Ils font la renommée de Bruxelles : 5 produits-phares

Par 7 novembre 2018 à 10:11 | 90 vues

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Bruxelles rayonne à l’étranger grâce à des produits de bouche comme les gaufres, la bière et le chocolat. Mais notre capitale brille également sur la scène internationale avec des secteurs plus pointus comme la chimie ou l’ingénierie. Voici pourquoi.

Un touriste en séjour à Bruxelles fait forcément une halte par la Grand-Place, déguste une gaufre et repart avec un ballottin de pralines. C’est caricatural mais force est de constater que ces produits de bouche font toujours autant la réputation de notre chère capitale. En marge de ces best-sellers grand public, d’autres secteurs placent Bruxelles en pole position sur la scène internationale. On pense à l’ingénierie et ses grands projets de construction à l’étranger, à la pharmacie et ses médicaments phares vendus partout à travers le monde ou encore à la chimie, à l’image de Solvay qui compte bien renforcer son implantation grâce à un tout nouveau centre, situé à Neder-Over-Heembeek.

Même le secteur des matériels de transports (conteneurs, moteurs, carrosseries…), dont les exportations ont augmenté de 24 % entre 2016 et 2017, peut aussi briguer une place dans le peloton de tête. Pour démontrer ce dynamisme bruxellois, nous avons retenu cinq secteurs-phares et autant de témoins. Nous ne parlons pas seulement ici de valeur ou de volume, mais également de reconnaissance et d’expertise.

  1. Le chocolat : un savoir-faire reconnu et Marcolini comme locomotive

D.R.

Comment un produit comme le chocolat, réalisé à partir de fèves qui poussent essentiellement en Afrique de l’Ouest, est-il devenu un des emblèmes de la Belgique ? La réponse tient d’abord dans les liens historiques qu’ont tissés la Belgique et l’Afrique, puis deuxièmement dans un savoir-faire développé dès le début du vingtième siècle dans la capitale. En 1915, un certain Jean Neuhaus et son épouse, gérants d’une officine installée galerie de la Reine, imaginent ce qui deviendra le premier ballottin de pralines. Quand on parle de chocolat belge professionnel aujourd’hui, on cite évidemment Barry-Callebaut, une entreprise internationale, désormais suisse, mais dont la production se fait toujours à Wieze, en Flandre-Orientale.

Pour Bruxelles, la renommée vient surtout des fabricants de pralines comme Godiva, Neuhaus et Corné. La vraie « brussels touch » est toutefois insufflée par des artisans chocolatiers situés au cœur de Bruxelles à l’instar de Frédéric Blondeel, Laurent Gerbaud et Pierre Marcolini, probablement notre meilleur ambassadeur à l’étranger. « Aujourd’hui, nous exportons plus de 40% de notre production à l’étranger, essentiellement dans les pays asiatiques, mais également en France et en Angleterre », dit-il. « Ce qui étonne toujours nos clients étrangers, c’est que toute la production est réalisée dans notre seul atelier, situé à Haren. »

Fier d’arborer sur ses boîtes le label « Brussels », Pierre Marcolini estime toutefois que le secteur du chocolat en Belgique a tendance à se reposer sur ses lauriers. « Actuellement, une armada de Français sont très actifs sur le chocolat de dégustation. La concurrence est compliquée, d’autant plus que les Français investissent beaucoup dans la formation et la recherche et le développement. Nous nous retrouvons en bout de course, la Belgique est très en retard sur l’innovation. Il faut redynamiser le secteur, notamment la formation. »

  1. La bière : dynamisme des micro-brasseries

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Les bières belges à l’étranger riment souvent avec Jupiler et Stella. Les boissons made in Inbev ne sont pourtant pas les seules à occuper une place de choix à l’international. Il faut également compter sur les bières trappistes et de dégustation, secteur sur lequel Bruxelles connaît un renouveau. Voici quinze ans, la seule brasserie active en Région de Bruxelles-Capitale était Cantillon. Un nouvel élan pour ce produit belge typique fut donné en 2003 avec la création de la Brasserie de la Senne. Cette enseigne a vu venir dans sa roue d’autres jeunes pousses, dont la nanobrasserie de l’Ermitage, En Stoemelings ou encore le Brussels Beer Project, société implantée dans le quartier Dansaert.

 « Notre croissance à l’exportation grimpe chaque année, elle a atteint 30 % de nos ventes en 2017 », annonce Olivier de Brauwere, fondateur du Beer Project. « Nous privilégions trois marchés actuellement : la France, les Pays-Bas et le Japon. L’idée, est d’installer un bar dans chaque pays sur lequel nous développons le marché, ce qui nous permet de mieux expliquer d’où nous venons et ce que nous faisons. Nous voulons apporter au milieu de la bière un côté plus moderne et cosmopolite. »

Au niveau des exportations bruxelloises, la bière Cantillon reste une référence, avec une excellente renommée sur le marché américain, tandis que les produits de la  Brasserie de la Senne s’exportent eux aussi. En termes de parts de marché, les bières made in Brussels restent relativement confidentielles à l’export mais elles séduisent un marché de passionnés. Bonne nouvelle pour l’avenir des bières bruxelloises : la Brasserie de la Senne vient d’emménager sur un nouveau site de production à Tour & Taxis tandis que le Brussels Beer Project inaugurera fin 2020 une toute nouvelle brasserie située au bassin de Biestebroeck, le long du canal à Anderlecht. La production atteindra l’équivalent de 10 millions de bouteilles par an !

  1. Le secteur biopharma : un grand nom et des jeunes pousses

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En 2017, la valeur totale des exportations belges de médicaments et de vaccins s’élevait à 40,5 milliards d’euros ! « Ce chiffre impressionnant est notamment dû à la position géographique unique de la Belgique », explique Catherine Rutten, CEO de Pharma.be, l’Association Générale de l’Industrie du Médicament. « Les raisons sont multiples : la Belgique permet un accès au marché étranger via de vastes infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires. Signalons également l’excellence des services des partenaires logistiques, qui assurent la distribution optimale des traitements innovants. »

Grâce à 31 sites de production sur son territoire, notre pays exporte en Europe et surtout aux États-Unis, un des grands partenaires de la Belgique avec 17,2 % des exportations pour 2017. Sur le secteur biopharmaceutique, une des plus grandes entreprises est UCB Pharma, qui développe la recherche et la commercialisation des produits pharmaceutiques et biologiques. Son siège est toujours situé à Bruxelles, plus précisément à Anderlecht. Parmi ses innovations, signalons notamment le lancement en 2006 du premier patch visant à traiter la maladie de Parkinson. En 2008, UCB Pharma a lancé un médicament destiné au traitement de la maladie de Crohn.

L’autre particularité à Bruxelles, c’est le développement de jeunes pousses ou d’entreprises plus matures, actives à la fois dans le développement de médicaments et tout ce qui entoure le secteur pharmaceutique. Citons notamment deux entreprises anderlechtoises, Ansell Healthcare et Sterop Overseas : la première développe des gants médicaux et des masques faciaux pour laboratoires ; la seconde commercialise des suppléments alimentaires, des produits cosmétiques et d’hygiène, des spécialités et d’autres produits pharma. Autre exemple : Fishertrade, à Woluwe-Saint-Pierre, propose des produits pour améliorer l’immunité ou consolider les os et articulations. Notons toutefois que de jeunes start-ups actives dans l’innovation pharmaceutique et médicale sont également installées dans le Brabant wallon.

  1. L’ingénierie : de grands projets à l’international

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L’expertise belge en matière d’ingénierie n’est plus à faire. De grandes entreprises belges rayonnent à travers le monde mais, souvent, tout est parti de Bruxelles. Prenons l’exemple de Tractebel : la société, détenue aujourd’hui par Engie mais dont le siège social est toujours situé à Bruxelles, développe actuellement plus de 600 projets d’infrastructure dans pas moins de 84 pays ! La société CFE, dont un des pôles d’activité est l’ingénierie marine, s’est quant à elle fait une spécialité dans les activités d’approfondissement de canaux et de ports. L’entreprise CIT Blaton, située à Schaerbeek, travaille sur des chantiers, plus proches de chez nous mais de grande envergure également. CIT Blaton, à travers sa filiale située au Luxembourg, a notamment conçu le Centre de Congrès de Mons et le Siège de BGL, filiale luxembourgeoise de BNP Paribas.

TPF, une autre entreprise leader dans le secteur de l’ingénierie, implantée à Forest, a pris rapidement une envergure internationale… alors qu’elle est née en 1991 ! « Nous avons de gros projets en Belgique mais la grosse majorité de nos activités est centrée à l’étranger », affirme Thomas Spitaels, directeur de TPF. « Sur les 4200 personnes que nous employons, seulement 5 % résident en Belgique. Nous sommes implantés dans 49 pays. Il y a de très bons ingénieurs en Belgique mais notre principe consiste à développer des filiales à l’étranger en engageant des ingénieurs locaux. »

Dans les grands pôles de compétence de TPF, citons les réseaux de transport, à l’instar des lignes de train et des transports en commun comme le métro. La société développe par exemple de grands projets en Espagne, en Algérie, en Arabie Saoudite, en Amérique du sud ou encore aux États-Unis, avec la conception d’un tronçon du nouveau TGV californien.

Aujourd’hui, force est de constater que les grandes sociétés d’ingénierie exportent, si pas le savoir-faire belge, en tout cas leurs compétences en développement de projet. Selon les experts interviewés, « les entreprises bruxelloises spécialisées en ingénierie doivent s’exporter car il n’y a plus de gros projet en Belgique, vu que quasi tout est déjà construit. »

  1. La chimie : renforcement du positionnement à Bruxelles

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Au niveau mondial, Solvay est sans conteste une référence dans plusieurs de ses domaines d’activité. Comme l’explique Jean-Marie Postiaux, directeur des affaires publiques chez Solvay, le conseil d’administration a décidé, voici deux ans, de réorienter un grand pan de la recherche sur son siège bruxellois et sur le développement de nouveaux matériaux légers, essentiellement les matériaux composites présents dans les avions et les voitures. « Le CA de Solvay a ainsi considéré que Bruxelles avait la capacité d’être au centre de cette activité. D’abord car nous avons tout autour de Bruxelles des centres de recherche de haut vol : l’ULB, la VUB et les universités de Gand, Louvain, Leuven ou encore Liège. Ensuite car Bruxelles se situe au centre d’un écosystème nord-ouest européen où l’innovation dans ces secteurs clé est la plus avancée. »

Ces raisons ont poussé le groupe à plancher sur la construction d’un bâtiment de 40 000 mètres carrés. Il verra le jour fin 2021 et sera situé à Neder-Over-Heembeek. Tous les collaborateurs de Solvay travailleront dans ce bâtiment alors que d’autres entreprises et jeunes start-ups actives dans ce secteur s’implanteront elles aussi sur le site. Fort de ces changements, le groupe pourra se targuer de renforcer encore un peu plus sa position de leader dans la chimie des matériaux légers.

Il n’y a toutefois pas que Solvay qui excelle dans le domaine de la chimie à Bruxelles. Citons notamment Chemical Partners, prestataire spécialisé en revêtement par pulvérisation, dont le siège se trouve à Molenbeek, mais également Univar, une entreprise américaine qui dispose d’une expérience de plus de 85 ans en approvisionnement, gestion et production de produits chimiques. Le siège d’Univar Benelux est situé à Anderlecht.

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