la trouvent « intéressante » contre 42 % qui l’estiment « inacceptable ». On remarque tout de même que le camp des « contre » a perdu 5 points (ils étaient 46 % en décembre 2017), au profit des indécis (passés de 13 à 17 %).

6.     Politiques communales : frais pour la saison

À l’approche des élections communales d’octobre, les entrepreneurs sondés se déclarent « insatisfaits ou plutôt insatisfaits » des politiques communales, à 47 % (35 % sans avis ; 18 % de « plutôt ou tout-à-fait satisfaits »). Au niveau communal, ils donnent encore une fois priorité à la mobilité (43 %), renforcée par les scores des chantiers (12 %) et du parking (11 %). Seule la propreté publique parvient à s’intercaler parmi ces préoccupations (13 %).

 

Politiques communales

 

 

réorganisation-communes

 

Au plan institutionnel, un constat remarquable : les entrepreneurs sont massivement favorables à une réorganisation des communes bruxelloise, à 79 %. Révision des frontières communales ? Fusion, totale ou partielle ? Transfert de compétences à la Région ? Le débat reste à organiser, mais la question est sur la table.

[1] Enquête en ligne réalisée entre le 27 juin et le 20 juillet 2018 auprès des membres et sympathisants de Beci ; 526 réponses.  

 

 

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