Office on Wheels : un bureau sur roues

Par Guy Van den Noortgate  - 3 octobre 2018 à 08:10 | 222 vues

@Colruyt

Initiative de la BAAV (les exploitants des autobus et des autocars de Flandre occidentale), Office on Wheels vient d’ouvrir neuf lignes, dont cinq vers Bruxelles au départ de villes flamandes, qui permettent aux navetteurs de gagner leur lieu de travail tout en travaillant déjà.

 

Les chiffres varient selon les navetteurs mais un navetteur belge consacre quotidiennement, en moyenne, 67 minutes à se rendre à son travail. C’est bien une moyenne car nombreux la dépassent souvent allègrement, quel que soit le mode de transport utilisé. Le trajet peut rapidement monopoliser deux à trois heures de la journée, voire davantage, entre domicile et lieu de travail. À l’arrivée : du temps perdu, mais également de la tension et du stress peu favorables à effectuer une journée de travail sereine et efficace. Depuis de nombreuses années, les entreprises se penchent sur cette question et s’efforce d’y trouver des réponses. Certaines ont opté pour le télétravail, d’autres ont aménagé les horaires, certaines ont quitté le centre pour la périphérie, etc. Une réponse est aujourd’hui apportée par la BAAV (Beroepsfederatie van Autocar- en Autobusondernemers van West-Vlaanderen) et ses membres, sous la forme de neuf lignes fixes de bureaux-bus.

 

Neuf lignes

Comme l’explique Jan Deman, secrétaire de la BAAV, « Trois types de bureaux-bus sont proposés : le type 1 : une ou plusieurs lignes roulent exclusivement pour une seule entreprise comme c’est le cas pour Colruyt ou EY ; le type 2 : un ou plusieurs bus roulent pour différentes entreprises qui sont proches l’une de l’autre comme dans un parc d’activités économiques ; le type 3 : ce sont des lignes
fixes entre différentes villes flamandes et Bruxelles ou Anvers. Toutes les entreprises peuvent utiliser ce service pour leurs collaborateurs ». Depuis le 18 septembre dernier, neuf lignes sont entrées en service avec un Office on Wheels : 4 vers Bruxelles au départ de Gand, Anvers, Hasselt et Hal ; 4 vers Anvers au départ de Turnhout, Gand, Hasselt et Hal ; 1 vers Anderlecht au départ d’Anvers. Ces trajets ont été déterminés sur base d’une étude de faisabilité qui a révélé le potentiel de ces lignes. Pour chacune, il y a une série d’arrêts fixes, aisément accessibles aussi par bien en transport en commun qu’en voiture. À titre d’exemple, entre Gand et Bruxelles se trouvent les arrêts Gentbrugge, Erpe-Mere, Brussels Airport, Da Vinci. « S’il y a 7 personnes ou plus dans le bus qui travaillent au sein de la même entreprise, nous ajoutons un arrêt », précise Jan Deman.

 

En pratique

Chaque bus compte 25 places qui sont autant de postes de travail mobiles. Dotés d’espace, de tables et fauteuils confortables, l’Office on Wheels dispose évidemment d’une prise pour votre laptop, smartphone et tablette, mais aussi d’un distributeur de café (et thé) idéal pour rencontrer de nouvelles têtes et réseauter – une variante mobile de co-working. Et évidemment une connexion wifi fournie par Telenet Business. En pratique, l’employeur contacte Office on Wheels afin d’étudier les possibilités offertes et choisir in fine la meilleure solution. Pour les bus de type 1 et 2, c’est l’entreprise qui détermine comment ses employés peuvent réserver une place dans le bus. Pour les bus de type 3, Office on Wheels utilise l’application Olympus Mobility (Android/iOS) qui offre une plate-forme de réservation centralisée permettant à l’utilisateur final de réserver. La facturation mensuelle des sièges réservés est envoyée à l’;employeur.

 

Win-win-win

Tout le monde y gagne. Si l’expression win-win est souvent galvaudée, ce n’est pas le cas ici. C’est même une solution win-win-win que propose Office on Wheels. D’abord pour l’employé, qui jouit d’un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, éprouve moins de stress, économise de l’énergie et allonge la durée de vie de son véhicule (ou peut même supprimer la deuxième voiture du ménage), etc. Pour l’employeur, c’est un atout supplémentaire dans sa recherche de talents ; ce sont aussi des employés moins stressés et davantage satisfaits au travail, donc moins de turnover et/ou de burnout, de moindres coûts de parking, des incitants fiscaux (déduction fiscale à hauteur de 120 %). Last but not least, c’est également une solution gagnante pour la société dans son ensemble avec la réduction du nombre de voitures sur la route. Un bus prend moins d’espaces que 25 voitures !

 

3 questions à Vincent Traen, business development manager et organisateur de l’Office on Wheels chez Keolis

 

Un bureau sur roues, c’est la solution aux problèmes de mobilité ?

« C’est une réponse parmi d’autres. La mobilité est aujourd’hui un enjeu majeur pour les entreprises bruxelloises. Ces dernières éprouvent de plus en plus de difficultés à attirer les bons profils. Un salaire attractif n’est plus suffisant, surtout si l’on perd plusieurs heures par semaine dans les transports. Aujourd’hui, les gens souhaitent une meilleure qualité de vie et moins de stress. De ce point de vue, Office on Wheels apporte de nombreux avantages aux employés. Ils peuvent être à pied d’œuvre dès qu’ils sont dans le bus et ne perdent plus de temps dans leur voiture ou dans les transports en
commun. »

 

L’Office on Wheels est une première en Belgique et en Europe ?

« Oui, en tout cas pour les lignes de bus fixes (type 3). Depuis 2016, des lignes bus de type 1 existent. Notamment chez Colruyt où une enquête de satisfaction a donné des résultats extrêmement positifs avec un taux de satisfaction s’élevant à 93 %. Les 7 % restants concernaient principalement des personnes qui ont le mal des transports. Cette initiative est suivie dans d’autres pays. Ainsi en France, Keolis songe à développer le même concept qui s’appelle ici ‘bus connectés’. »

 

Dans un premier temps, les lignes ont été lancées en Flandre, peut-on imaginer la même chose en Wallonie ?

« Absolument. L’initiative a d’abord été développée au nord car elle provient de la BAAV et que les problèmes de mobilité y sont plus présents. Mais rien n’empêche de mettre sur pied des lignes similaires vers Bruxelles ou d’autres villes au départ de villes wallonnes. »

 

 

Personne de contact :
Vincent Traen – 0475.84.85.18 – vincent.traen@keolis.be
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