« Il est plus important de créer un cadre que de tout vouloir faire soi-même »

Par Stef Gyssels  - 9 octobre 2018 à 07:10 | 193 vues

La création d’un Secrétaire d’État à l’informatique et la numérisation était une première historique. Bianca Debaets, dont c’est l’une des attributions au Gouvernement bruxellois, a pris cette mission à cœur. En voici les résultats au terme d’un mandat.

Biance Debaets : « J’ai voulu savoir, en début de mandat, où en était Bruxelles et ce que nous pouvions et devions atteindre. Le besoin de cohérence était évident, face à l’émiettement des compétences. J’ai été voir ce que faisaient des villes prétendument exemplaires telles qu’Amsterdam, Barcelone et Berlin. En réalité, Bruxelles n’avait pas de réel retard sur elles. Mais la perception était différente là-bas, par un marketing plus efficace. Conclusion : nous devions mieux communiquer sur nos réalisations et nos perspectives. »

« D’où l’une de nos premières initiatives : un site portail qui explique ce que nous faisons (la numérisation de nos services) ainsi que les services numériques mis à la disposition du monde académique, des entreprises et de tous les citoyens. Nous voulions impliquer chacun et montrer les multiples possibilités, y compris pour les entrepreneurs. Nous avons vite compris que nous obtiendrions un impact maximal en ne concevant et ne développant pas toutes les applis nous-mêmes, mais en créant un environnement dans lequel d’autres pourraient exprimer leur créativité. »

Quelques exemples de la manière dont vous stimulez les entrepreneurs ?

 « Le plus bel exemple est notre politique ‘open data’. En mettant toutes les données des pouvoirs publics à la disposition de chacun, nous suscitons de nombreuses initiatives qui s’appuient sur ces données pour développer des applications novatrices. Nous avons créé ainsi un climat favorable aux start-up. Le succès ne s’est pas fait attendre : plus d’une nouvelle start-up sur quatre est basée à Bruxelles. Agoria, la fédération des entreprises technologiques, estime que la disponibilité des open data génère annuellement 1500 nouveaux emplois en Belgique et 180 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire. »

Vous avez beaucoup insisté sur la 5G. Où en est-on ?

« Nous avons finalement obtenu un accord de principe et nous avons entamé le travail. Il a fallu beaucoup de temps et d’énergie pour concilier les multiples intérêts. Mais l’accord est équilibré et Bruxelles peut devenir la première ville qui déploie la 5G à très grande échelle, tout en respectant les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé en matière de rayonnement. Chacun devient ainsi plus facilement joignable que jamais, y compris les services de sécurité. Nous avons équipé de wifi gratuit 204 sites, dont l’ensemble des stations de métro bruxelloises. De quoi satisfaire toujours plus d’habitants et de visiteurs. Qui plus est, les volumes d’open data disponibles battront tous les records si chacun est connecté en permanence. »

D’autres réalisations ou résultats obtenus lors de cette législature démontrent-ils que Bruxelles est devenue une ‘smarter city’ ?

« Par où commencer ? Notre Irisbox contient plus de 350 documents en ligne, de plus en plus utilisés par les entreprises pour une communication plus efficace avec les pouvoirs publics. Nous visons plus de 15.000 téléchargements en 2018. Fiber-to-the-school, la connexion fibre optique pour les écoles secondaires bruxelloises, dessert aujourd’hui 124 établissements. Dans l’intervalle nous avons raccordé 204 sites à wifi.brussels et 124 écoles à fiber-to-the-school. Fix-my-street, qui permet de signaler en ligne des problèmes sur la voie publique, est passé en deux ans de 20.000 à 26.000 messages. Nous avons fait de Bruxelles la plus grande LEZ (Low Emission Zone) d’Europe, desservie par 180 caméras ANPR qui scannent les plaques minéralogiques aux frontières et à l’intérieur de la Région. Des initiatives telles que Molengeek parviennent petit à petit à intéresser toutes les couches de la population aux emplois TIC. Un des plus beaux moments a été celui où des mamans de jeunes allochtones ont soudainement réalisé ce que leurs enfants parvenaient à faire avec cette plate-forme numérique. Voilà qui ouvre des perspectives. N’oublions pas que le père de Steve Jobs était un immigré syrien. »

Voir : https://irisbox.irisnet.be

Partager