Alexander De Croo : « La numérisation de la Belgique se passe comme prévu »

Par Stef Gyssels  - 8 octobre 2018 à 15:10 | 264 vues

Le ministre fédéral Alexander De Croo, en charge notamment de l’agenda numérique, des télécoms et de la poste, dévoila en avril 2015 son plan d’action ‘Digital Belgium’, avec des objectifs concrets en matière de numérisation des pouvoirs publics et de la société. La Belgique devait figurer dans le top européen et créer par la même occasion 50.000 emplois.

Rencontré début 2018, Alexander De Croo avait fait avec nous le bilan de ce qui avait été réalisé et de ce qui restait à faire.

1. Numérisation de l’économie belge

Des adaptations de la législation et d’autres initiatives permettent aux start-up et aux autres entreprises d’évoluer de manière optimale dans la nouvelle économie numérique, déclare M. De Croo : « Je pense à l’économie partagée, dont nos start-up doivent tirer profit. Et puis, le tax shelter pour start-up, qui signifie jusqu’à 45 % de réduction d’impôt pour le particulier qui investit directement dans une jeune entreprise. »Les pouvoirs publics ont créé, en matière de ‘mobile health’ ce qu’ils appellent une ‘sandbox’ pour des projets novateurs. Il s’agit d’un espace protégé au sein duquel des e-entrepreneurs peuvent lancer leurs projets, notamment des applis mobiles pour tablette ou smartphone. Par ailleurs, la législation a été modifiée pour qu’un document numérique possède la même valeur légale que son équivalent papier.

2. Accès à l’infrastructure numérique

Les objectifs étaient une norme de connexion Internet fixe jusqu’à 1 Gb/s d’ici 2020, la Belgique championne de l’Internet mobile 5G et la suppression de la fracture numérique. « La concurrence entre les grands acteurs qui investissent continuellement dans les nouvelles technologies devrait contribuer à la faisabilité de ces objectifs », estime Alexander De Croo.

3. Numérisation des pouvoirs publics

Des initiatives réussies telles que le tax-on-web ont donné naissance à ‘just-on-web’, pour numériser intégralement le monde de la justice. Le ministre De Croo veut aussi utiliser la carte d’identité électronique pour rendre mobile toute interaction entre le citoyen et les services publics : « Le succès d’itsme, l’identification numérique sur appareil mobile pour les applications financières, démontre que c’est la voie à suivre pour les transactions des pouvoirs publics. »

4. Développer des compétences numériques

L’amélioration des compétences numériques des jeunes reste un grand défi, notamment à cause de son intégration difficile dans les projets pédagogiques de l’enseignement actuel. M. De Croo croit dès lors à des initiatives d’entreprises commerciales et d’organisations bénévoles telles que Coderdojo, pour familiariser notre jeunesse de manière ludique à des compétences numériques comme la programmation et le développement d’interfaces.

5. Cybersécurité

La numérisation poussée nécessite une sécurisation suffisante du monde numérique et en ligne. D’où des initiatives telles que le BC-Centre, une collaboration entre les pouvoirs publics et notamment la KU Leuven et le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) à des fins de sensibilisation, de coordination de la politique belge en la matière et de gestion de crise en cas d’incidents numériques.

 

Et en 2018 ?

« La numérisation va connaître une forte accélération dans l’année qui vient ! », avait promis Alexander De Croo début 2018. Nous avons donc repris contact avec son cabinet pour connaître les résultats de ladite accélération. En insistant beaucoup, nous avons obtenu une liste laconique :

  • Élaboration d’un ’plan d’action zones blanches’ pour les communes mal desservies en télécoms. Il subsiste 16 des 39 ‘zones blanches’.
  • Un cadre législatif permet à un quatrième opérateur mobile d’accéder au marché belge lors des enchères de licences en 2019. Ceci doit stimuler la concurrence, comprimer les prix et offrir plus de choix aux consommateurs. Autre mesure favorable à la concurrence : l’accès simplifié aux réseaux câble et fibre optique pour des opérateurs alternatifs.
  • Création d’un groupe d’experts ‘fake news’, qui a formulé une série de recommandations à la mi-2018 pour combattre la désinformation.

Nous sommes donc impatients de découvrir les résultats des trois derniers mois !

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