Numérisation : la Belgique, bon élève d’une classe toujours plus forte

Par Stijn Vander Plaetse (Telenet Business) - 24 octobre 2018 à 08:10 | 174 vues

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Selon le Digital Economy and Society Index (DESI) 2018, la Belgique se classe en 8e position parmi les 28 Etats membres de l’Union Européenne, en fonction de l’indice relatif à l’économie et à la société numériques. Si la performance globale absolue est meilleure qu’en 2017, notre pays régresse de 3 places en raison d’une meilleure performance de plusieurs autres pays.

Menée depuis 2015, l’étude DESI vise à évaluer les progrès réalisés par les États membres en termes de numérisation. Cinq grands domaines sont analysés : la connectivité (haut début fixe, haut débit mobile et prix), le capital humain (l’utilisation de l’internet ainsi que les compétences de base et pointues en numérique), l’utilisation des services internet (utilisation de contenu, communications et transactions en ligne par les citoyens), l’intégration de la technologie numérique (digitalisation de l’économie et e-commerce) et les services publics numériques (e-gouvernement et e-santé).

Premier constat : les Belges bénéficient d’une bonne connectivité puisque la couverture et l’adoption du haut débit (tant fixe que mobile), ainsi que la couverture en réseaux d’accès de nouvelle génération (NGA) sont élevées. En outre, des progrès sont réalisés dans l’adoption des NGA. L’objectif de la Belgique en connectivité est de fournir à chaque citoyen un accès internet supérieur à 30 Mbit/s et de permettre à la moitié des ménages d’atteindre des débits jusqu’à 1 Gbit/s. Cela dit, l’étude précise que la Belgique pourrait s’améliorer dans la connectivité mobile et promouvoir les investissements dans l’infrastructure télécoms.

Pour ce qui est du capital humain, notre pays se positionne bien, mais ne progresse que faiblement. En dépit de projets innovants lancés pour améliorer les compétences numériques, l’impact de ces initiatives sur le capital humain ne se fait pas encore ressentir dans l’indice DESI. L’une des difficultés majeures à cet égard est de motiver un plus grand nombre de jeunes Belges à embrasser une carrière dans les technologies numériques et, plus généralement, d’attirer davantage d’étudiants à opter pour les STEM (science, technology, engineering and mathematics). L’étude précise encore que, dans le cadre de son agenda numérique, la Belgique investira dans les 3 prochaines années 18 millions d’euros dans des projets de formation en compétences numériques.

En ce qui concerne l’utilisation des services internet, l’indice DESI précise que la Belgique n’occupe qu’une faible 13e place, en léger repli. Certes, la plupart de nos compatriotes sont désormais en ligne et accèdent à un large éventail de services, essentiellement pour les réseaux sociaux, même si le Belge apprécie également l’online banking, le téléchargement de musiques, vidéos et jeux, ainsi que le shopping. À noter, le très faible pourcentage de Belges qui utilisent l’internet pour s’informer, notre pays se situant à la 26e position seulement.

E-commerce : du retard à l’international

Quant à l’intégration du numérique dans les entreprises, la Belgique se comporte bien, grâce notamment à différentes stratégies mises en place pour stimuler la numérisation des processus d’entreprise. En revanche, notre pays n’enregistre aucun progrès dans l’e-commerce et la vente en ligne par les PME dans les pays étrangers. Du coup, différents agendas numériques (fédéral et régions) sont mis en place pour stimuler l’adoption des technologies numériques et former le personnel d’entreprise à l’utilisation de ces technologies.

Enfin, au niveau des services publics, la Belgique présente une image globale contrastée, les progrès réalisés ces dernières années étant moins importants. Si notre pays se positionne bien dans les documents préremplis et l’e-santé, la structure fédérale représente un défi dans le déploiement de services d’e-gouvernement cohérents à l’échelle du pays. Le recours à des systèmes divers et pas forcément interopérables apparaît comme un handicap, tandis que dans certains domaines, comme le judiciaire, le potentiel du numérique n’est pas (encore) pleinement exploité.

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